La Suisse a profité de l'apparition aux JO du ski alpinisme pour glaner une deuxième médaille dans la discipline. En relais mixte samedi à Bormio, Marianne Fatton et Jon Kistler n'ont été devancés que par la paire française Harrop/Anselmet.
Bormio aura vraiment été une terre de médailles pour la délégation suisse. Après les huit médailles, dont quatre titres, en ski alpin masculin, c'est le nouveau venu au programme olympique qui a ajouté deux breloques avec l'or de Marianne Fatton en sprint jeudi et l'argent du relais mixte pour la dernière épreuve des JO dans la station de la Valteline.
La Neuchâteloise a ajouté l'argent à l'or avec son partenaire zurichois Jon Kistler. «C'est marrant parce que cet été, mon copain m'avait demandé: +Si tu as une médaille de bronze, est-ce que tu signes?+ Et j'étais là: +Je signe tout de suite+. Alors deux médailles et en plus une d'or, c'est complètement fou!»
Et le duo helvétique n'a pas à rougir de sa 2e place, puisqu'il n'a été battu que par des Français considérés comme les immenses favoris de cette épreuve assez spectaculaire.
Les Français trop forts
Plus long que le sprint, ce format de relais a donné lieu à une belle course, même s'il n'y a pas eu de retournement de situation. Dès le départ, la Française Emily Harrop a donné le ton en montrant qu'elle était certainement vexée d'avoir manqué l'or du sprint, surtout que celui-ci lui tendait les bras.
Partie un peu plus tranquillement, Marianne Fatton a perdu près de dix secondes sur son premier relais. Jon Kistler, brillant lors des séries du sprint mais malheureux en finale (6e), a repris du temps sur Thibault Anselmet. Insuffisant toutefois pour mettre Fatton dans des conditions idéales.
Il y a tout de même eu du suspense, car la Neuchâteloise a profité de deux mauvaises transitions de Harrop pour revenir à moins de deux secondes! Kistler a tout tenté dans le dernier relais, mais Anselmet n'a pas manqué ses transitions et a pu conserver suffisamment d'avance pour l'emporter avec plus de 11'' de bonus. Malgré une pénalité de 3'', les Espagnols ont pris la 3e place à 26''50.
«C'est incroyable de partager ça avec Marianne, a déclaré le Zurichois dans un français impeccable. C'est juste fou, je ne sais pas trop quoi dire. Après le sprint, j'étais un peu déçu, mais je savais que j'avais la forme et que tout était possible aujourd'hui. Ce fut un vrai plaisir de courir pour la victoire, d'avoir Thibault juste devant et de pouvoir finir avec la médaille d'argent.»
Un vrai travail d'équipe
Sur les épaules de son binôme, Marianne Fatton a offert son plus beau sourire aux photographes en brandissant le drapeau suisse. «Je me réjouissais trop de recourir parce que le sprint avait été incroyable pour l'ambiance, a dit Marianne Fatton. J'avais des frissons en repensant au sprint et en plus j'étais tellement motivée de ramener une médaille pour Jon parce qu'il est si fort en sprint. Il aurait très bien pu en faire une. Ca m'a énormément motivée.»
A l'heure de dresser un bilan de cette première du ski alpinisme, on peut dire que le public a répondu présent. Et les courses ont confirmé la domination de trois nations: la Suisse (deux médailles), la France (trois médailles) et l'Espagne (trois médailles). Il n'y a que le Russe Nikita Filippov qui a pu s'insérer parmi les trois pays avec sa médaille d'argent en sprint.
A voir si le format va évoluer dans quatre ans dans les Alpes françaises. Peut-être que le Vertical et l'individuel sauront trouver les arguments pour apparaître au programme.