Canoë-kayak

"Il faudra que je me lâche" - Dougoud vise la finale à Tokyo

olpe, ats

25.7.2021 - 05:00

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25.7.2021 - 05:00

Les JO de Tokyo offriront l'occasion rêvée à Martin Dougoud et Thomas Koechlin, qui s'illustrent dans les disciplines confidentielles du canoë-kayak, de sortir de l'ombre. Les deux Romands exilés en France attendent ce moment depuis des années.

Martin Dougoud rêve de briller aux Jeux olympiques.
Keystone

«Tout l'enjeu consistera à prendre du plaisir, à aborder cette épreuve comme une autre pour rester relâché», explique Martin Dougoud, engagé en slalom kayak monoplace (K1) à Tokyo, qui verra 24 embarcations en lice en qualifications, pour 20 qualifiés en demi-finale et 10 pour la finale.

Le kayakiste doubiste exilé depuis cinq ans à Pau, dans le Sud-Ouest de la France, a les moyens de passer tous les obstacles, comme l'a montré sa victoire en Coupe du monde l'an dernier, à Pau justement. Le site olympique, à Kasai, au coeur de Tokyo avec vue sur la baie, devrait lui convenir: «C'est un petit bassin artificiel avec assez peu de mouvements d'eau, qui nécessite d'être dynamique. Cela correspond à mon gabarit léger», dit-il.

Les conseils de Mike Kurt

Mais une inattention entraînant une porte manquée est vite arrivée... et tous les espoirs se noient plus vite qu'un coup de pagaie. «Beaucoup de choses peuvent se passer. En finale, si je l'atteins, il faudra que je me lâche.»

Dougoud (31 ans) n'hésite pas à chercher conseil auprès de la «légende» du canoë-kayak suisse, Mike Kurt, trois fois participant (malheureux) aux Jeux mais surtout deux fois deuxième au classement général de la Coupe du monde de slalom. «Il me dit de profiter du moment, que j'ai largement le niveau. Lui-même s'était toujours mis trop de pression», glisse le kayakiste qui a fait ses armes au Clos du Doubs avant de partir pour Genève, puis Pau.

En France, Dougoud forme un binôme avec Thomas Koechlin, spécialiste du slalom canoë (C1) avec lequel il se prépare sous la conduite du coach français Benjamin Buys. Ils forment une cellule à part, côtoyant les meilleurs spécialistes français sans trop s'y mêler car ils sont rivaux.

Koechlin aime Kasai

«Nous sommes bien accueillis à Pau», affirment-ils en choeur. Le site est idéal, sans commune mesure avec ce qu'il est possible de trouver en Suisse. Binational comme Dougoud, Thomas Koechlin vit là-bas depuis onze ans, avec sa petite famille.

Ses chances? «Tout est possible», dit-il. Koechlin (30 ans) avait gagné le test-event pré-olympique organisé en 2019 à Kasai. De bon augure, même si «tout est à refaire» et que quelques cadors étaient alors peut-être en décompression après les Mondiaux tenus un mois auparavant, lors desquels il s'était classé 7e, deux ans après sa médaille d'argent aux Championnats d'Europe.

Koechlin a commencé le canoë assez tard, vers l'âge de quatorze ans. Contrairement à la plupart des autres céistes, il a zappé la case kayak pour se lancer directement en C1, où le rameur est positionné à genoux, les jambes pliées vers l'arrière alors qu'il est assis les jambes en avant en kayak. «J'ai tout de suite eu de meilleures aptitudes dans cette position», dit-il.

Un kayakiste d'un côté, un céiste de l'autre, les deux spécialistes du Team Genève restent complémentaires et compagnons jusqu'au bout, mieux que des rivaux.

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