«C’est incroyable, inimaginable!» Nadja Kälin, nouvelle patronne du ski de fond suisse ?

ATS

22.2.2026 - 15:56

Le ski de fond helvétique s'est peut-être trouvé une nouvelle patronne. En bronze sur 50 km classique dimanche aux Jeux de Milan-Cortina, Nadja Kälin (24 ans) a pris date. «C'est tout simplement incroyable, inimaginable. Je suis tellement heureuse», a-t-elle lâché.

À 24 ans, Nadja Kälin s’offre une médaille qui marque peut-être un tournant.
À 24 ans, Nadja Kälin s’offre une médaille qui marque peut-être un tournant.
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Keystone-SDA

L'exploit est immense. Nadja Kälin affiche un 6e rang – en sprint par équipe, dans la Vallée de Conches à la fin janvier – comme meilleur résultat en Coupe du monde. Et sur le plan individuel, sa 7e place sur 10 km à Oberhof à la mi-janvier constitue sa meilleure performance sur le Cirque blanc.

Nadja Kälin avait déjà donné un aperçu de sa capacité à élever le curseur dans les grandes occasions la saison passée, à l'occasion des Mondiaux de Trondheim: 6e du skiathlon, elle avait ensuite obtenu une très honorable 8e place dans le premier 50 km disputé par les femmes – mais en skating – dans un grand événement.

La course parfaite dimanche

Sa polyvalence et son talent n'ont pas mis longtemps à payer. A Tesero, Nadja Kälin a commencé ses JO 2026 de la plus belle des manières avec une probante 4e place sur le skiathlon. Une 4e place qui ne lui a laissé aucun regret, mais qui lui a permis de gagner sa place au côté de Nadine Fähndrich pour le sprint par équipe.

Médaillée de bronze aux Mondiaux 2025 au côté de Fähndrich, Anja Weber ne s'est pourtant pas gênée de critiquer la manière avec laquelle elle a été mise à l'écart. Mais Nadja Kälin n'aurait pas pu trouver plus belle manière de donner tort à sa coéquipière. Et son bronze dominical ne doit rien à personne.

Après le sprint par équipe, on pouvait toujours se dire que Nadja Kälin s'était contentée de tenir le choc sur ses relais afin de lancer la «fusée» Nadine Fähndrich dans les meilleures dispositions. Mais dimanche sur 50 km, la Grisonne a livré la course parfaite, dans sa bulle, consciente de ses forces.

«Allons chercher cette médaille»

Pleine de sagesse, la vice-championne du monde M23 2024 du 10 km classique est partie prudemment, laissant Ebba Andersson et Heidi Weng se disputer l'or de ce 50 km classique. Et elle a su sentir le bon coup en restant «cachée» dans le groupe de cinq fondeuses qui a lutté pendant près d'une heure pour la 3e place.

«Dans le dernier tour, le rythme n'était pas aussi élevé, alors j'essayais simplement de bien skier et d'économiser de l'énergie pour l'arrivée», a raconté au micro de la FIS Nadja Kälin, qui a osé prendre ses responsabilités lorsqu'elle le devait en accélérant la cadence lors de la dernière montée.

«J'étais anxieuse, car on ne sait jamais à quel point les autres sont fortes», a expliqué la Grisonne, qui est là aussi restée zen: «J'ai essayé jusqu'à la fin de ne pas penser à la médaille. Mais dans la dernière montée je me suis dit +OK, allons chercher cette médaille+.» Ce qu'elle a fait avec brio pour se révéler aux yeux du grand public et sortir déjà de l'ombre de Nadine Fähndrich.