Disputée dans des conditions particulières un mois après le tragique incendie du bar «Le Constellation», la descente féminine de Crans-Montana a été annulée en raison de la mauvaise visibilité après six concurrentes et trois violentes cabrioles, dont celle de Lindsey Vonn. Un faux départ qui a suscité de nombreuses discussions sur le Haut-Plateau.
«Ce week-end doit être un signal fort pour la Suisse et au-delà. Nous devons montrer du respect et de la dignité pour cette jeunesse, et montrer que le sport rassemble», disait Didier Défago à l’heure de justifier la tenue de ces épreuves malgré le drame qui s'est déroulé il y a près d'un mois.
Après ce triste vendredi, force est de constater que le sport a davantage divisé que rassemblé autour de la piste du Mont-Lachaux. Au grand dam du directeur général de l'organisation des courses qui doit certainement déjà invoquer les dieux de la météo afin que la situation s’améliore pour le super-G féminin de samedi et la descente masculine de dimanche.
Avec les violentes chutes de Nina Ortlieb, Marte Monsen et Lindsey Vonn, la descente a, en effet, rapidement tourné à la bérézina. Si l’Autrichienne a semblé s’en sortir sans trop de mal, ce n’est pas le cas pour la Norvégienne qui a été évacuée de la zone d’arrivée sur une civière. Quant à l’Américaine de 41 ans, elle a pu regagner le bas de la piste sur ses skis mais été héliportée quelques minutes plus tard. La native du Minnesota semblait touchée au genou gauche. Une terrible nouvelle pour celle qui espérait briller aux Jeux olympiques de Milan-Cortina dans quelques jours.
Après ces chutes, les organisateurs ont donc décidé de stopper l’hécatombe et d’annuler cette course. Une décision qui a suscité l’ire de certains entraîneurs mais qui parait logique au vue de la tournure des événements.
«C’est dommage»
CEO de la Fédération internationale de ski (FIS), Urs Lehmann a expliqué le choix des organisateurs aux médias : «Ils ont appelé un météorologue qui a dit que la visibilité allait empirer au fil des minutes. Et c’est bien cela qui s’est produit. Le problème n’était donc pas au niveau de la préparation de la piste qui était très bonne mais plutôt au niveau de la visibilité.»
Partie avec le dossard numéro 5, Corinne Suter a pu rallier la ligne d’arrivée en un seul morceau. «Les conditions étaient très difficiles aujourd’hui avec cette visibilité qui avait tendance à baisser au fil des concurrentes. C’est dommage car la piste était très bien préparée», a regretté la Schwytzoise en zone mixte. Avant d’ajouter : «Quand tu es sommet et que tu entends qu’il y a beaucoup d’abandons, c’est toujours compliqué. Même si je suis contente de ne pas avoir à prendre une telle décision, je pense que l’annulation a été une bonne solution.»
La championne olympique de descente espère maintenant que les conditions météorologiques s’amélioreront pour le super-G de samedi. Un voeux partagé par beaucoup de monde afin de retrouver un peu de sérénité sur le Haut-Plateau.