Max Heinzer : "le renvoi a été comme un coup au coeur"

ck, ats

21.12.2020 - 16:03

Comme pour d'autres sportifs, Max Heinzer a vécu une année 2020 bien inhabituelle. S'il a eu le bonheur d'accueillir cet été un deuxième enfant, l'escrimeur avoue être parfois déprimé par le manque de compétition.

Max Heinzer a vécu une année 2020 bien inhabituelle.
Keystone

Son dernier tournoi remonte à plus de neuf mois. Depuis, il n'a pu que s'entraîner pour une reprise de la compétition dont la date est encore bien incertaine. Le Schwytzois, âgé de 33 ans, continue cependant de se préparer sans relâche dans le tout nouveau centre d'escrime à Cham.

Le coronavirus et ses conséquences sont pénibles à supporter pour le multiple médaillé mondial et européen (17 médailles en tout). Il est privé de l'elixir de vie d'un sportif de pointe, à savoir la fièvre de la compétition et les poussées d'adrénaline qui vont avec.

Manque d'émotions

Il s'entraîne sans en recueillir les fruits. Les pertes au niveau financier restent limitées, mais il en va différemment au niveau émotionnel. «C'est parfois déprimant. Je m'entraîne pour disputer des tournois et vivre des émotions», admet Heinzer.

Avant la pandémie, les choses étaient claires. Tokyo ne devait pas signifier la fin de sa carrière. Sur le plan privé aussi, tout avait été planifié. «Nous nous sommes mariés en automne en espérant avoir un deuxième enfant.» Et la petite Mahina est venue au monde le 13 août dernier, soit deux semaines avant la fin prévue des JO de Tokyo.

«Je savais de toute façon que l'été serait bon. Devenir à nouveau père, c'est le plus gros cadeau.» Le champion était toutefois aussi prêt pour réaliser de grandes choses sur le plan sportif. «A fin juillet, je suis resté invaincu durant deux semaines à l'entraînement», se souvient-il. «Tout aurait parfaitement collé. Le renvoi a quand même été comme un coup au coeur.»

Jamais connu ça depuis ses 5 ans

Au moins, il a pu reprendre l'entraînement, ce qui était interdit au printemps durant la première vague du virus. «Deux mois sans faire d'escrime. Je n'avais pas connu ça depuis mes 5 ans», réfléchit-il.

Heinzer est cependant confiant pour Tokyo 2021. Par équipes, la Suisse devrait se qualifier et avoir ainsi trois hommes dans l'épreuve individuelle. Mais le champion se dit plus sceptique quant à la date de reprise des épreuves. Le tournoi de Doha, prévu en janvier, est déjà passé à la trappe. Les escrimeurs devraient se retrouver en février à Vancouver... si la situation sanitaire le permet.

Le Suisse avoue être un peu jaloux des sportifs qui ont pu reprendre la compétition dans d'autres disciplines, alors que l'escrime est à l'arrêt depuis neuf mois. «La Fédération internationale n'est pas la plus professionnelle dans tous les domaines», constate-t-il. Et avec 300 athlètes venant de 80 pays, Heinzer nourrit de gros doutes quant au rendez-vous canadien.

A plus long terme, la manière dont il réussira ses JO ne constituera pas l'élément décisif quant à la suite de sa carrière. Ses sponsors lui resteront fidèles jusqu'en 2024 et c'est d'autant plus important que son engagement comme soldat contractuel n'a pas été prolongé en octobre après dix ans.

De plus, la situation autour du virus devra s'améliorer, car Heinzer refuse de se concentrer exclusivement sur les JO. «Bien évidemment que Tokyo est le gros objectif. Mais ce serait bien déprimant s'il n'y avait presque pas d'autres compétitions.»

Sa motivation d'aller jusqu'aux Jeux de Paris en 2024 reste solide. Mais en cette période incertaine, les choses peuvent changer.

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