Jérémy Desplanches : "Mon obsession pour ces Jeux, ma paranoïa, valait la peine"

ATS

30.7.2021

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30.7.2021

Jérémy Desplanches savoure sa médaille de bronze conquise sur 200 m 4 nages aux JO de Tokyo. Mais, en compétiteur affamé, il songe déjà à l'avenir. "Ca me donne envie de bosser "dans l'optique de Paris 2024, a-t-il lâché en conférence de presse virtuelle.

Jérémy Desplanches songe déjà à l'avenir.
Keystone

Ce bronze vaut-il de l'or, ou lui donne-t-il surtout envie de repartir au charbon pour aller cueillir le titre aux Jeux de Paris dans trois ans? «Un peu des deux. C'est une médaille incroyable. Ca me donne envie de bosser pour Paris», a-t-il répondu.

«Mais je ne dois pas faire l'erreur de foncer sans réfléchir. Je dois récupérer physiquement, et mentalement. Les dernières années étaient dures», a tempéré le Genevois, qui n'a pensé «à rien» quand il a compris qu'il avait décroché le bronze.

«Je me suis ensuite dit que mon obsession pour ces Jeux, ma paranoïa, valait la peine. J'ai fait tellement de sacrifices pour être capable de performer le jour J», a poursuivi le vice-champion du monde 2019. «Ca fait par exemple cinq ou six ans que je n'ai pas pu aller à l'anniversaire de ma soeur», a-t-il précisé.



Des vacances avant tout

Avant de songer à replonger dans le grand bassin de la piscine de l'Olympic Nice Natation, Jérémy Desplanches songe toutefois avant tout à des vacances. «Ca fait sept heures que j'ai nagé, mais j'ai l'impression que ça fait sept minutes. Ce matin, je comptais les mètres que je devais nager avant d'être en vacances», a-t-il lâché.

«J'ai besoin d'un mois d'arrêt, sans entraînement de nage. Mais pas sans sport», a assuré le Genevois, qui a toutefois évoqué lui-même Paris 2024, à peine sorti de l'eau. «Je ne sais pas comment j'arrive à penser déjà à Paris. Mais je le pense, comme toujours. Je suis toujours honnête avec les médias», a-t-il souligné.



«L'entraînement c'est hyper important, et la récupération l'est tout autant», a-t-il répété. «Cette médaille est incroyable, mais je n'ai pas gagné. Il y a peut-être moyen que je fasse un peu mieux, même si ce n'est pas certain», a-t-il expliqué.

Que peut-il bien faire de mieux que ce qu'il a entrepris depuis les JO de Rio 2016, où il avait connu une décevante élimination en demi-finales? «Honnêtement, je ne sais pas. Mais il y a sûrement moyen de bricoler quelque chose avec de nouvelles méthodes d'entraînement, des innovations technologiques», assure-t-il.

Relâchement

Jérémy Desplanches avait exprimé toute sa fierté quelques minutes après sa course. «C'est incroyable. Ma première finale olympique, et je décroche une médaille. C'est un vrai accomplissement pour moi, mais aussi pour toutes les personnes qui m'ont accompagné tout au long du chemin», a-t-il souligné.



Le Genevois ne voulait, ou ne pouvait pas y croire au terme de cette finale. «J'ai vu la petite croix, j'ai vu Desplanches, j'ai vérifié plusieurs fois. Avec un peu plus de recul, c'est incroyable. Je suis hyper fier de rapporter une médaille à la Suisse. C'est vraiment un honneur, carrément».

Pourtant, il n'osait pas imaginer une telle issue après les demi-finales. «J'ai eu très peur de passer à la trappe en voyant mon temps (réd: 1'57''38). Mais je me suis dit 'qu'est-ce que tu fais? Tu stresses alors que le travail est déjà fait'. C'est ce qui m'a permis de nager de manière relâchée en finale», a-t-il conclu.