Ski alpin «J'ai passé toute ma vie sur les skis» : les touchants adieux d'un vétéran français

Arthur Rappaz

13.3.2026

Si Odermatt s'est accaparé deux globes, les Français, eux, sont passés à côté de leur descente à Courchevel, avec pour meilleur résultat la 11e place de Nils Allègre. Mais l'essentiel était ailleurs pour les Bleus et pour tous les athlètes du circuit, qui ont dit au revoir à Adrien Théaux.

Agence France-Presse

Le doyen du circuit a décidé de raccrocher les skis après la descente de Courchevel, à 41 ans et après 335 départs en Coupe du monde, dont 13 podiums entre 2010 et 2016 (trois victoires).

Cadre de l'équipe de France de vitesse depuis 15 ans, aux côtés notamment de Johan Clarey et de David Poisson, Adrien Théaux, également médaillé de bronze mondial en super-G en 2015, s'est élancé en dernière position et a pris le temps de savourer son ultime descente.

«Je ne pensais pas faire ma dernière course ici», a affirmé le skieur de Val Thorens, qui n'a pas réussi à se qualifier pour les finales en Norvège.

«Mais, finalement, je pense que je ne pouvais pas rêver mieux. J'ai passé 22 ans en Coupe du monde, toute ma vie sur les skis, c'est ma deuxième famille», a-t-il ajouté, ému, au micro du speaker dans l'aire d'arrivée, devant tous ses proches et ses coéquipiers, dont beaucoup en pleurs.

«Un exemple»

«C'est une belle page qui se tourne. Il mérite qu'on l'attende tous en bas et qu'on lui dise un dernier au revoir», avait souligné son compatriote Maxence Muzaton en début de journée.

La fin de carrière d'"Adri" n'a pas été épargnée par les blessures: fin 2021, alors qu'il revient juste d'une rupture du ligament croisé du genou droit, il chute à l'entraînement à Copper Mountain (Etats-Unis) et est victime de plusieurs factures qui le privent d'une participation à ses quatrièmes JO, à Pékin.

Depuis, il n'a pas réussi à retrouver son meilleur niveau malgré un dernier coup d'éclat quand il a terminé 9e de la descente de Val Gardena (Italie) en décembre.

«Il est revenu de choses très dures, de la perte d'un ami (son coéquipier David Poisson, décédé à l'entraînement en 2017), d'une fracture très complexe du tibia... Je retiens le guerrier et aussi l'ami», a déclaré Nils Allègre. «Je lui ai dit merci. Ca a été un exemple.»

La Coupe du monde se poursuit samedi à Courchevel avec un super-G (11H00).