Luca Aerni «Marco Odermatt ? J’espère lui voler la médaille d’or en géant !»

Nicolas Larchevêque, à Bormio

12.2.2026

Après les épreuves de vitesse et le triplé olympique de Franjo von Allmen, les techniciens vont faire leur entrée aux JO ces prochains jours à Bormio. Si Tanguy Nef, Daniel Yule, qui disputeront le slalom lundi prochain, et Loïc Meillard, également aligné en géant samedi, ont pu prendre la température lors du combiné par équipe, Luca Aerni va retrouver la Stelvio ce week-end. Avant d’en découdre sur la piste, les quatre skieurs romands ont livré jeudi leurs impressions.

Luca Aerni espère bien volé la vedette à Marco Odermatt samedi lors du géant.
Luca Aerni espère bien volé la vedette à Marco Odermatt samedi lors du géant.
KEYSTONE

Nicolas Larchevêque, à Bormio

Silver medalist Switzerland's Loic Meillard poses for a photo after the men's alpine skiing team combined slalom race at the 2026 Olympic Winter Games at the Stelvio Ski centre in Bormio, Italy, in this pictures taken on Monday, February 9, 2026.(KEYSTONE/Michael Buholzer).
 

Aligné en géant et slalom

Loïc Meillard

«Après la médaille d’argent en combiné par équipe lundi, j’ai eu deux jours de repos. J’ai fait un peu de physique et puis aujourd'hui (ndlr : jeudi), on était de retour sur les skis de géant pour préparer pour ce week-end. Concernant la piste, on verra honnêtement samedi. En géant, cela dépend des conditions et du tracé, mais ça a l'air d'être un long géant où il y a un petit peu de tout dedans. Et en slalom, ma manche du combiné par équipe, ce n'était pas du grand ski. Je ne suis pas parti dans le bon rythme, mais il y avait des choses plus alignées en fin de parcours.

L’expérience des Mondiaux passés et de mes derniers Jeux vont également m'aider. Aux trois derniers Mondiaux, je suis à chaque fois reparti avec des médailles, je sais donc quoi faire pour arriver en forme le jour J. Je sais aussi que le ski est là pour aller jouer tout devant. Tout le monde est là pour aller gagner une médaille et je dois faire la même chose : réussir à produire mon meilleur ski le jour de la course. Après, je pense que de savoir comment gérer les émotions dans ces grands événements peut aider pour avoir ce petit pourcentage en plus.»

 

Aligné en slalom

Tanguy Nef

«Si lundi prochain je refais la même manche que celle du combiné par équipe, je serai certainement un des favoris, mais ce sera une autre course. Je m’en réjouis énormément. Avec ma médaille d’or, je suis un peu mitigé dans ma célébration, parce que mon gros objectif de la saison, ça reste de faire une médaille olympique lors du slalom individuel. Je suis un peu entre deux mondes : j’ai envie de continuer sur l'élan que j'ai construit toute la saison et de me concentrer sur cette échéance.

Mais d'un autre côté, je suis sur un nuage quand les gens me nomment ‘champion olympique’. Ce n'est pas quelque chose qui est anodin et que j’attendais. On chasse un rêve et le jour où il se réalise, il y a beaucoup à prendre. J'ai beaucoup de chance et de plaisir et j’ai l'impression que chaque matin, quand je me réveille, ce rêve va s'arrêter... mais il continue. C’est très spécial et j'essaie d'apprécier chaque instant.

Lundi, je suis convaincu qu'on est tous capables de faire quelque chose de très bien. C’est vrai que j’ai un petit avantage en plus en ayant déjà une médaille et en ayant pu performer sur cette piste. Je dirais que les clés sont là, mais il ne faut pas se reposer sur ses acquis et il faut se concentrer sur les choses essentielles. Je crois que chaque course a son histoire et je me réjouis d’écrire la mienne lundi prochain.»

Der Skirennfahrer Daniel Yule posiert fuer ein Portrait waehrend der Kleiderabgabe von Swiss Olympic fuer die Olympischen Spiele 2026 in Italien, am Donnerstag 29. Januar 2026 in Dietikon. (KEYSTONE/Claudio Thoma)
 

Aligné en slalom

Daniel Yule

«De participer à mes quatrièmes Jeux olympiques, je sais désormais ce qui m'attend et tout ce que ça implique. C'est peut-être ceux que j'aborde avec le moins d'attentes, ou du moins avec la moins bonne forme au vu de ce que j'ai montré sur les skis jusqu'à présent. Quand c’est tes quatrièmes JO, d'y participer c'est très bien, mais là n'est pas l'essentiel. Je préférerais, dans une carrière, n’avoir qu’une seule participation mais réussir à performer, plutôt que d'y participer beaucoup de fois et d'avoir des résultats plutôt moyens (ndlr : une 8e place en 2018 et une 6e en 2022 en slalom).

Les enseignements du combiné par équipe, ce n'est pas forcément quelque chose de très nouveau si l’on regarde l'ensemble de ma saison. Il y a quelques sections où je m'en tire bien, mais sinon, dans l'ensemble, il faut vraiment que je retrouve de la vitesse pour pouvoir aller régater devant. C’est là qu’il y a quelques lacunes au niveau de mon ski. A Bormio, ce n’est pas la piste qui me fait le plus rêver. Mais que ce soit en Coupe du Monde, aux Mondiaux ou aux JO, si on veut espérer être le meilleur du monde, on doit être capable de skier partout, dans toutes les conditions. Je ne me fais aucune illusion que celui qui va gagner lundi ce sera le plus méritant.»

Ski racer Luca Aerni from Switzerland poses during the Swiss-Ski federation press conference priot to the FIS Alpine Ski World Cup Giant Slalom race in Adelboden, Switzerland, on Thursday, January 8, 2026. (KEYSTONE/Anthony Anex)
 

Aligné en géant

Luca Aerni

«En début de saison, j'avais déjà la petite idée que je serai là uniquement pour le géant. J’avais toujours un peu de peine en slalom, je me battais déjà à l'entraînement pour être avec les meilleurs de notre équipe. Du coup, j’ai vraiment essayé de prendre le positif. C’est clair que j'aurais préféré être là pour les deux disciplines, mais je suis très fier d’avoir ma place en géant. Ce sont mes quatrièmes JO et on ne s'y habitue jamais, surtout une fois qu'on est au départ.

Je me considère comme un vrai outsider, surtout sur une telle piste. Le but, c'est vraiment de se mettre dedans, d'avoir un plan et d'être comme un enfant qui se réjouit de skier. Même si Marco Odermatt n’a pas encore gagner dans ces JO, j’espère lui voler la médaille d’or samedi (rires). On reste tous des compétiteurs, on s’apprécie les uns et les autres, mais si on peut la gagner nous-mêmes, c'est clair que c’est mieux.»


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