Cyclisme Sécurité : le Tour de Suisse avec une «première mondiale»

par Valentin Oetterli

4.6.2025 - 12:31

La sécurité des coureurs est un sujet largement débattu. Les organisateurs du Tour de Suisse, qui commence la semaine prochaine, introduisent désormais un suivi des coureurs et du convoi.

Directeur du Tour de Suisse, Olivier Senn a introduit un nouveau suivi des cyclistes et du convoi.
Directeur du Tour de Suisse, Olivier Senn a introduit un nouveau suivi des cyclistes et du convoi.
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Keystone-SDA, par Valentin Oetterli

Priorité absolue dans le cyclisme: la sécurité des coureurs. En 2025, ce n'est toujours pas le cas. Des chutes parfois graves et des situations dangereuses se produisent régulièrement, alors qu'elles auraient sans doute pu être évitées par une meilleure analyse des risques en amont.

Le directeur du Tour de Suisse, Olivier Senn, veut désormais aller de l'avant avec les tours dont il a la responsabilité et introduit donc «en tant que première course cycliste au monde un suivi complet des coureurs et des convois ainsi qu'une centrale de sécurité mobile». Pour localiser les coureurs professionnels, chaque vélo est équipé d'un petit tracker GPS qui donne l'alerte en cas d'anomalie.

Toutes les équipes autorisent le tracking

«Toutes les informations convergent vers la centrale de sécurité, qui est gérée par trois spécialistes. De là, nous pouvons surveiller l'ensemble de la situation et intervenir immédiatement si nécessaire», poursuit Senn lors de la conférence de presse du Tour à Küssnacht am Rigi. L'Argovien se réjouit que «les équipes participent toutes, car nous ne pouvons pas le leur imposer».

Lors du Tour de Suisse, l'ensemble du convoi de course est également suivi et affiché sur les écrans de la centrale de sécurité. Selon Senn, cela permet d'avoir «une image de tous les mouvements sur le parcours de la course et des difficultés à venir».

En amont de la course, le VeloViewer, un système que toutes les équipes connaissent et utilisent déjà, recense tous les parcours et les zones potentiellement dangereuses du Tour de Suisse de cette année. Ceux-ci sont «également à la disposition des équipes professionnelles avant et pendant les courses», précise Senn. La centrale de sécurité a en plus accès à toutes les caméras de télévision et à un radar météo. Une liaison radio permet de transmettre toutes les informations de la centrale aux personnes présentes sur la course.

Les différentes situations de course montreront où il y aura un potentiel d'optimisation à l'avenir. Pour Oliver Senn, une chose est claire: «La sécurité absolue n'existe pas. Nous ne pouvons pas empêcher complètement les chutes, mais nous faisons tout pour que les équipes disposent de toutes les informations et que les conséquences soient les plus faibles possibles.»

Début pour la première fois avec le Tour féminin

Le Tour de Suisse comencera pour les femmes jeudi prochain à Gstaad. Le tour de quatre jours, d'environ 500 kilomètres, avec les deux dernières gagnantes du classement général Marlen Reusser (2023) et Demi Vollering (2024) comme favorites, se terminera le dimanche 15 juin à Küssnacht am Rigi.

Le même jour, le Tour national masculin, qui se déroule sur huit étapes, s'élancera de la localité schwyzoise. Selon la liste de départ provisoire, le deuxième de l'année dernière Joao Almeida ainsi que les grimpeurs comme Felix Gall et Ben O'Connor comptent parmi les candidats à la victoire finale. Le vainqueur de l'année dernière, Adam Yates, est absent cette année.

Du point de vue suisse, Jan Christen peut nourrir des ambitions pour le classement général. Il sera intéressant d'observer le jeune Argovien qui, comme le Portugais Almeida (et le Britannique Yates), court pour l'équipe UAE Emirates. Et voir s'il peut rivaliser avec les favoris sur huit jours, 1300 kilomètres et environ 20'000 mètres de dénivelé.