Thomas Weir. Ce nom ne vous dit sans doute rien et pourtant, le jeune skieur vaudois fait partie des privilégiés qui prendront le départ du slalom et du géant aux Jeux olympiques de Milan Cortina. Si le Glandois de 17 ans ne figure pas dans la sélection dévoilée par Swiss Olympic lundi dernier, ce n’est pas un oubli. Explications.
Comme le Valais, Fribourg et Genève, le canton de Vaud aura lui aussi son représentant en ski alpin aux Jeux olympiques de Milan Cortina, en la personne de Thomas Weir. Surprise toutefois : la combinaison du jeune technicien, originaire de Gland, ne portera pas la croix suisse, mais les couleurs de l’Afrique du Sud, patrie de son entraîneur de père.
Âgé de seulement 17 ans, le jeune homme fait en effet partie des cinq athlètes - un record pour la nation arc-en-ciel - sélectionnés pour défendre les couleurs sud-africaines lors de ces Olympiades 2026. Le Vaudois sera au départ du slalom le 14 février prochain, ainsi que du géant deux jours plus tard. Et ce, alors que le meilleur résultat de celui qui a fait ses débuts en compétition sous les couleurs du Ski Club de Nyon à l’âge de 10 ans reste une 32e place en course FIS, le troisième échelon du ski alpin international.
Réaliser son rêve d’enfant... à seulement 17 ans
«Pouvoir représenter mon pays à haut niveau, pouvoir porter le drapeau aux JO, c’est une immense fierté. Participer à un événement aussi grand que ça, c’est une expérience incroyable», a confié Thomas Weir devant les caméras de «Nyon Région Télévision».
À Bormio, le binational se réjouit déjà de croiser les stars suisses du ski alpin, à commencer par Marco Odermatt, qu’il défiera en géant. Sur la Stelvio, le technicien s’élancera également dans le sillage des Valaisans Loïc Meillard, Daniel Yule et Luca Aerni, du Genevois Tanguy Nef, du Zougois Matthias Iten et du Grison Thomas Tumler.
Une belle histoire... qui interroge tout de même
Si l’histoire est belle et conforme à l’esprit d’ouverture de l’olympisme, elle pose néanmoins question. À l’heure où certaines nations majeures du ski alpin, à l’image de la France, ont dû écarter des athlètes de tout premier plan, potentiels candidats aux médailles, en raison de quotas olympiques drastiques, le contraste est saisissant.
À Bormio, le 12e skieur mondial en géant, le Tricolore Alexis Pinturault - selon la dernière liste des points FIS points - ne sera pas au départ, tandis que le 2’729e du classement pourra, lui, vivre son rêve olympique à seulement 17 ans. Une conséquence directe d’un système de quotas conçu pour garantir l’universalité des Jeux, parfois au détriment de la hiérarchie sportive.
Alors jusqu’où l’esprit olympique doit-il primer sur le mérite sportif ? Le débat est ouvert.