Entre l'examen de maturité suédois, le retour prochainement à Davos et le rêve de participer aux Jeux olympiques de Milan: le défenseur thurgovien Dominik Egli vit actuellement une période grisante de hockey sur glace.
L'Euro Hockey Tour à Zurich de la semaine dernière était pour Dominik Egli bien plus qu'une sélection de plus sous le maillot de l'équipe nationale suisse. Il s'agissait peut-être de la dernière occasion de s'imposer pour un très grand objectif: les Jeux olympiques de Milan en février. «Je ne peux plus influencer leur choix dorénavant», a sobrement déclaré le défenseur de 27 ans après le tournoi. «J'ai pu montrer mes qualités, c'est maintenant au staff de décider.»
Egli sait à quel point cela pourrait être serré. Le sélectionneur Patrick Fischer devrait nommer huit défenseurs. Les trois cracks de la NHL sont considérés comme des têtes de série (Roman Josi, Jonas Siegenthaler et Janis Moser), si l'on ajoute les participants réguliers aux Championnats du monde Andrea Glauser, Dean Kukan, Christian Marti et Michael Fora, il ne reste plus qu'une place à pourvoir.
Egli lui-même a déjà une expérience des tournois internationaux. En 2022, il a participé à ses premiers Mondiaux et au printemps dernier, il a fait partie de l'équipe médaillée d'argent lors des Championnats du monde avec trois apparitions sur la glace. Une question qui se pose désormais: sur quel type de joueur Fischer va-t-il miser? Sur un autre joueur capable de trouver des ouvertures? Dans ce cas, Egli aurait certainement de bonnes cartes à jouer grâce à ses qualités en powerplay. Ou plutôt sur un facteur de stabilité défensive? Ici, d'autres pourraient avoir la préférence de Fischer, même si Egli a fait des progrès à ce sujet.
Quand la tête ne suit pas
Il a pourtant eu des craintes de ne pas pouvoir participer au tournoi de Zurich. Fin octobre, sa tête a heurté la glace à deux reprises en l'espace d'une semaine: une fois après une bagarre dans laquelle il ne voulait «pas du tout entrer», puis une autre fois après un choc avec un coéquipier. Diagnostic: commotion cérébrale. S'en sont suivies près de quatre semaines de repos, le poussant à manquer le premier rassemblement de l'équipe nationale en novembre.
«Avec des blessures à la tête, c'est toujours difficile», dit Egli avec le recul: «Tu te poses beaucoup de questions: les symptômes viennent-ils encore de ça ou est-ce autre chose?» Mais son retour sur la glace a été impressionnant. A Frölunda Göteborg, il a immédiatement renoué avec son rôle de relais offensif. Depuis son arrivée dans le club quadruple vainqueur de la Ligue des champions, il défend en première ligne aux côtés d'Henrik Tömmernes, qui a longtemps évolué à Genève-Servette avant de rentrer en Suède.
Avec actuellement deux buts et onze assists en 19 matches de championnat, Egli est le deuxième défenseur le plus prolifique de l'équipe derrière Tömmernes. Frölunda est le leader incontesté du championnat suédois à mi-parcours.
Sortir de sa zone de confort
Après douze années riches en succès, l'entraîneur principal Roger Rönnberg a quitté le club pour rejoindre Fribourg-Gottéron. Frölunda a dû partiellement se réinventer. Mais le changement a été couronné de succès. «Actuellement, tout va vraiment bien», déclare Egli. «Nous avons une super équipe, nous sommes premiers, et tout le monde est confiant dans le fait que nous pouvons continuer ainsi». Après une élimination en demi-finale des derniers playoffs, le titre de champion doit être atteint cette saison.
Egli lui-même est devenu un véritable joueur clé, tant sur la glace qu'en dehors. Il s'est développé en Suède non seulement sur le plan sportif, mais aussi sur le plan personnel. «L'expérience de vivre dans un autre pays, d'être hors de sa zone de confort et de découvrir une nouvelle culture ainsi qu'une nouvelle langue m'a élargi l'horizon», explique le joueur de Suisse orientale, qui parle désormais le suédois. Egli vit avec sa fiancée non loin du centre-ville de Göteborg, le mariage est prévu pour l'été prochain.
En Suisse, Egli était depuis longtemps considéré comme l'un des meilleurs défenseurs offensifs, mais c'est justement ce qui ne lui suffisait pas: «Je voulais être plus qu'un bon défenseur offensif», dit-il. La ligue suédoise, avec son jeu plus structuré et plus serré, l'a obligé à travailler sur ses lacunes: les duels, le jeu sans puck, les détails défensifs.
«Le hockey est plus serré, moins ouvert qu'en Suisse», explique Egli. «C'était parfait pour moi, car cela m'a obligé à travailler sur mes points faibles». Avec ses 1,74 m, il fait partie des défenseurs les plus petits, ce qui représente un défi pour lui, surtout à l'international. L'intelligence, l'anticipation et le positionnement sont donc d'autant plus importants pour lui.
Retour à Davos
La maturité qu'il a acquise en Suède, le défenseur souhaite la ramener en Suisse. Dès la saison prochaine, Dominik Egli reviendra à Davos. L'équipe grisonne est pour l'heure large leader de National League, la «Mission 32», la conquête du 32e titre, est bien lancée. Egli a signé un contrat à long terme, valable sept saisons – un engagement clair de la part du Thurgovien, qui a déjà porté le maillot du HCD pendant trois ans avant son départ pour la Suède.
«C'était une décision prise à l'instinct», dit-il à propos de son retour imminent. «Je me suis senti très bien à Davos». Le HCD n'était pourtant pas la seule option. Il a eu des entretiens avec plusieurs équipes durant l'été, dit Egli, mais Davos était pour lui la meilleure solution. «Quelque chose est en train de grandir là-bas et je me réjouis d'y apporter ma contribution dès la saison prochaine.»
La très grande scène
En rejoignant Frölunda, il voulait se rapprocher de son grand rêve de NHL. Le sujet de l'Amérique du Nord est-il clos? Egli répond par la négative: «Tant que je jouerai au hockey, il y aura une chance. Mais il faut être réaliste, à un moment donné, elle sera plus faible.»
C'est justement pour cette raison que les Jeux olympiques, avec leurs nombreuses stars de la NHL, revêtent une importance particulière. «C'est probablement la meilleure plateforme que tu puisses imaginer», dit-il. «Tu y joues contre les meilleurs du monde.»
La question de savoir si Egli pourra faire ses preuves contre les plus grands du hockey sur glace est désormais entre les mains de l'entraîneur national Patrick Fischer, qui doit désigner son cadre olympique d'ici la fin de l'année. D'ici là, il reste encore quelques matches à Egli au sein du club pour tenter de capter l'attention du sélectionneur, une nouvelle fois.
par Dominik Moser, Zurich