Les soeurs Vergé-Dépré «Nous avions peur que quelque chose se casse entre nous»

par Michael Lehmann

12.11.2025 - 10:06

Pour clore leur première saison ensemble, Anouk et Zoé Vergé-Dépré disputeront dès vendredi les Mondiaux à Adelaïde en Australie. Les soeurs bernoises sont convaincues qu'elles peuvent réaliser un truc.

Zoé et Anouk Vergé-Dépré vont conclure leur première saison ensemble lors des Mondiaux.
Zoé et Anouk Vergé-Dépré vont conclure leur première saison ensemble lors des Mondiaux.
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Keystone-SDA, par Michael Lehmann

Les deux sœurs ont déjà décroché deux podiums sur le circuit élite, mais elles ont souvent été éliminées en quarts de finale. Anouk, 33 ans, et Zoé, de six ans sa cadette, estiment pourtant être sur la bonne voie. Dans un entretien avec l'agence Keystone-ATS, elles racontent comment elles ont vécu cette première année en commun sur le circuit.


Est-il possible d'atteindre sa meilleure forme à un moment précis, ou le rythme joue-t-il un rôle plus important?

Zoé: «Quand la saison est aussi longue que la nôtre, personne ou presque ne peut jouer constamment à la limite. Je pense qu'on peut se préparer de manière plus ciblée afin de donner encore un peu plus lors d'un grand événement.»

Anouk: «Nous voyageons beaucoup et jouons dans des conditions très différentes. Le corps et l'esprit ne s'adaptent pas toujours aussi bien. C'est pour ça que nous avons délibérément fait une pause cette saison, un choix plutôt inhabituel.»

En vue des Mondiaux?

Anouk: «Exactement. Nous jouons depuis début mars, c'est long. Nous avons dû établir des priorités. Nous avons certainement payé le prix de cette pause lors des Championnats d'Europe, mais elle était nécessaire. Sinon, nous n'aurions pas eu assez d'énergie jusqu'à la fin de l'année. Nous voulions non seulement être en forme pour les Mondiaux, mais aussi passer à la vitesse supérieure.»

Votre objectif est ambitieux, vous avez déclaré vouloir remporter une médaille.

Zoé: «Oui, après tous les efforts fournis pendant la préparation, il serait faux de dire qu'on est juste contente d'être là. Nous voulons y aller pour gagner. Dans le sport suisse, on pourrait être un peu plus audacieux et se fixer des objectifs ambitieux. Même si nous ne sommes pas favorites, il faut visualiser le succès et croire en sa capacité à l'atteindre.»

Ce serait un énorme succès. Jamais un duo féminin suisse n'a remporté de médaille aux Mondiaux.

Anouk: «Le fait que nous nous fixions un objectif ambitieux ne signifie pas que nous sous-estimons la difficulté. Performer de manière constante pendant neuf jours est un gros défi. Tout doit s'imbriquer parfaitement. Mais si l'on ne croit pas au succès, il ne viendra pas.»

Après l'Australie, vous aurez terminé votre première année ensemble. Que retenez-vous?

Zoé: «A quel point nous sommes différentes. On nous a souvent comparées et j'ai toujours pensé que nous étions similaires, mais nous fonctionnons de manière très différente dans beaucoup de domaines. En dehors du terrain, nous sommes plus similaires, dans la façon dont nous passons notre temps et ce qui nous donne de l'énergie. Mais nous avons tout de même découvert de nouvelles facettes l'une de l'autre.»

Au niveau du jeu ou sur le plan personnel?

Anouk: «Les deux. Travailler ensemble, ce n'est pas la même chose que s'asseoir à table en famille. Maintenant, nous voyons comment l'autre gère la pression, le stress et les efforts. Nous avons beaucoup appris l'une sur l'autre et avons également adapté notre communication. Quand quelque chose ne me convient pas, je suis plutôt du genre à laisser éclater ma colère. Zoé, elle, a tendance à se replier sur elle-même. Nous avons dû apprendre à nous soutenir mutuellement dans les situations difficiles.»

Y a-t-il eu des choses qui vous ont surprises?

Anouk: «Au début, nous avions peur que quelque chose se casse entre nous, car nous devons parfois nous dire les choses. Ce côté direct peut être difficile. Mais tout va bien, nous savons bien faire la différence. Même si nous traversons actuellement une phase intense, notre relation va au-delà.»