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Roland Collombin, ici avec Marie-Thérèse Nadig en 1975, est décédé.
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L'enfant terrible du ski suisse n'est plus. Roland Collombin, rival de Bernhard Russi dans les années 70, est décédé à l'âge de 75 ans après un long combat contre le cancer, a annoncé sa famille vendredi.
Russi et Collombin, indissociables. Les deux hommes étaient les meilleurs skieurs suisses au début des années 70. D'un côté le chouchou du pays, le gendre idéal, l'élève modèle. Et de l'autre l'impulsif, le fainéant, le bon vivant valaisan qui faisait la fête sur les pistes et en dehors et se moquait éperdument de son image. Au début des années 70, il remporta huit courses de Coupe du monde et deux fois le globe de descente.
Collombin était un fou, la plupart du temps dans le bon sens du terme, imprévisible à tout moment de la journée, à la fois farceur et enfant terrible. Il fournissait régulièrement des sujets d'articles à la presse de boulevard et ne se formalisait pas lorsqu'elle le qualifiait de John McEnroe du ski et écrivait qu'il avait du Fendant dans les veines.
Ce Bagnard, fils d'une Italienne et d'un Valaisan, était le plus fougueux de tous les skieurs que la Suisse a jamais connus. Et il l'assumait pleinement. Il se disait sans détour être un fervent adepte d'une vie oisive et serait volontiers rester un flemmard à vie. Travailler le moins possible et en tirer le maximum, telle était sa devise.
Aux JO de 1972 à Sapporo, où il remporta de manière surprenante l'argent derrière Russi avant même son premier podium en Coupe du monde, la police le mit temporairement en prison après une beuverie en compagnie du hockeyeur Jacques Pousaz. Les deux hommes avaient fait pas mal de bêtises, son compagnon s'était même battu. Il remporta d'ailleurs au moins deux victoires en Coupe du monde après des soirées arrosées ou des ébats amoureux jusqu'au petit matin du jour de la course.
Collombin donnait parfois l'impression que la course était pour lui une aventure sans conséquence. Mais cette impression était trompeuse, notamment parce que le Valaisan jouait avec son image de fainéant et bluffait. Il a toujours su que pour réussir, il fallait s'entraîner, déclara-t-il un jour avec du recul. Et il a toujours su quand il devait se donner à fond. Russi, adversaire et ami, était convaincu que derrière les portes closes, Collombin travaillait aussi dur que les autres.
Si la carrière sportive de cette tête brûlée aussi talentueuse qu'intrépide et insouciante s'est arrêtée à huit victoires en Coupe du monde, deux globes de descente et une médaille d'argent aux JO et aux Championnats du monde à Sapporo, c'est pour des raisons de santé. La carrière de Collombin s'est concentrée sur trois ans, tous ses succès ayant été remportés à partir de 1972 en un peu plus de deux ans.
Fin 1974, une entorse à la colonne vertébrale après une chute à Val d'Isère l'avait contraint à faire une pause d'un an. Un an plus tard, il chuta à nouveau exactement au même endroit, cette fois si gravement qu'il se fractura deux vertèbres, resta paralysé pendant deux jours et dut mettre fin à sa carrière à 24 ans. Depuis, le saut sur la piste Oreiller-Killy a été baptisé la Bosse à Collombin.
Collombin accordait la plus grande importance à sa victoire à Wengen en 1974, la première d'un Suisse depuis 20 ans, et surtout à ses deux triomphes à Kitzbühel en 1973 et 1974. Il considérait la médaille d'argent remportée à Sapporo comme une médaille d'or perdue, même s'il était parti au Japon sans aucune attente, avec une 7e place comme meilleur résultat. Après avoir réalisé des temps surprenants lors des entraînements, il expliqua avoir paniqué.
Après la fin prématurée de sa carrière, Collombin resta fidèle à lui-même. Il s'accorda d'abord une longue pause, puis il réalisa d'autres rêves. Pendant un été, il travailla dans un alpage, fut restaurateur, vigneron, tenancier de bar, négociant en boissons et en vins. Il dirigea également le bar à raclette Le Streif à Martigny. Pendant qu'il tenait un bistrot dans son village natal de Versegères, où les bons vivants le regardaient d'un œil critique, il fit la connaissance de Sarah, une Québécoise. Ils se marièrent et eurent un fils et une fille.
En 1989, Collombin échappa de peu à la mort dans un accident de voiture dont il n'était pas responsable, lors d'une collision frontale. En 2018, il confia qu'il se sentait mieux que jamais et vivait les meilleures années de sa vie. Libéré de tout souci professionnel, il partait presque tous les jours en excursion en montagne avec sa femme. Bien sûr, il ne manquait pas de mentionner ses visites du soir au bar à raclette.
🗻⛷🎞 Avant/Après du Miracle Suisse !
— RTS (@RadioTeleSuisse) September 28, 2023
Roland Collombin revient avec nous sur sa carrière de skieur alpin, avec toujours autant d’amour pour la montagne.
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