Sur un parcours malheureusement raccourci, la faute au «Guggifœhn», Marco Odermatt a livré un véritable récital lors de la descente de Wengen samedi. Avec les belles 4e et 5e places de Franjo von Allmen et Alexis Monney, privés de podium pour quelques minuscules centièmes, la Suisse signe un joli résultat d’ensemble. Retrouvez les réactions des spécialistes helvétiques de la vitesse ainsi que celle de l’homme fort du week-end, Giovanni Franzoni.
1er
Marco Odermatt
«Je crois avoir fait la course parfaite. J’avais un bon plan. J’ai pris énormément de risques, exactement comme hier. Sauf qu’hier, j’avais commis une erreur dans le «Kernen-S», alors qu’aujourd’hui j’ai de nouveau tout risqué à cet endroit et ça a parfaitement fonctionné. Et si on ne fait pas ça, on ne peut pas gagner une course. Savoir que c’était la bonne façon de skier, parce que cela avait déjà fonctionné les années précédentes, m’a énormément aidé mentalement, car c’est un peu fou de foncer à 110 km/h contre un mur. Gagner une quatrième fois ici est quelque chose de très spécial. C’est complètement fou. Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais ici tout me convient parfaitement. J’aime skier sur cette piste, l’ambiance mise par les fans est incroyable et j’arrive très souvent à réussir les passages clés.»
3ème à +0’’90 d’Odermatt
Giovanni Franzoni
«C’était tout simplement une semaine incroyable. Ma première victoire en Coupe du monde hier, puis mon premier podium en descente aujourd’hui sur cette piste mythique. Après la course d’hier, ça n’a pas été facile : je me suis réveillé à 3 heures du matin et je n’ai quasiment pas dormi jusqu’à 6 heures. Honnêtement, aujourd’hui, j’étais presque reconnaissant que la descente soit raccourcie et mes jambes aussi (rires).
Avant le départ, il y avait beaucoup de pression, avec toute l’attention autour de moi. Je n’y suis pas encore habitué. Mais lorsque j’ai vu le public au départ, sur la montagne, j’ai ressenti une énorme excitation. Ensuite, j’ai pu skier vite et proprement. J’ai aussi eu un petit peu de chance avec ces trois centièmes d’avance sur Franjo von Allmen, mais ce n’était vraiment pas simple, surtout avec le dossard 28. Franchement, je pense que c’était une performance encore plus impressionnante qu’hier. C’est juste fou. Je ne sais pas comment expliquer un week-end pareil. Je crois que je réaliserai vraiment ce que j’ai accompli une fois rentré à la maison. Et partager aujourd’hui le podium avec de véritables légendes comme Marco Odermatt et Vincent Kriechmayr, c’est quelque chose d’énorme pour moi.»
4ème à +0’’93 d’Odermatt
Franjo von Allmen
«Aujourd’hui, j’ai pris le risque de skier le «Kernen-S» à fond. Le niveau est tellement élevé qu’il faut prendre des risques pour espérer monter sur le podium. Malheureusement, je ne l’ai pas négocié à 100 %. J’ai fait une bonne entrée, mais une sortie de merde (rires). Je pense que c’est là que se fait la différence et que l’écart se creuse. À ce niveau, la moindre erreur se paie immédiatement. Ça fait mal d’échouer au pied du podium, surtout ici à Wengen. Mais on prend quand même cette 4e place. Je pars à Kitzbühel avec le sentiment que si je parviens à faire une manche sans erreur, je peux jouer la victoire.»
5ème à +0’’95 d’Odermatt
Alexis Monney
«Après la course d’hier, l’après-midi n’a pas été facile, donc je suis content de la réaction et surtout du ski que j’ai produit sur le bas du parcours. Terminer quasiment à égalité, voire même faire mieux que Marco Odermatt sur la partie basse, c’est positif. Ça montre que le ski est là. Je suis heureux de conclure ce week-end sur une bonne note afin d’aborder Kitzbühel dans les meilleures conditions. J’y arriverai avec plus de confiance que l’an dernier, où j’étais sorti ici à Wengen, ce qui devrait m’aider. Après, on ne sait jamais vraiment ce qui nous attend à Kitz.»
13e à +1’’63 d’Odermatt
Marco Kohler
«Je suis très satisfait. C’était une bonne course, solide. J’avais encore un peu mal au genou après hier, après ma petite frayeur, donc je voulais surtout réaliser une manche propre et régulière, et ça a bien fonctionné. J’ai de nouveau pris énormément de plaisir à skier ici, devant notre public. Je suis content d’avoir rempli les critères de sélection pour les Jeux avec ce résultat, mais je suis conscient que la situation reste complexe au sein de notre équipe. Je prends les courses les unes après les autres et j’essaie de ne pas me mettre de pression, en restant concentré sur moi-même et sur la continuité de mes performances.»
17e à +1’’91 d’Odermatt
Justin Murisier
«Être Suisse et prendre le départ ici, c’est évidemment incroyable. Mais en ce moment, je n’arrive pas vraiment à en profiter. Je sais que pour certains, dire qu’on n’est pas satisfait d’un top 15 (ndlr : il était 15e à l'heure de l'inteview) peut paraître arrogant. Mais je sais de quoi je suis capable, quelles sont mes attentes et je ne m’entraîne pas pour faire des 15es places. Bien sûr que je suis content pour mes collègues, mais leur réussite ne fait pas mon beurre. On n’est pas une équipe de hockey ou de football.
Il y a pas mal de petits détails qui font que je ne suis pas au niveau auquel je devrais être, en tout cas pas le Justin de l’an dernier. Aujourd'hui on voit clairement que la confiance n’est pas là. Même dans les passages techniques, qui sont normalement ceux que j’aime le plus, je n’arrive pas à skier comme je le voudrais. Les autres années, on avait toujours Bormio au programme, un endroit où je prenais beaucoup de confiance car je faisais à chaque fois de gros résultats. Cette saison, avec deux descentes à Val Gardena, j’arrive ici avec une forme de pression, l’obligation de performer. Il va falloir que je trouve des solutions pour Kitzbühel. J’envisage peut-être de faire une journée de géant avant Kitz pour retrouver de la confiance, notamment à l’entrée de courbe. Si je ne la ressens pas, je n’arrive pas emmener de vitesse.»