Mondial de curling «C'est particulier d'avoir autant de succès à cet âge»

ATS

12.3.2026 - 14:34

De nouvelles étoiles se profilent dans le curling suisse. La jeune équipe du GC Zurich autour de la skip Xenia Schwaller (23 ans) pourrait bien faire fureur au Championnat du monde qui s'ouvre samedi à Calgary.

La jeune équipe du GC Zurich autour de la skip Xenia Schwaller (ici aux JOJ 2020) défendra les couleurs de la Suisse au Mondial dames.
La jeune équipe du GC Zurich autour de la skip Xenia Schwaller (ici aux JOJ 2020) défendra les couleurs de la Suisse au Mondial dames.
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Keystone-SDA

«C'est assez surréaliste de nous retrouver ici et de disputer notre premier Championnat du monde élite», glisse Xenia Schwaller, contactée par téléphone au Canada par Keystone-ATS. La skip et ses coéquipières Selina Rychiger, Fabienne Rieder et Selina Gafner doivent cette opportunité au titre de championnes de Suisse glané le week-end dernier aux dépens de l'équipe de Silvana Tirinzoni, qui venait de remporter l'argent aux JO de Cortina.

Succéder à une formation qui a décroché quatre titres et deux médailles d'argent lors des six derniers Championnats du monde relève de la gageure. Mais Xenia Schwaller - cousine de Yannick Schwaller, en bronze aux JO avec la Suisse masculine - et ses coéquipières sont rodées, malgré leur jeune âge. Elles disputent ensemble leur quatrième saison. Elles sont classées sixièmes mondiales, alors qu'elles ont entre 22 et 23 ans. Leur progression depuis les juniors a été très rapide.

«Nous sommes jeunes et énergiques. Nous travaillons dans tous les domaines, il y a toujours quelque chose que nous voulons améliorer», évoque la skip. Généralement toutes de très bonne humeur sur la glace et en dehors, les quatre jeunes femmes ont des caractères différents, qui se complètent. «Selina (Rychiger) est celle qui nous tranquillise, Fabienne est l'âme de l'équipe, l'autre Selina est une boule d'énergie. Et moi-même, je suis plutôt tranquille et je m'occupe de la tactique», précise Xenia Schwaller.

Le courage d'être professionnelles

L'entraîneur est Andreas Schwaller, le père de Xenia, ancien champion lui aussi, médaillé de bronze aux JO en 2002 à Salt Lake City. Il loue le courage de ses joueuses: «Elles ont mis leur travail et leurs études en retrait pour privilégier le curling. Peu d'équipes franchissent ce pas», dit-il. «Elles ont assez de caractère pour aborder tous les sujets de discussion. C'est particulier d'avoir autant de succès à cet âge.»

Andreas Schwaller, qui travaille à son compte en dehors du curling, n'était pas prédestiné pour devenir coach de l'équipe. Ce fut davantage par nécessité. «Il est extrêmement difficile de trouver des gens qui ont assez de temps et de connaissances pour ça. J'étais prêt à le faire car il s'agit de ma fille», déclare le coach quinquagénaire, qui consacre une centaine d'heures par an – bénévolement – à sa tâche. «Si je ne le faisais pas, le budget de l'équipe (100'000 francs environ) serait plus lourd encore. Les joueuses font déjà beaucoup de sacrifices», relève-t-il. A Calgary, les joueuses et leur coach logent dans un Airbnb et cuisinent eux-mêmes.

Andreas Schwalle et sa fille Xenia lors du championnat d’Europe en 2006.
Andreas Schwalle et sa fille Xenia lors du championnat d’Europe en 2006.
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«Tout le monde s'est habitué à ce que mon père soit l'entraîneur», ajoute Xenia Schwaller. «Au début, mes coéquipières ont dû un peu tâter le terrain pour l'aborder quand il s'agissait d'évoquer des problèmes ou des situations qui me concernaient.»

La skip, depuis toujours, discute de tous les sujets avec son père, bien au-delà du curling. Mais vu le contexte, l'équipe a appris aussi à faire la part des choses. «Hors de la glace, une fois que nous sommes de retour à la maison, il est mon père et plus mon coach», indique-t-elle. Et Andreas Schwaller d'ajouter: «Au début, j'ai un peu hésité à occuper cette fonction. Mais notre relation s'est encore améliorée depuis que je suis coach. J'ai appris à connaître une nouvelle facette de Xenia.»

Jusqu'où l'aventure les mènera à Calgary ? Une médaille est parfaitement envisageable. Seules deux formations mieux classées qu'elles dans la hiérarchie mondiale seront de la partie: les Sud-Coréennes et les Canadiennes. L'équipe à la feuille d'érable a gagné les deux dernières éditions, mais avec Rachel Homan comme skip et non avec Kerri Einarson qui la représentera cette fois à Calgary. «Nous avons déjà battu toutes ses équipes plusieurs fois», observe Andreas Schwaller, qui ne se fixe pas de limite.