De l’athlétisme au bob Salomé Kora, la sprinteuse qui rêve des Jeux... d'hiver

par Melinda Hochegger

18.11.2025 - 16:39

Cet hiver, la sprinteuse Salomé Kora fera ses débuts en Coupe du monde de bobsleigh en tant que pousseuse. Qu'est-ce qui l'attire dans un sport qui, comme elle le dit elle-même, n'a presque rien en commun avec l'athlétisme?

Cet hiver, la sprinteuse Salomé Kora fera ses débuts en Coupe du monde de bobsleigh.
Cet hiver, la sprinteuse Salomé Kora fera ses débuts en Coupe du monde de bobsleigh.
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Keystone-SDA, par Melinda Hochegger

La joie se lit sur le visage de Salomé Kora lorsqu'elle évoque ses projets en tant que pousseuse de bob – et ce même si elle a mal partout. Troisième Suissesse la plus rapide de l'histoire sur 100 m (10''95), la St-Galloise de 31 ans s'essaie pour la première fois à un autre sport que l'athlétisme. Mardi dernier, elle a dévalé pour la première fois la piste de Cortina en tant que pousseuse. «C'est surtout ma nuque qui me fait mal maintenant», dit-elle en riant.

Un long processus

La force G qui agit dans le bob est particulièrement nouvelle pour elle: «Les premiers mètres, ça va encore, puis on se sent de plus en plus comprimé. Je ne suis malheureusement pas très souple, c'était donc déjà très spécial», raconte Salomé Kora, dont la première descente en bob remonte à deux ans. «Mais c'était juste une descente en taxi, je pouvais alors regarder dehors avec la tête.»

Deux ans, c'est aussi à peu près la période pendant laquelle Kora a joué à s'essayer au poussage. Elle avait été en contact avec Beat Hefti, le champion olympique de 2014, et avait fait quelques tentatives. Mais après les JO de 2024, elle ne se sentait pas encore assez en forme et prête mentalement. «C'est pourquoi je ne me lance ‘malheureusement’ que maintenant.»

Avec la pilote Inola Blatty, elle participera à l'ouverture de la Coupe du monde à Cortina et à la course suivante à Innsbruck, mais en décembre, elle partira en Afrique du Sud pour un camp d'entraînement d'athlétisme: «Je me considère toujours comme une athlète, c'est pourquoi il sera important pour moi de m'entraîner à nouveau», explique-t-elle.

Alors que les courses de Coupe du monde de décembre seront disputées par l'une des autres pousseuses d'Inola Blatty, le 28 décembre sera le jour le plus important de l'hiver pour Salomé Kora. C'est à ce moment-là que sera décidé qui pourra participer aux Jeux olympiques.

«En principe, nous avons deux places de quota, mais si nous devançons le Canada au classement de la Coupe du monde, nous en obtiendrons une troisième», explique-t-elle. «D'après ce que j'ai entendu, cela devrait en principe être possible», mais loin d'être aisé.

Avec Debora Annen et Melanie Hasler, la Suisse a déjà deux pilotes couronnées de succès qui, contrairement à Blatty, ont déjà de l'expérience en Coupe du monde. Kora a également été en contact avec Annen et Hasler, mais c'est avec la Lucernoise de 27 ans que cela lui a le mieux convenu: «Surtout parce qu'elle voulait renforcer son équipe pour la Coupe du monde, par rapport à la Coupe d'Europe.»

«Cela m'a fait énormément plaisir»

Aucun duo n'est toutefois désigné d'office pour les Jeux olympiques. Ce sont les meilleures pilotes et les meilleures pousseuses qui se qualifient – indépendamment les unes des autres. Si la Suisse a deux places aux Jeux olympiques, trois pousseuses se qualifieront, et si elle a trois pilotes, elles seront cinq.

Mais comme Kora n'a pas pu participer aux Championnats de Suisse de poussée en raison d'une élongation contractée lors des championnats du monde d'athlétisme à Tokyo, elle n'a pour l'instant aucun point de repère pour se situer par rapport aux autres pousseuses.

«Je suis de nouveau en forme, j'ai eu deux semaines de vacances après les championnats du monde, puis encore deux ou trois semaines avant d'être totalement prête. Mais j'ai été très déçue de ne pas pouvoir faire ce premier test. Ce n'est qu'en décembre, quand ça comptera vraiment, que je verrai comment je me situe par rapport aux autres et si cela suffit pour les Jeux olympiques», souligne-t-elle.

Si elle parvenait effectivement à prendre le départ à Milan-Cortina, elle ferait partie d'un cercle restreint. Moins de dix sportifs suisses ont jusqu'ici disputé des Jeux d'hiver et d'été. Elle pourrait avoir pour modèle Rolf Strittmatter qui, aujourd'hui âgé de 70 ans, a fait partie du relais 4x400 m à Moscou en 1980 et a pris le départ en bobsleigh quatre ans plus tard à Sarajevo.

«En tant qu'athlètes, nous avons cette opportunité très particulière de participer aux deux Jeux olympiques dans deux sports différents et d'observer deux mondes complètement différents à un haut niveau», explique encore Salomé Kora, qui veut absolument en profiter. En revanche, elle ne dit pas si elle restera fidèle à la poussée après la saison qui commence. «Je pourrais m'imaginer participer à quelques courses de Coupe du monde par hiver, mais il faudrait d'abord que je voie si une pilote le souhaite.»

En fait, Salomé Kora ne veut pas encore voir trop loin, elle veut d'abord faire une bonne course à Cortina. «J'ai entendu dire que c'était une piste relativement facile», raconte-t-elle. Cela jouera certainement en sa faveur. Et peut-être qu'en février, Salomé Kora retournera effectivement sur la même piste en Italie pour participer aux Jeux olympiques.