Roman Josi: "Nous aimerions aller au terme de cette saison"

ATS

16.4.2020

Roman Josi s'est imposé ces dernières années comme l'un des meilleurs défenseurs de la NHL. Le Bernois des Nashville Predators n'a jamais été aussi constant que cette saison, désormais interrompue.

Roman Josi est considéré comme l'un des meilleures défenseurs de la NHL.  
Keystone

Les chiffres de Josi sont impressionnants en 2019/2020. En 69 matches, il a marqué 16 buts et réalisé 49 assists, ce qui le situe à la deuxième place des défenseurs derrière l'Américain John Carlson (15/60). Entre le 16 décembre et le 9 janvier, il a inscrit au moins un point lors de douze matches consécutifs, ce qu'aucun défenseur des Predators n'avait jamais réussi jusque-là.

Pour égaler le record suisse détenu par Timo Meier depuis l'an dernier, il ne manque plus qu'un point à Roman Josi. «Ce serait un très joli record, mais le nombre de points n'est pas l'élément le plus important pendant une saison», glisse le Bernois.

Josi affiche un bilan plus/minus remarquable (+22) dans une équipe qui traîne une différence de buts pourtant négative (215-217). Habituel stakhanoviste de la glace, le Bernois joue 25'47'' en moyenne par match. Seuls deux joueurs dans toute la Ligue ont un temps de jeu encore supérieur. «Il est difficile de dire si c'est ma meilleure saison, mais c'est certainement la plus constante», explique Josi dans une interview au téléphone avec Keystone-ATS.

Ses performances abouties marquent aussi l'esprit de ses adversaires. Dans un sondage effectué parmi les joueurs, Josi a ainsi été élu troisième meilleur défenseur de la Ligue. «C'est un très grand honneur», dixit Josi. Pour le grand quotidien de Montréal «La Presse», il est même le meilleur joueur défensif de la saison en NHL. Le journal se justifie en le qualifiant de machine.

Mais, malgré un bon début de saison avec huit succès en douze matches, la constance dont Roman Josi fait état sur la glace manque cruellement aux Predators. «Nous n'avons jamais vraiment été dans l'allure», concède le Bernois, dont l'équipe figure pour l'heure à la dernière place des qualifiés dans la Conférence ouest.

Cela a valu un limogeage début janvier à l'entraîneur Peter Laviolette, en place depuis mai 2014 et remplacé par John Hynes. Pour Josi, cette mesure fut «extrêmement surprenante. Il (Laviolette) a fait vraiment beaucoup pour notre organisation, c'est un super-gars. Ce ne fut pas simple», lâche-t-il.

«Je ne parle pas volontiers d'argent»

Roman Josi démontre avec ses performances qu'il mérite chaque franc qu'il gagne. A la fin octobre de l'an dernier, il avait d'ailleurs signé un nouveau contrat de huit ans pour un salaire total de 72,472 millions de dollars. Il est ainsi devenu le troisième défenseur le mieux payé de NHL.

Pour évoquer ce sujet, Josi choisit ses mots: «L'argent est un thème important pour les médias. C'est clair que c'est une belle chose, mais c'est bien le succès que tu obtiens avec l'équipe qui est prioritaire. C'est une partie du business, mais personnellement je ne m'exprime pas volontiers sur le sujet. Ca n'a pas beaucoup changé, et ça ne changera pas.»

Josi n'est pas seulement resté modeste, mais il s'est aussi montré généreux. Ainsi, il a offert 20'000 dollars pour une organisation qui assure le ravitaillement des indigents de la région du Tennessee. Nashville n'est pas seulement tourmentée par le coronavirus. Début mars, la ville a subi une tornade violente.

«Pour de nombreuses personnes, ce fut un moment particulièrement difficile», précise Roman Josi. «C'est magnifique de voir comment la communauté s'est rassemblée ce dernier mois pour s'aider mutuellement. Les Predators en font partie et il n'en est pas autrement pour moi.»

«La santé passe avant tout»

Au contraire de quelques autres joueurs suisses de NHL, Roman Josi est resté en Amérique du Nord. Avec sa femme Ellie, il possède en périphérie de Nashville une jolie maison avec une piscine. Le terrain offre une belle place de jeu à ses deux chiens. Josi dispose aussi d'une salle de gym qui lui permet de suivre le programme d'entraînement pendant le confinement. Il n'avait donc pas vraiment de raison de rentrer au pays alors que le Championnat est toujours suspendu.

Le Bernois est content que les gens prennent au sérieux la menace du coronavirus. «Il est important d'avoir du respect devant la pandémie.» La poursuite ou non du Championnat ne lui taraude pas l'esprit. «C'est clair que nous aimerions aller au terme de cette saison. Mais en ce moment, tout ça est loin. Il n'est pas possible de planifier quelque chose. La santé passe avant tout.»

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