La science et les technologies doivent être davantage «mises au service» de la performance des sportifs de haut niveau, sans toutefois tomber dans la quête de «l'homme augmenté», estime un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.
Le rôle de l'OPECST est d'éclairer les parlementaires sur les conséquences des choix de politique publique à caractère scientifique et technologique.
Poids des vélos, amorti des semelles de course, résistance des lames de course des para-athlètes ou adhérence des pistes d'athlétisme: dans son rapport publié jeudi, l'office souligne que «la science et les technologies sont de plus en plus sollicitées pour accompagner et optimiser les performances des athlètes».
Il estime que la France «a longtemps accusé un retard vis-à-vis de ses principaux concurrents sur les questions de recherche, d’innovation et d’utilisation de la data à des fins d’amélioration de la performance sportive». Mais la stratégie engagée dans la perspective des Jeux de Paris 2024 «a encouragé l’optimisation scientifique de la performance».
«Obstacles persistants»
Au-delà d'un «bilan globalement positif», l'OPECST liste «des obstacles persistants» notamment «financiers et organisationnels» liés aux différences de moyens et d'orientations des fédérations, ou «culturels» avec une sensibilisation au sujet «variable» de la part des sportifs, entraîneurs ou dirigeants fédéraux.
Parmi ses 10 recommandations, l'office veut «mettre la science au service de la performance sportive» et appelle ainsi à «renforcer durablement l'accompagnement scientifique à la performance et à l'activité sportive», via la «sanctuarisation et l'élargissement des programmes de recherche» en lien avec le sport de haut niveau.
Il met toutefois en garde contre «les effets néfastes» que peut aussi avoir cette «technologisation», présente dans «tous les aspects de la préparation des athlètes: physique, psychologique, technique et tactique».
«Dérives vers le dopage»
Outre «la collecte massive des données personnelles des sportifs [qui] pose la question de la protection des données personnelles», l'accompagnement scientifique des sportifs a aussi «permis de surcharger les calendriers des compétitions».
Quant aux «changements de morphologie rendus possibles par la science dans la préparation physique et la nutrition», ils «augmentent l’intensité des chocs et conduisent à une incidence élevée de blessures».
«On peut donc se demander si les espoirs mis dans la science pour prévenir et mieux traiter les blessures n’ont pas pour effet de conduire le monde du sport à s’exonérer d’une réflexion sur l’évolution des pratiques et, dans le cas du rugby notamment, sur le fait que le corps humain n’est pas fait pour encaisser de tels impacts», met en avant l'OPECST, qui veut prévenir les «dérives vers le dopage et l'homme augmenté».
Une autre de ses recommandations est ainsi de «faire de la prévention des commotions cérébrales et du coup de chaleur d’exercice des priorités de santé publique».