JO 2026 «Salut, je suis Annika et mon rêve olympique m’a été arraché à cause de mon sexe»

Clara Francey

13.2.2026

Les Jeux olympiques en Italie se targuent d’être exemplaires en matière d’égalité des sexes. Pourtant, en combiné nordique, les femmes restent exclues. Depuis des années, les athlètes se battent en vain pour pouvoir y participer.

Lea Oetiker

«Salut, je m’appelle Annika et mon rêve olympique m’a été arraché. Non pas à cause de mes performances, mais à cause de mon sexe», écrit la sportive de 24 ans Annika Malacinski sur Instagram.

Malacinski est une spécialiste américaine du combiné nordique. Elle fait partie du top 15 mondial. Son frère cadet, Niklas, pratique lui aussi cette discipline, qui associe saut à ski et ski de fond, souvent qualifiée de «discipline reine» du ski nordique, car elle allie deux extrêmes.

Mais tandis que Niklas réalise leur rêve commun en participant aux Jeux, Annika doit se contenter de regarder depuis le bord de la piste. La raison : le combiné nordique est la seule discipline olympique dans laquelle les femmes n’ont jamais été autorisées à concourir.

Trop peu de spectateurs

Le Comité international olympique (CIO) justifie cette exclusion par un manque d’audience, en particulier pour les compétitions féminines. Il estime également que la densité du niveau est insuffisante, avec trop peu de nations représentées. Selon le CIO, ces épreuves seraient donc moins attractives et plus difficiles à commercialiser.

Dans un entretien accordé au «Guardian», Annika Malacinski conteste ces arguments : plus de 40 femmes évolueraient selon elle à un haut niveau et attendraient simplement l’opportunité de participer aux Jeux.

Le CIO avait déjà exprimé des réserves similaires concernant les épreuves masculines. Celles-ci ont toutefois été maintenues au programme. L’argument décisif avancé par l’instance : les hommes avaient déjà entamé leur préparation olympique, rapporte «BR 24». Cette année, 36 athlètes participent aux Jeux en Italie, contre 55 à Pékin en 2022.

Le CIO invoque également la relative jeunesse des compétitions féminines en combiné nordique. Il est vrai que leur histoire est bien plus récente que celle des hommes, présents dès les premiers Jeux olympiques d’hiver en 1924. Mais ces dernières années, la professionnalisation du secteur féminin a connu une progression rapide.

Des compétitions féminines déjà bien établies

Depuis la saison 2020/21, la Fédération internationale de ski (FIS) organise également des épreuves de Coupe du monde féminines. Le même hiver, à Oberstdorf, une première championne du monde de combiné nordique a été sacrée.

En 2022, la fédération internationale a déposé une demande officielle pour intégrer la discipline au programme des Jeux en Italie. Sans succès. Une initiative similaire avait déjà été lancée avant Pékin 2022, mais également rejetée.

«Depuis des années, mes coéquipières et moi prenons la parole, protestons et nous battons pour avoir la chance de nous élancer sur la même ligne de départ olympique que les hommes», confie Malacinski au «Guardian». «Nous sommes toujours là, nous continuons à nous battre, nous n’abandonnerons pas.»

Les Jeux d’hiver les plus égalitaires ?

Le CIO présente Milan-Cortina comme les Jeux d’hiver les plus égalitaires à ce jour : 47 % des athlètes participants sont des femmes, et 50 des 116 épreuves sont exclusivement féminines. «À tous égards, nous sommes équilibrés en matière de genre», a déclaré le porte-parole du CIO, Mark Adams, à la «BBC».

Concernant le combiné nordique, il a toutefois reconnu que la discipline restait encore peu répandue dans le monde. «Elle doit se développer davantage à l’international. Nous réexaminerons la question pour les prochains Jeux d’hiver.»

«Nous avons notre place, bon sang»

Malacinski n’est pas la seule à dénoncer publiquement cette exclusion. L’Allemande Nathalie Armbruster milite elle aussi depuis des années pour que les femmes puissent enfin participer aux Jeux.

«Nous ne réclamons pas notre place aux Jeux olympiques uniquement parce que nous sommes des femmes et que nous voulons l’égalité. Nous avons mérité notre place, bon sang, en étant des athlètes de classe mondiale, hautement professionnelles, et en remplissant toutes les exigences fixées autrefois par le CIO», a-t-elle récemment écrit sur Instagram.

«J’ai pleuré. Et d’un point de vue sportif, cette décision est totalement incompréhensible. Tout tourne autour de l’argent et des audiences, et c’est vraiment triste», a-t-elle confié à «BR 24» après la décision du CIO en 2022.

Au-delà de la déception, la contestation s’organise. Les athlètes multiplient les actions symboliques pour faire pression sur le CIO : certaines se dessinent une barbe sur le visage avant leurs courses, d’autres croisent leurs bâtons de ski au-dessus de leur tête, en référence au chromosome X.

@annika.malacinski

No e❌ceptions Nordic Combined is in jeopardy. If we don’t stand together now and fight for equal opportunity, we risk losing an incredible sport that has shaped generations of athletes and communities. This only works if we do it together. #inequality #noexceptions #olympics #nordiccombined

♬ This Is the Beginning - Ely Eira

Mais malgré ces protestations, la position du CIO n’a pas évolué. La revendication d’égalité reste d’actualité en vue des Jeux de 2030. Comme le résume Malacinski : «Nous continuons à nous battre. Nous n’abandonnerons pas.»

Notice sur l’IA : cet article a été traduit de l’allemand à l’aide de l’intelligence artificielle et adapté par la rédaction romande de blue News.


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