«Dérive importante» Tensions et crise profonde au sein de l’organisation des JO 2030

Nicolas Larchevêque

3.2.2026

Trois démissions de cadres en deux mois: la crise s'aggrave au sein du Comité d'organisation des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises. Dernier à avoir claquer la porte, Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations, a dénoncé une «dérive importante» en termes de fonctionnement.

La crise s'aggrave au sein du Comité d'organisation des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, présidé par Edgar Grospiron.
La crise s'aggrave au sein du Comité d'organisation des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, présidé par Edgar Grospiron.
KEYSTONE

Agence France-Presse

Ancien président du groupe Canal+ et ex-patron du Pari mutuel urbain (PMU), Bertrand Méheut a annoncé lundi quitter la présidence de l'instance chargée de donner son avis sur les rémunérations et avantages en nature des salariés des Alpes 2030, et notamment des cadres dirigeants. Deux autres membres de ce comité ont également annoncé leur départ, a appris l'AFP.

Le départ de Bertrand Méheut intervient après la démission début décembre de la directrice des opérations du Cojop, Anne Murac, suivie le 23 janvier du départ du directeur de la communication, Arthur Richer.

«Tous ceux qui partent sont des hommes et femmes de Cyril Linette [le numéro 2 du Cojop] donc Edgar Grospiron [le président] reprend déjà la main et c'est très bien. Grospiron c'est le sportif, le patron, il doit avoir les coudées franches», a déclaré à l'AFP une source proche du dossier.

Edgard Grospiron a indiqué avoir appris lundi à midi que Bertrand Méheut allait démissionner. «Et dix minutes après j'ai reçu sa lettre, ça a été un peu soudain», a-t-il déclaré à la presse mardi, à l'issue de sa présentation du projet Alpes 2030 devant le Comité international olympique (CIO) réuni en session avant l'ouverture des JO 2026.

«Messages d'alerte»

«L'ensemble des points qu'il a soulevés, les avis consultatifs, on les a tous suivis, donc j'étais un peu étonné qu'il décide de démissionner», a ajouté M. Grospiron. Dans des extraits d'un courrier rendu public mardi par L'Equipe et Le Parisien, Bertrand Méheut pointe une «dérive importante qui (le) conduit à douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts».

Concernant la gouvernance du Cojop, «celle-ci est supposée duale, ce qui n'apparaît plus être le cas. Le président, accompagné en principe d'un directeur général exécutif, se comporte comme s'il était président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence», fustige Bertrand Méheut.

Pour Edgar Grospiron, «il faut lire les statuts» du Cojop, «hyper clairs sur les rôles de président, de directeur général, du comité de rémunération: je suis pleinement dans mon rôle, Cyril [Linette, le numéro 2] pleinement dans le sien, maintenant le comité des rémunérations a émis des avis qui de mon point de vue sortent de ses prérogatives».

Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, une des deux régions hôtes, a rappelé qu'Edgar Grospiron «est le président du Cojop». «Maintenant on va passer à une autre étape avec la nécessité de livrer, les équipes doivent changer de braquet», dans une déclaration à l'AFP.

«Tensions en interne»

De son côté, le responsable du CIO chargé de superviser les préparatifs des JO 2030, Pierre-Olivier Beckers, a enjoint le Cojop à «accélérer» et travailler «en équipe forte et confiante».

Selon Le Parisien, lors d'une réunion mi-janvier, le comité des rémunérations aurait émis «plusieurs avis défavorables» concernant des «dysfonctionnements», notamment «sur l'utilisation de quatre cartes bancaires», ainsi que sur le recrutement d'un directeur général adjoint des opérations. «Par ricochets, Cyril Linette aurait vu son domaine d'intervention se réduire», affirme le quotidien.

A la suite des deux premières démissions, la ministre des Sports Marina Ferrari avait exigé fin janvier une «clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité» du Cojop. Une «mission» a dans la foulée été lancée pour garantir au projet «une organisation plus lisible, stable et opérationnelle».

Fin janvier, une source proche du dossier avait fait état de «tensions en interne» au Cojop mais «aussi en externe», avec les institutions du monde sportif, autour des «choix politiques», «stratégiques» ou «managériaux» déjà pris ou à prendre, dans un contexte de divergences entre certains responsables parisiens et des acteurs issus des régions hôtes.


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