Le circuit dissident de golf LIV a annoncé jeudi rechercher de nouveaux «partenaires financiers à long terme». Le retrait du fonds souverain saoudien (PIF), qui le soutenait depuis son lancement en 2021, rend son avenir plus incertain.
Le désengagement du PIF, confirmé jeudi par un porte-parole de l'organisation, s'inscrit dans la réflexion de Riyad pour reconsidérer ses investissements dans le sport, utilisé ces dernières années comme vitrine des ambitions du pays.
L'avenir du LIV, après les milliards de dollars dépensés pour débaucher des stars comme Bryson DeChambeau et Jon Rahm du circuit historique PGA, s'écrit désormais en pointillé. «Le PIF a pris la décision de financer LIV Golf seulement pour le restant de la saison 2026», a déclaré un représentant du PIF.
«L'investissement considérable requis par LIV Golf sur le long terme n'est plus compatible avec la phase actuelle de la stratégie d'investissement du PIF», explique-t-il.
Avant cette annonce, le LIV a indiqué qu'il recherchait des «partenaires financiers à long terme» pour soutenir sa transition d'une «phase de lancement initiale vers un modèle d'investissement diversifié et multipartenarial.»
Le communiqué de l'instance a évoqué l'arrivée de deux nouveaux membres au conseil d'administration, mais sans un mot au sujet de l'Arabie saoudite, ni de Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du PIF qui siège au conseil d'administration.
Ralentissement des investissements
Le fonds souverain saoudien aurait dépensé environ 5 milliards de dollars dans le LIV Golf d'après plusieurs médias, l'un de ses plus dispendieux investissements dans le sport. Le fonds a indiqué mi-avril lors d'une présentation de son plan à cinq ans, qu'il se concentrerait sur «l'amélioration de l'efficacité des investissements».
Le PIF a récemment annoncé la cession de 70% des parts qu'il détenait dans le club de football saoudien Al-Hilal, où évolue Karim Benzema, près de trois ans après son acquisition. L'organisation des Jeux asiatiques d'hiver de 2029 dans la mégapole futuriste de Neom a aussi été reportée sine die. L'Arabie saoudite doit aussi organiser la Coupe du monde de football en 2034.
Le LIV doit tenir son prochain événement du 7 au 10 mai au Trump National Golf Club près de Washington. Le circuit a repoussé sa compétition prévue en juin à la Nouvelle-Orléans, promettant de reprogrammer une compétition plus tard dans l'année.
Réintégration ?
Un potentiel effondrement du LIV interroge sur l'avenir de ses joueurs qui avaient tourné le dos dans une atmosphère tendue aux circuits traditionnels PGA et DP World Tour. Certains, comme Brooks Koepka qui avait rejoint le LIV en 2022, ont d'ores et déjà décidé de revenir sur le PGA.
L'ancien vainqueur du British Open Brian Harman a affirmé jeudi lors d'un tournoi du PGA Tour à Miami que si d'autres golfeurs du LIV souhaitaient revenir, ils devraient en assumer les conséquences. «Je pense qu'il faut qu'il y ait quelque chose», a-t-il déclaré, ajoutant que cela aiderait à apaiser «l'animosité et le ressentiment», notamment concernant le procès intenté par 11 golfeurs du LIV contre le PGA Tour pour contester leur suspension, une pratique selon eux anticoncurrentielle.
Mais selon Harman, il est trop tôt pour dire combien de golfeurs pourraient quitter le LIV. «Je ne suis pas sûr qu'ils mettent la clé sous la porte», a-t-il déclaré. «Les fonds se tarissent. Ils pourraient trouver des financements ailleurs et continuer. Ils ont beaucoup de grands noms, des gars qui font bouger les choses.»