Pause maternité d'un côté, école de recrue de l'autre: malgré différentes étapes de vie, Joana Mäder et sa cadette de 14 ans Leona Kernen forment un duo éclectique. Elles racontent leur brillant début de saison.
Lors des deux tournois Elite 16 disputés au Brésil, Joana Mäder et Leona Kernen ont battu trois équipes locales. Elles ont également remporté le duel suisse face à Anouk et Zoé Vergé-Dépré. Dans la capitale Brasilia, le duo reconstitué a atteint les quarts de finale avant de s'incliner lors d'un combat épique contre les médaillées de bronze du Mondial 2025.
Contre la paire Carol/Rebecca, elles ont manqué six balles de set, ce qui constitue une source de regrets. «Pour moi, il était difficile de rester concentré sur moi-même», a déclaré Kernen après un entraînement à Berne. «Et dans les moments décisifs, c'est immédiatement sanctionné, surtout contre la meilleure paire mondiale actuelle.»
Cependant, le positif l'emporte largement: elles ont tenu tête aux meilleures équipes du monde et remporté quelques belles victoires. «Ça fonctionne», a résumé Mäder. «Car en même temps, nous savons que nous avons encore une belle marge de progression.» Pour la joueuse de 34 ans, il s'agissait de ses premiers tournois Elite 16 depuis août 2024.
La double casquette de Mäder
Depuis, beaucoup de choses ont changé pour Joana Mäder. Son partenaire Stefan et elle sont devenus parents pour la première fois. Cette nouvelle situation a fait douter la Zurichoise de 34 ans quant à ses capacités à revenir sur le circuit. Son frère Adrian Heidrich, lui aussi athlète de beachvolley, n'est pas étranger à son regain de motivation.
Deux questions se sont alors posées à Mäder: comment concilier vie de famille et sport de haut niveau? Et avec qui peut-elle et doit-elle former une équipe? Sur le premier point, elle a exprimé toute sa maturité: «C'est intense, mais c'est aussi une nouvelle expérience passionnante pour moi.» Autrefois, Mäder subordonnait tout au sport, mais sa vision des choses a quelque peu changé. Les entraînements ou matches qui ne se déroulent pas comme prévu sont plus facilement digérés, car une tâche complètement différente l'attend chez elle.
Selon ses dires, Mäder gère bien un sommeil souvent raccourci. Cela l'a même surprise, car auparavant, elle était plus sensible aux blessures si elle n'atteignait pas ses huit heures de sommeil. «En tant que maman, j'ai appris que je peux être performante également avec peu de sommeil. Simplement parce que je dois le faire.» Elle se plaint moins et tente simplement de tirer le meilleur de cette situation. «Mais bien sûr, je saisis volontiers l'opportunité de faire une sieste si elle se présente.»
Un duo équilibré
Concernant sa nouvelle partenaire, la solution s'est vite précisée. L'an dernier au côté de Tanja Hüberli, qui a désormais retrouvé sa partenaire de longue date Nina Brunner après la pause maternité de cette dernière, Kernen a accumulé de l'expérience sur le circuit professionnel. Pour beaucoup, elle était la candidate toute désignée pour former le duo avec Mäder.
Dès le début de leur collaboration, Mäder a été claire: «Je suis désormais maman, mais je ne suis pas ta maman.» Elle ne voulait pas d'une collaboration où elle imposerait ses décisions simplement parce qu'elle a plus d'expérience. Elle cherchait un échange d'égal à égal et a constaté avec satisfaction que cela est envisageable avec Leona.
Les qualifications olympiques débutent à l'automne
Kernen s'est estimée chanceuse d'avoir la possibilité d'évoluer au côté de la médaillée de bronze olympique de 2021: «J'admire Joana. Bien qu'elle ait déjà atteint tant de choses, elle veut toujours plus et travaille chaque jour avec une intensité incroyable.»
Après avoir terminé son gymnase de sport l'année dernière, le Bernoise de 20 ans a effectué son service militaire au sein de la filière dévolue au sport de haut niveau. Pour le moment, elle souhaite se consacrer entièrement au beachvolley. «Je me suis longtemps mis trop de pression, et pensais que je ne pouvais pas faire uniquement du sport» a confié Kernen. Après des discussions avec ses proches, elle a réalisé qu'elle était «à un âge où il est possible d'enchaîner les entraînements et continuer à évoluer.»
L'objectif du duo est clair: une participation aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, dont la période de qualification débute à l'automne. Après un bon début de saison, les deux joueuses souhaitent confirmer leur statut dès cette semaine lors du tournoi Elite 16 d'Ostrava.