Fusion PGA - LIV Les stars du green troublées : «Beaucoup se sentent trahis»

AFP

14.6.2023 - 08:08

Dans «l'incertitude» et «le chaos», stars de la PGA représentées par Jon Rahm et Scottie Scheffler, et vedettes du LIV emmenées par Brooks Koepka et Dustin Johnson, se retrouvent à l'US Open. La troisième levée du Grand Chelem de la saison démarre une semaine après l'annonce choc d'une fusion entre les circuits rivaux.

La fusion entre la PGA et le LIV suscite beaucoup d’interrogations.
La fusion entre la PGA et le LIV suscite beaucoup d’interrogations.
Keystone

14.6.2023 - 08:08

Le tournoi commence jeudi à Los Angeles, où l'épreuve n'avait plus posé le tee depuis 75 ans. L'évènement, pour sa 123e édition, a donc quelque chose d'historique, mais moins pour ce retour que par le contexte brûlant qui préside aux destinées de ce sport.

Il y a une semaine, le PGA Tour et le LIV, financièrement soutenu par l'Arabie Saoudite, ont annoncé à la surprise générale, après plusieurs mois de guérilla juridique, un accord pour fusionner. Cette entente suscite néanmoins de nombreuses questions dans la mesure où très peu de détails concrets ont émergé, et elle fait déjà l'objet d'un examen minutieux de la part des législateurs américains.

Maelstrom d'émotions

Rahm et Koepka, vainqueurs des deux premiers tournois Majeurs de l'année – respectivement le Masters d'Augusta pour l'Espagnol et le Championnat PGA pour l'Américain – sont comme tout le monde tombés des nues en apprenant la nouvelle. Tant et si bien qu'un maelstrom d'émotions a chamboulé leur préparation, avec la difficulté de faire abstraction pour se concentrer sur le jeu.

«Il y a beaucoup de questions qui restent sans réponse», a convenu Rahm mardi. «C'est difficile quand c'est la semaine qui précède un Grand Chelem. J'essaie de ne pas y penser autant que possible.»

Pour le no 2 mondial, le revirement du patron de la PGA, Jay Monahan, vif opposant du LIV qu'il avait notamment accusé de contribuer au «sportwashing» de Ryad, soucieuse d'améliorer sa réputation par l'intermédiaire du sport, ne pouvait que susciter des doutes sur la voie à suivre.

Atmosphère lourde

«Je veux croire que c'est la meilleure chose à faire pour nous tous, mais il est clair que ce n'est pas le consensus», a dit Rahm. «Beaucoup se sentent un peu trahis. Ce n'est pas facile, en tant que joueur impliqué, comme beaucoup d'autres, de se réveiller un jour et de voir cette bombe exploser. C'est pourquoi nous sommes tous un peu dans l'incertitude, nous ne savons pas ce qui se passe, ce qui est finalisé et ce dont ils peuvent parler.»

Et l'atmosphère s'est alourdie un peu plus mardi soir, avec l'annonce par le PGA Tour de la décision de Jay Monahan de se mettre en retrait des affaires courantes, en raison d'un problème d'ordre médical.

Koepka, lui, semble mieux gérer la situation, encore dans l'euphorie de son retour au premier plan le mois dernier à Oak Hill où il a décroché un cinquième Majeur, qui aura été aussi le premier pour un membre du LIV. «Plus les choses sont chaotiques, plus c'est facile pour moi. Je peux me concentrer sur ce dont j'ai besoin pendant que tous les autres sont distraits et préoccupés par d'autres choses», a-t-il assuré.

Sans Woods

En l'absence de Tiger Woods, qui soigne encore sa jambe droite meurtrie par son grave accident de la route survenu en février 2021, d'autres cadors tenteront de succéder à l'Anglais Matt Fitzpatrick, parmi lesquels le no 1 mondial Scottie Scheffler, le no 3 Rory McIlroy ou encore l'Australien Cameron Smith, tenant du British Open.

Le tout sur le parcours du LA Country Club, qui accueille l'US Open pour la première fois et qui n'est guère familier à la plupart des participants au tournoi. Comme quoi, il n'y a pas qu'en coulisses que les golfeurs avancent en terre inconnue.

AFP