HRW demande l'arrêt des tests de féminité

ATS

4.12.2020 - 22:02

Human Rights Watch (HRW) a appelé vendredi dans un rapport la fédération internationale (World Athletics) à arrêter les tests de féminité, visant notamment les athlètes hyperandrogènes comme Caster Semenya. L'ONG juge ces pratiques «discriminatoires», estimant qu'elles portent atteinte à la «dignité» des sportives.

HRW a appelé vendredi dans un rapport la fédération internationale (World Athletics) à arrêter les tests de féminité, visant notamment les athlètes hyperandrogènes comme Caster Semenya.
Keystone

«Des autorités sportives ont créé via leurs règlements des environnements qui forcent certaines femmes à des interventions médicales invasives et non nécessaires afin de concourir dans certaines disciplines (...) les femmes venant de pays du Sud ont été disproportionnellement touchées», écrit l'ONG dans son rapport qui comprend des témoignages d'athlètes.

Les règlements de World Athletics «discriminent par rapport au sexe, à l'expression du genre de ces femmes. Les tests de féminité violent nombre de droits fondamentaux protégés à l'international incluant la vie privée, la dignité, la santé, la non-discrimination, à l'absence de mauvais traitement, et les droits liés à l'emploi», écrit encore HRW.

La fédération internationale impose depuis avril 2018 aux femmes présentant un excès naturel d'hormones sexuelles mâles de faire baisser leur taux de testostérone par un traitement afin de s'aligner sur certaines épreuves internationales. Le règlement concerne notamment la championne olympique sud-africaine du 800 m Caster Semenya, qui refuse de s'y plier mais entend se tourner vers la Cour européenne des droits de l'Homme après avoir été déboutée par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

HRW, qui recommande dans son rapport à World Athletics (WA) de supprimer son règlement, en appelle également au CIO. «Ce rapport n'a pas été écrit par des experts impartiaux mais par des défenseurs d'un camp de ce débat. World Athletics n'a pas été sollicitée pour répondre aux allégations dans le rapport, ce qui aurait pu apporter l'équilibre nécessaire à cette question très complexe», a répondu l'instance dans un communiqué.

«Nous restons engagés pour l'équité de toutes les femmes dans le sport et rejetons les allégations indiquant que les limites biologiques seraient bâties par rapport à des stéréotypes raciaux ou de genre», écrit WA.

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