Silvana Tirinzoni et Alina Pätz veulent compléter leur impressionnant palmarès aux Jeux olympiques d'hiver, à Cortina. En tout cas, elles ne manquent pas de confiance en elles.
Ces JO 2026, Alina Pätz les décrit dans un entretien avec Keystone-ATS comme «la cerise sur le gâteau après quatre années de travail acharné». Mais «il serait faux de dire que les Jeux olympiques sont le summum. C'est toujours le chemin qui y mène qui compte», souligne-t-elle.
L'objectif est néanmoins clair: tout autre résultat qu'une médaille serait une déception. Depuis mai 2018, Alina Pätz forme avec Silvana Tirinzoni une équipe extrêmement performante. Lors des six Championnats du monde disputés en commun, elles ont toujours atteint la finale et remporté l'or les quatre premières fois. A cela s'ajoutent cinq médailles aux Européens, dont deux du plus précieux des métaux.
Mais c'est précisément aux JO 2022 à Pékin que l'équipe de Suisse a échoué dans sa quête de podium. Après huit victoires en neuf matches de Round Robin, les Suissesses s'étaient inclinées 8-6 face au Japon en demi-finale, puis 9-7 face à la Suède dans le match pour la médaille de bronze.
Une série noire s'est ainsi poursuivie: depuis les deux médailles d'argent remportées en 2002 et 2006, aucune équipe féminine suisse n'a remporté de médaille olympique en curling.
Il y a quatre ans, Tirinzoni et Pätz faisaient équipe avec Melanie Barbezat et Esther Neuenschwander. Aujourd'hui, Selina Witschonke joue les deux premières pierres, Carole Howald les deux suivantes. «Elles travaillent très, très dur et s'intègrent parfaitement dans l'équipe», précise la skip Silvana Tirinzoni.
Une constance presque inquiétante
Les Suissesses se rendent en Italie avec une immense confiance en elles. Lors des cinq tournois du Grand Chelem de la saison, qui réunissent les meilleures équipes du monde (généralement 16), elles ont toujours atteint la finale et ont remporté deux victoires. En janvier, le quatuor a été la première équipe à remporter trois fois de suite les «Players' Championships».
Le CC Aarau a ainsi largement dépassé ses propres attentes. «Je suis très fière de ces performances, car ce sont les tournois les plus difficiles», explique Silvana Tirinzoni, qui attribue cette constance presque inquiétante à plusieurs facteurs: «D'une part, nous avons beaucoup d'expérience, d'autre part, nous avons la volonté de nous améliorer constamment, que ce soit sur le plan technique, tactique, physique ou mental. Cette soif de ne jamais vouloir s'arrêter nous rend si fortes et constantes.»
Pour elle, il était important de ne rien changer en vue de cette saison olympique. L'équipe a certes manqué la qualification pour les Championnats d'Europe fin novembre lors des Championnats de Suisse, après quoi elle a fait une courte pause d'une semaine. Mais «nous voulions faire comme d'habitude, car nous sommes convaincues que nous faisons beaucoup de choses correctement», lâche Silvana Tirinzoni.
«Notre rêve»
Tirinzoni et Pätz participent toutes deux aux Jeux olympiques pour la troisième fois, et pour la deuxième fois ensemble. Pätz n'avait évolué que sporadiquement dans l'équipe de Mirjam Ott, qui avait terminé 4e à Sotchi en 2014, tandis que Silvana Tirinzoni avait dû se contenter de la 7e place à Pyeongchang en 2018. Cette fois-ci, elles veulent décrocher une médaille.
«C'est notre rêve», clame Silvana Tirinzoni, avant d'évoquer l'amère déception d'il y a quatre ans: «Nous nous étions relevées rapidement et avions remporté le titre mondial un mois plus tard. Oui, nous avons vécu cette expérience négative, mais elle nous a rendues plus fortes plutôt que de nous affecter.»