Le week-end prochain, Sina Arnet sautera devant sa porte lors de l'étape de Coupe du monde d'Engelberg. L'Obwaldienne retourne là où son rêve olympique a pris forme.
Pour la sauteuse d'Engelberg, l'apparition sur le grand tremplin est bien plus qu'un point d'orgue sportif. C'est aussi un point de repère après un début de saison constant.
Le tremplin du village du Titlis représente bien plus qu'une simple installation de compétition. C'est ici que sa carrière a commencé. Engelberg est l'endroit où elle a fait ses premiers pas dans le saut à skis, à une époque où le pendant féminin de la discipline n'allait pas encore de soi. «Quand j'ai commencé, on se demandait encore si les femmes allaient un jour sauter sur de tels tremplins», raconte la jeune femme de 20 ans à Keystone-ATS.
Un rêve d'enfant
En décembre 2021, le grand moment est arrivé: Sina Arnet est alors la première femme à sauter sur le grand tremplin d'Engelberg. L'athlète du cadre C, alors âgée de 16 ans, a reçu le feu vert en tant qu'espoir du saut à ski féminin en Suisse.
Sous la direction de son entraîneur Roger Kamber, elle a réalisé des sauts d'environ 125 mètres, dépassant ainsi nettement les meilleures performances qu'elle avait obtenues jusqu'alors sur des tremplins plus petits. «C'était une super sensation, un rêve d'enfant qui se réalisait», s'enthousiasme-t-elle encore aujourd'hui. «J'ai grandi à Engelberg et je regardais ce tremplin tous les jours. Je me sentais libre et je profitais du moment.»
Le grand tremplin est aujourd'hui la seule installation sur laquelle on saute encore à Engelberg. Le Bubenschanze, construit en 1967 à côté du Gross-Titlis-Schanze, a été mis hors-service au début de la carrière de Sina Arnet. Elle a ainsi dû se confronter rapidement au grand tremplin, ce qui renforce son attachement à la structure du Titlis.
En bonne forme
Le fait que Sina Arnet se présente à nouveau à Engelberg en Coupe du monde souligne sa progression sportive. Cette saison, elle a pris huit départs en Coupe du monde et s'est classée sept fois dans les points. Une constance pour l'heure unique au sein de l'équipe suisse qui lui a valu, du moins sur le papier, une qualification pour les Jeux olympiques – la sélection définitive de Swiss Olympic n'interviendra qu'à la mi-janvier. «Je suis méga contente. C'est génial comme tout s'est bien passé jusqu'ici», souligne-t-elle.
Les succès dans les sports d'hiver se préparent généralement en été: «J'ai senti à l'entraînement que quelque chose s'était passé, mais la question est toujours la même: dans quelle mesure?», explique Sina Arnet. Pour une jeune athlète en particulier, il est difficile de faire un tel bilan, d'autant plus que la concurrence internationale ne cesse d'évoluer.
«Je veux profiter de la compétition»
Sur le plan technique, Sina Arnet se sent plus stable que l'hiver dernier. La base est bonne, même si elle veut encore progresser. «J'ai encore du potentiel dans toutes les parties du vol».
En huit sauts de Coupe du monde, la Suissesse s'est classée six fois entre la 22e et la 28e place. Son meilleur résultat est une 13e place à Falun, en Suède. A Engelberg, l'Obwaldienne veut se détacher du pur résultat. La Coupe du monde à domicile la met dans la lumière, attire les regards sur elle et fait peser de nouvelles attentes sur ses épaules."Je veux profiter de la compétition, même si la nervosité sera grande», assure-t-elle.
S'élancer à la maison reste quelque chose de particulier pour Sina Arnet. Établie sportivement en Coupe du monde, mentalement solide et avec un beau potentiel, elle souhaite que les planètes s'alignent pour continuer de rêver là où tout a commencé.