Denis Vaucher

Denis Vaucher : "Les prochaines trois à cinq années seront dures"

ATS

8.9.2021 - 11:28

ATS

8.9.2021 - 11:28

Le Championnat de National League a repris mardi soir. Son directeur Denis Vaucher revient sur les heures difficiles des derniers mois pour Keystone-ATS. Il évoque également le fair-play financier et pourquoi il est favorable à la vaccination.

Denis Vaucher est revenu sur les derniers mois difficiles traversés par le hockey suisse.
Keystone

Denis Vaucher, la saison dernière fut celle de tous les défis. Quel fut son impact sur vous ?

«Cela avait commencé déjà avant la dernière saison avec l'interruption en mars 2020 En fait, ce fut 18 mois, extrêmement intensifs, une période dans laquelle je n'ai pas eu de grandes pauses. J'ai beaucoup appris dans ces temps-là, avant tout sur le processus de la politique. En interne, il y a également eu des thèmes pressants, et nous avons formé la National League SA. Lorsque j'ai rédigé le rapport annuel pour l'AG, j'ai pensé qu'il n'était pas possible qu'il se soit passé tant de choses en une saison.»

Qu'est-ce qui vous a le plus réjoui lors de la dernière saison ?

«Que nous ayons pu mener à terme les quatre ligues que nous représentons, à savoir la National League, la Swiss League, les élites M20 et les élites M17. Ce fut un exploit de pouvoir sacrer quatre champions malgré les contrariétés. Rien qu'en National League, nous avons dû faire face à 29 quarantaines, nous avons constaté 180 cas de Covid-19 et il y a eu 96 matches reportés. C'est une histoire de fous.»

Malgré les pertes financières, on a l'impression que les clubs ont surmonté ces temps difficiles. Comment estimez-vous la situation ?

«A première vue la situation semble satisfaisante. Mais il y a un mais. La totalité n'est pas sortie d'une situation difficile même si les clubs peuvent jouer devant la capacité maximale de spectateurs. Tous les clubs ont dû s'endetter, ont pris des crédits qu'ils devront rembourser. C'est pourquoi les trois à cinq prochaines années seront difficiles et demeureront un grand défi. En résumé, on peut dire: nous avons surmonté la dernière saison mais l'avenir nous montrera quelles traces profondes a laissé la crise.»

Quand on voit les activités sur le marché des transferts, on a le sentiment qu'il n'y a eu aucune crise. Il y a eu l'engagement de quelques joueurs 18 carats, qui auront un coût. Comment jugez-vous cela ?

«C'est certain qu'il était aussi nécessaire d'investir dans les compétences sportives pour ne pas perdre l'approbation des fans et des sponsors. Certains clubs sont quasi condamnés à avoir du succès. En conséquence, ils investissent. Certains clubs dépensent beaucoup, d'autres agissent plus prudemment. Je le résumerai ainsi.»

Ce n'est pas un mauvais signe pour vous que pratiquement rien n'ait changé malgré la crise ?

«Oui et non. Pour nous il est absolument capital que nous puissions proposer une ligue équilibrée avec une grande qualité. J'espère que ce sera aussi le cas avec 13 voire 14 équipes. Car plus d'équipes signifie plus de joueurs. Si nous voulons tenir le haut niveau de jeu de la National League, il y a d'un côté l'obligation de former mieux les jeunes. De l'autre, nous avons également décidé, pour cette raison, d'augmenter le nombre de joueurs étrangers (réd: cinq avec 13 clubs, six avec 14). Nous sommes d'avis que les joueurs de moins de 20 ans sont, en partie, pas encore prêts pour la National League. Dans le cadre de l'équipe de Suisse M20, il y a beaucoup de joueurs qui évoluent en Suède ou en Amérique du Nord. C'est notre problème. Nous devons renforcer notre relève.»

Il est beaucoup question du fair-play financier. Mais on a le sentiment qu'il n'en reste pas grand-chose. Quelle est la situation à ce sujet ?

«Une grande majorité des clubs a décidé de poursuivre le développement de ce système, pour tester ce qu'il y a de possible. Au cours de la saison, toutes les données seront relevées et estimées afin de pouvoir faire une comparaison dans les coûts des salaires. En même temps, nous allons essayer de sonder qu'elles sont les possibilités juridiques et politiques pour que ce système puisse être efficace.»

Un des grands thèmes, c'est bien sûr la vaccination. Quel est votre point de vue sur la question ? En fait, est-elle la seule possibilité d'assurer le déroulement des matches ?

«Absolument. C'est pourquoi nous nous sommes prononcés du côté de la National League pour une recommandation de la vaccination. Le taux des vaccinés est haut. Dans la plupart des clubs, il est supérieur à 80 %. Je suis moi-même vacciné. La vaccination est notre unique chance d'un retour à une certaine normalité afin que nous puissions éviter les quarantaines et les reports de match et disputer une saison avec les fans dans les stades.»

Avec quels sentiments appréhendez-vous la nouvelle saison ?

«J'espère que nous pourrons nous concentrer sur le déroulement des matches et le développement de la Ligue. Le point très positif, c'est que nous sommes parvenus à boucler un nouveau contrat de télévision en collaboration avec MySports pour cinq ans jusqu'à la saison 2026-2027. Ce fut extrêmement important pour nous.»

ATS