Dimanche soir, le FC Barcelone s’est offert un 29e titre de champion d’Espagne en dominant sur sa pelouse son éternel rival madrilène (2-0). Et on y était. Récit de ce Clasico historique dans un style emprunté à Kyan Khojandi. Parce que pourquoi pas, en fait !
Bref. J’avais un rêve : assister à un Clasico. J’en ai parlé à mon collègue Marco, il m’a dit que c’était aussi dans sa to-do list. Alors quand on a vu que celui du 10 mai au Camp Nou pourrait être décisif dans la course au titre, on s’est dit qu’il fallait tenter.
On a donc demandé à un collègue. Il a dit : «Je sais pas, je m’occupe pas de ça». On a donc demandé à un autre collègue. Il a dit : «Je sais pas, mais je peux écrire à la Liga». Quelques galères et beaucoup de mails plus tard, nous voilà accrédités. Vamos !
10 mai. 5h20, le réveil sonne. Ça pique. Mais c’est pour la bonne cause. Dans le train pour l’aéroport, je lis la presse espagnole. Je ne comprends pas grand-chose à l’español, mais pas besoin d’être bilingue comme Kyky de Bondy pour comprendre que l’ambiance est tendue côté merengue. Traición, pelea, guerra... Je ne sais plus si je vais voir du MMA ou du foot. Mais j’y vais.
Du rêve au cauchemar ?
À peine arrivés à Barcelone, on apprend entre deux tapas que ce même Kylian Mbappé ne sera finalement pas de la partie et que le papa d’Hansi Flick est décédé dans la nuit. Le rêve serait-il en train de virer au cauchemar ? Ah oui, parce que je ne vous ai encore pas dit : la dernière - et seule - fois que j’étais venue au Camp Nou, Lionel Messi portait encore le maillot blaugrana. Mais il était blessé et n’avait pas joué. Me revoilà quelques années plus tard. Cette fois, c’est sa relève annoncée, Lamine Yamal, qui est blessée et qui ne jouera pas.
Mais on n’abandonne pas. Petit passage par l’hôtel, puis direction le chantier... euh le Camp Nou. C’est que de l’extérieur, on a plus l’impression d’être devant le chantier du siècle que le plus grand stade d’Europe. Sur place, on retrouve notre ami belge Victor Pignon, rencontré un an plus tôt en marge de la finale de l’Europa League à Bilbao. Vous savez, le mec qui assiste depuis trente ans à toutes les plus belles finales que le foot peut offrir. Et bien il est aussi socio du Barça. Autrement dit, il est abonné à un club à plus de 1’000 km de chez lui. Ah, amour, quand tu nous tiens !
Après ça, on va voir l’arrivée des bus. Si on ne sait pas encore si la soirée sera historique, ce qu’on vit là est déjà épique. Le bus du FC Barcelone se fait caillasser et huer par des fans du club qui le confondent avec celui du Real Madrid. Ça ne doit pas être les jambons les plus affinés de la cave.
Passé le choc, on pénètre dans le stade. Si de l’extérieur le Camp Nou fait peine à voir, de l’intérieur, c’est une autre histoire. Quand on dit qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture.
«Campeones, Campeones, Olé, Olé, Olé»
Enfin installée en tribune de presse, je crois voir Mbappé et Yamal à quelques mètres de moi, mais je tombe de deux anneaux (le troisième est encore en travaux), quand les commentateurs de beIN Sports Omar Da Fonseca et Benjamin Da Silva lèvent le masque.
Quelques minutes plus tard, c’est un magnifique tifo qui se dévoile. Pas le temps de me remettre de mes émotions que Marcus Rashford ouvre déjà le score (9e). Même pas dix minutes plus tard, Ferran Torres double la mise (18e). Ensuite ? Rien côté madrilène, pas grand-chose côté catalan. On ne va pas se mentir : ce Clasico manque de mordant. Oui, je sais… Luis Suárez n’est plus au Barça depuis longtemps. Heureusement que le public, lui, assure le spectacle.
À la 73e minute, les premiers «Campeones, Campeones, Olé, Olé, Olé» descendent des tribunes. Timides d’abord. Puis de plus en plus forts. Les Madrilènes s’énervent. Ça aide. 22h55, le stade exulte. Jamais un Clasico n’avait débouché sur le sacre d’une des deux équipes. Pour parfaire l’humiliation, le trophée est remis à Hansi Flick et ses joueurs immédiatement après le coup de sifflet final.
Bref. J’ai assisté au Clasico.