René Fasel : "Nous sommes pris en otage par les politiciens"

jfd, ats

17.12.2020 - 15:17

La fédération internationale de hockey sur glace traverse une passe difficile avec un calendrier réduit à l'extrême. Le président René Fasel attend impatiemment le Championnat du monde M20.

René Fasel : "La Suisse est candidate à l'organisation du Championnat du monde 2026."
Keystone

La saison internationale de hockey sur glace en 2020 aura été particulièrement touchée par la pandémie de Covid-19 avec l'immense majorité des rendez-vous annulés, à commencer par le Championnat du monde qui devait avoir lieu en Suisse au mois de mai. Dans une semaine, le Championnat du monde M20 dans la bulle d'Edmonton sonnera comme un petit retour vers la «normalité», alors qu'à Moscou va commencer la Channel One Cup avec 25% de spectateurs dans la patinoire.

Le président René Fasel a été prolongé d'un an à la tête de l'IIHF, parce qu'en bon capitaine il n'était pas question de quitter le bateau dans des eaux aussi troubles. Le Fribourgeois, touché par le Covid il y a peu mais rétabli, veut que tout se passe bien dans l'Alberta. «On espère pouvoir commencer le 25 décembre avec la Suisse contre la Slovaquie, précise-t-il. C'est une situation compliquée pour tout le monde, mais il y a des règles strictes que l'on doit appliquer pour garantir la sécurité de tous.»

René Fasel fait bien sûr référence à la bulle mise en place au Canada. Un écrin sanitaire utilisé avec succès par la NHL pour terminer sa saison. Mais un investissement colossal de près de 100 millions de dollars.

En 2026 en Suisse?

Le Fribourgeois doit aussi composer avec un Championnat du monde 2021 en sursis. Organisée conjointement par la Lettonie et le Belarus, la prochaine édition n'est pas certaine de se tenir dans le pays dirigé par Alexandre Loukachenko en raison des gros soucis politiques et du rejet du pouvoir actuel par la population. «Nous sommes un peu pris en otage par les politiciens, avance René Fasel. Ils attendent que nous prenions une décision. Les pays font pression parce que la situation est sérieuse et compliquée. Mais selon moi les boycotts apportent peu. J'aimerais vraiment que l'on puisse se rendre là-bas pour discuter avec Loukachenko.»

Au cas où le Belarus se verrait retirer l'organisation, la Russie a manifesté son souhait de la reprendre. Mais le remplacement n'est pas si simple puisque les Russes doivent attendre le verdict du Tribunal Arbitral du Sport concernant le dopage dans le sport russe. Un jugement défavorable priverait le pays de l'organisation de grands évènements internationaux.

En ce qui concerne les JO 2022 et la présence de la NHL, le président de l'IIHF se montre optimiste: «Il y a des détails à régler sur le plan logistique et au niveau des assurances, mais la NHL devrait être présente en 2022 et en 2026. Il faudra toutefois mettre les bouchées doubles quand tout redeviendra normal.»

Quant à l'organisation d'un Championnat du monde en Suisse, le Fribourgeois espère bien que 2026 sera la bonne année: «La Suisse est candidate. C'est d'ailleurs l'unique candidature. Et connaissant le fair-play de nos membres, je vois mal un pays tenter sa chance vu ce qui s'est passé cette année.»

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