JO 2026 - Ski alpin Loïc Meillard sacré champion olympique de slalom !

par Jean-Frédéric Debétaz, Bormio

16.2.2026

Loïc Meillard tient son premier titre olympique! Le champion du monde de la discipline s'est adjugé l'or du slalom lundi à Bormio pour décrocher une troisième médaille au cours de cette édition 2026.

par Jean-Frédéric Debétaz, Bormio

Loïc Meillard sur le toit de l'Olympe. Après avoir remporté le titre mondial l'an dernier à Saalbach, le Valaisan d'origine neuchâteloise a mis la main sur l'or olympique. Calme, posé, fin, le skieur d'Hérémence a fait tout juste. Deuxième à l'issue d'un tracé matinal qui a fait beaucoup de dégâts sous la neige, le champion du monde de la spécialité a su se montrer félin à l'occasion de son deuxième passage, cette fois sous un ciel plus clément.

Même si certains athlètes considèrent qu'un globe de cristal a plus de valeur qu'un titre olympique, on a vu la joie de Meillard une fois l'argent dans la poche en franchissant la ligne, puis celle de devenir champion olympique. «C'est incroyable, a-t-il dit. Les journées ont été longues, avec beaucoup d'attentes par rapport à ce que je voulais accomplir. Je me suis mis beaucoup de pression. Après l'année dernière, repartir des Championnats du monde avec trois médailles et quitter Bormio avec un titre olympique en slalom et deux autres médailles, c'est fou!»

Fatigué par l'enchaînement des courses

Avant de s'élancer pour son deuxième passage, pas question de calculer. Renseigné sur la course de Fabio Gstrein par les cris de la foule qu'il a entendus dans le portillon, le Valaisan n'a pas hésité: «Je devais tout donner et faire de mon mieux. Et quand j'ai vu du vert, je me suis dit ‹Incroyable. Une troisième médaille en trois courses›. Sauf que je ne savais pas si cela allait être l'or ou l'argent. McGrath l'aurait mérité aussi, c'était le meilleur slalomeur cette saison, mais ça fait partie de cette discipline et de notre sport.»

Justement, au moment où McGrath enfourche, quelles émotions lui ont traversé l'esprit? «Je ne sais même pas exactement, il y en avait tellement à ce moment-là que c'est dur à dire.» Ce qui est moins difficile à avouer, c'est la fatigue actuelle après l'enchaînement des courses et de ce qui vient autour. «Heureusement qu'il n'y a plus de courses, parce que je n'aurais plus la force pour continuer, a reconnu Meillard. C'est astreignant quand on est tous les jours sur le podium. Il y a beaucoup de choses à faire à côté, il y a une pression qu'on se met soi-même. Non, je suis content que ce soit terminé.»

Un autre immense bonheur à venir

Si Loïc Meillard a des étoiles plein les yeux avec ses trois médailles et ce titre olympique, un autre bonheur l'attend cet été puisque sa compagne Zoé est enceinte et que le couple attend un heureux événement. Sauf qu'entre le métier de cheffe de presse de sa compagne et sa carrière de sportif d'élite, il y aura pas mal de choses à gérer et des questions vont immanquablement se poser. «Non, il n'y a pas de questionnement, ça viendra comme ça doit venir, a réagi le champion olympique dans un large sourire. On trouvera les solutions en temps voulu et puis on profitera du chemin qu'il y aura à parcourir.»

La Suisse vit en ce moment un âge d'or grâce au ski masculin. Sur cinq titres mis en jeu, elle en a enlevé quatre. Une razzia record! Depuis que cinq épreuves sont proposées au programme olympique (1988), jamais les Helvètes n'avaient figuré sur le podium de chacune d'elles. L'Autriche a réussi trois fois d'affilée ce tour de force chez les hommes, en 1998, 2002 et 2006. Il n'y a finalement que le géant qui lui a échappé à cause de Lucas Pinheiro Braathen qui a devancé... trois Suisses. Le ski alpin masculin helvétique aura donc glané huit médailles à Bormio sur les quinze mises en jeu!

Le deuxième champion olympique suisse en slalom

Avec ce titre de champion olympique de slalom, Meillard ne rejoint qu'un seul autre skieur suisse. Seul Edi Reinalter avait été sacré en 1948 à St-Moritz. Le Fribourgeois Jacques Lüthy, médaillé de bronze en 1980 à Lake Placid, et Ramon Zenhäusern, vice-champion olympique en 2018 à PyeongChang, étaient eux parvenus à se hisser sur la «boîte» dans cette discipline aux Jeux.

Les trois autres Suisses ont réussi à se classer dans le top 15, ce qui fera de bons points FIS. Le Genevois Tanguy Nef a pris la 6e place en remontant cinq rangs, alors que Matthias Iten et Daniel Yule ont respectivement terminé 11e et 15e. Là aussi, les deux athlètes ont amélioré leur classement de la première manche.