Pinheiro Braathen en or Les Suisses se prosternent : «Tout simplement meilleur que nous»

Nicolas Larchevêque, à Bormio

14.2.2026

Lucas Pinheiro Braathen a écrit l’histoire samedi lors du géant à Bormio en devenant le premier Brésilien à décrocher un titre olympique dans des JO d’hiver. «Je suis incapable de saisir la réalité», a expliqué le skieur de 25 ans, dont la performance a été saluée par ses concurrents suisses.

Lucas Pinheiro Braathen a décroché l’or devant Marco Odermatt et Loïc Meillard.
Lucas Pinheiro Braathen a décroché l’or devant Marco Odermatt et Loïc Meillard.
IMAGO/Bildbyran

Nicolas Larchevêque, à Bormio

Après le triplé olympique de Franjo von Allmen, la piste du Stelvio a été le théâtre d’une nouvelle page d’histoire samedi. Vainqueur du géant devant les Suisses Marco Odermatt (2e) et Loïc Meillard (3e), Lucas Pinheiro Braathen est devenu le premier athlète brésilien à décrocher une médaille dans des JO d’hiver. 

L’émotion était donc forcément au rendez-vous chez celui qui défendait encore les couleurs norvégiennes jusqu’en 2023, avant de prendre sa retraite et de revenir sur le Cirque blanc une année plus tard dans la tenue du pays d’Amérique latine. «Je suis incapable de saisir la réalité, là, tout de suite. J'essaie juste de ressentir une émotion et de la traduire en mots, même si c'est absolument impossible», a reconnu le héros du jour, en larmes au moment de recevoir sa breloque.

«J’espère pouvoir inspirer des enfants et leur montrer que, peu importe leurs vêtements, leur apparence ou leurs origines, ils peuvent suivre leurs rêves et être eux-mêmes. Car c’est là la véritable source du bonheur dans la vie.»

Lucas Pinheiro Braathen en larmes au moment de recevoir sa médaille d’or.
Lucas Pinheiro Braathen en larmes au moment de recevoir sa médaille d’or.
KEYSTONE

Pinheiro Braathen a construit sa victoire sur une première manche de feu durant laquelle il a relégué son plus proche concurrent, Marco Odermatt, à près d’une seconde. «Chaque course a son histoire. Lucas a vraiment fait une superbe première manche, mais quand on a regardé sa course, on s’en est même pas aperçu. C'est souvent comme ça quand on skie bien, ça ne se voit pas trop», a expliqué le Valaisan Luca Aerni, 18e et surtout «déçu» de son passage sur le tracé initial.

«J'ai skié en suivant mon intuition et mon cœur»

À la manière d’un Franjo von Allmen, Lucas Pinheiro Braathen a avoué qu’il avait essayé de ne pas trop réfléchir. «J'ai skié en suivant mon intuition et mon cœur, et c'est ce qui m'a permis de devenir champion olympique», a expliqué le Brésilien. Ce dernier s’est finalement imposé avec 0’’58 d’avance sur le Nidwaldien, qui a gardé jusqu’au bout l’espoir d’un faux-pas de son adversaire.

«D'une certaine manière, nous savions que Lucas pouvait se saboter lui-même lors de la deuxième manche, avec cette seconde d'avance après sa première manche incroyable, mais nous avons quand même tenté d’attaquer. Avec Meillard et Tumler (ndlr : 4e), nous l'avons fait en allumant du vert à l’arrivée. Nous espérions bien sûr un triplé, mais Lucas a très bien géré la situation et a skié jusqu’en bas», a analysé «Odi», qui rentrera de ces Jeux avec trois médailles, deux d’argent et une de bronze.

Même son de cloche chez Loïc Meillard, «très heureux d'avoir remporté le bronze». «Ma première manche n'était pas mauvaise, mais un peu trop lente pour rivaliser avec Lucas. Nous savions qu'il serait difficile de gagner du temps, mais j'ai tout donné en deuxième manche. Je n’ai aucun regret et je suis satisfait de ma performance. Lucas a été rapide et régulier tout l'hiver. Aujourd'hui, il s'est surpassé et il a tout simplement été un peu meilleur que nous», a concédé le skieur d’Hérémence.

Le ski alpin a «besoin de plus de personnes comme lui»

Cet exploit brésilien inédit sacre également un personnage haut en couleur, essentiel pour l’image du ski alpin selon de nombreuses personnes. «La présence d'athlètes comme Pinheiro Braathen en Coupe du monde est ce qu'il y a de mieux. Les gens allument la télévision pour les personnalités, pas seulement pour les athlètes», avait estimé l’ex-skieur luxembourgeois Marc Girardelli lors d'une rencontre médias organisée la veille.

Avant d’ajouter : «Nous avons besoin de plus de personnes comme lui pour faire passer notre sport au niveau supérieur, car sinon nous allons perdre de plus en plus de fans au profit du golf, du tennis, du football et des fléchettes.» Mais quoi qu’il advienne pour le Cirque blanc, Lucas Pinheiro Braathen a lui réussi à atteindre sa cible samedi.


Archive sur le même thème

La Suisse et les JO d'hiver

La Suisse et les JO d'hiver

Retour sur l'histoire helvétique lors des différents Jeux olympiques d'hiver, avec notamment comme point d'orgue les éditions 1988 à Calgary et 2018 à PyeongChang. Et jusqu'à ce jour, seules deux disciplines manquent au palmarès des médailles.

22.01.2026