«Je me sens chez moi» Son cœur brisé à Fribourg, Christian Dubé revit à Bienne

par Simon Scheidegger

25.2.2026 - 11:58

Après son départ précipité de Fribourg-Gottéron, Christian Dubé est tombé dans une profonde dépression. Aujourd'hui, à 48 ans, il a retrouvé la passion à Bienne. Le Canadien veut mener les Seelandais aux play-off de National League.

Christian Dubé a retrouvé le goût du hockey sur glace avec Bienne.
Christian Dubé a retrouvé le goût du hockey sur glace avec Bienne.
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Keystone-SDA, par Simon Scheidegger

Quand on observe Christian Dubé à la bande, on le voit encourager et diriger ses joueurs, noter méticuleusement les prochaines actions sur le tableau tactique et donner patiemment ses instructions. Après une action, il leur tape sur le casque ou l'épaule pour les motiver.

Pourtant, il n'y a pas si longtemps, il était carrément dégoûté par le sport dont il était tombé amoureux dans la province du Québec. Le hockey sur glace a accompagné Dubé toute sa vie. Dans les ligues juniors canadiennes, dans les équipes juniors du HC Martigny, où il a chaussé ses patins pour la première fois en Suisse à l'âge de 14 ans, puis plus tard, lorsqu'il est devenu l'un des joueurs les plus spectaculaires à Lugano, Berne et Fribourg. Et enfin à la bande.

Le streaming plutôt que la patinoire

Mais en mai 2024, Christian Dubé en a assez. Assez du hockey sur glace, assez des patinoires, assez de tout ce qui avait marqué sa vie pendant si longtemps. A cette époque, il doit quitter Fribourg-Gottéron. Le club dont il a fait partie pendant plus de 14 ans, d'abord en tant que joueur, puis en tant que directeur sportif et entraîneur.

Ce licenciement touche durement Christian Dubé. Il a du mal à accepter la décision des dirigeants. Après tout, il avait atteint plusieurs fois les demi-finales des play-off avec Gottéron et avait terminé la qualification à la deuxième place.

«La première année sans emploi a été très difficile pour moi», confie-t-il à l'agence Keystone-ATS. Il raconte comment il s'est retiré et a passé la plupart de son temps chez lui. Il ne se rend même plus à la patinoire de Fribourg pour assister aux matches de ses deux fils, Sky et Liam, qui jouent tous deux dans les équipes juniors de Gottéron. Il se contente désormais de les regarder en streaming sur son ordinateur portable.

D'une certaine manière, explique Dubé, il a ressenti une sorte de chagrin d'amour après son départ de Fribourg. Après tout, une relation de longue date avait pris fin de manière abrupte et inattendue pour lui. «J'ai d'abord dû déterminer où j'en étais et où je voulais aller en tant que personne», explique-t-il. Puis, en août dernier, lorsque Dubé a accompagné ses fils, qui avaient entre-temps trouvé refuge à Davos, à un match dans les Grisons, il a senti qu'il était à nouveau prêt. Qu'il aimerait retravailler avec une équipe.

Deux têtes brûlées émotives

A l'automne, il a certes eu quelques contacts avec certaines équipes, mais cela n'a débouché sur aucun engagement. Ce n'est qu'en janvier, lorsqu'il a eu au téléphone Martin Steinegger, une vieille connaissance, que la situation a rapidement changé. Et Dubé est «de retour dans le business», comme il le dit lui-même.

Steinegger est le directeur sportif du HC Bienne et, lorsqu'il cherche un successeur au Suédois Martin Filander, il pense tout de suite à son ancien compagnon de route. Au CP Berne, les deux hommes ont remporté deux titres de champion ensemble, et même lorsque Dubé occupait le poste de directeur sportif chez Gottéron, ils échangeaient régulièrement leurs points de vue.

Il n'est donc pas surprenant que Dubé figurait en tête de la liste des candidats de Steinegger. «Il me fait confiance et il sait comment je fonctionne», explique Christian Dubé. «Nous avons la même vision du hockey, nous sommes tous les deux émotifs et plutôt têtus», rit-il.

Il est évident qu'il apprécie d'être de retour dans le monde du hockey. Même si la tâche qui l'attend à Bienne n'est pas des plus faciles. Dubé doit mener les Seelandais aux places de play-in lors des cinq derniers tours des qualifications de la Ligue nationale. Le Canadien est en bonne voie pour remplir cette mission: le HCB a récolté dix points en six matchs sous sa houlette et a marqué des points dans tous les matches sauf un.

Après la victoire 4-3 aux tirs au but mardi à Lugano, l'écart avec ses rivaux cantonaux Berne (9e) et Langnau (10e) n'est plus que de respectivement quatre et trois points. «Je suis très satisfait des gars», déclare Dubé, rappelant qu'il n'avait pas vraiment eu le temps, avant la pause olympique de trois semaines, de transmettre ses idées à l'équipe et de les mettre en oeuvre à l'entraînement.

«L'âge n'est pas un facteur»

Christian Dubé souhaite voir une équipe qui possède beaucoup le palet et qui est créative en attaque. «Nous avons beaucoup de joueurs créatifs, et je veux qu'ils profitent de leur liberté et s'amusent sur la glace», souligne-t-il.

Il envisage une philosophie de jeu similaire à celle qu'il avait mise en place à Fribourg. La promotion des jeunes est donc également une préoccupation centrale pour lui. Niklas Blessing (19 ans), Mark Sever (21 ans) et Jonah Neuenschwander (16 ans) ne sont que trois exemples de la mise en œuvre du projet. «L'âge n'est pas un facteur. Si tu es bon, tu auras beaucoup de temps de jeu», déclare Dubé.

Le Canado-Suisse sait que cette saison, certaines voix se sont déjà élevées pour dénoncer la productivité des joueurs étrangers. Harri Säteri, le gardien de but finlandais champion olympique, a également été critiqué. Mais Dubé ne veut pas relancer les discussions qui ont eu lieu avant son arrivée à Bienne. «Je sais qu'en Suisse, vous vous concentrez toujours sur les joueurs importés», dit-il. «Mais il ne s'agit pas seulement d'eux. Toute l'équipe doit s'améliorer pour que nous puissions nous qualifier pour les play-in.»

Christian Dubé a signé un contrat à Bienne jusqu'à la fin de la saison prochaine. Mais il pourrait bien rester plus longtemps dans le Seeland. Beaucoup de choses lui rappellent son ancien amour, Fribourg. Le bilinguisme, la philosophie, le stade, les fans: «Je me sens chez moi.»