Gurgl «J'ai pris un pied fou à skier», raconte Paco Rassat après son succès

Melchior Cordonier

22.11.2025

Le skieur savoyard Paco Rassat a remporté samedi à la surprise générale le slalom de Gurgl en Autriche, signant à 27 ans son premier podium et sa première victoire en Coupe du monde de ski.

Agence France-Presse

Q: Quel sentiment domine, à chaud, après cette première victoire en Coupe du monde ?

R: «J'ai du mal à me rendre compte de ce qu'il vient de se passer. Il y a beaucoup de fierté, il y a beaucoup d'émotions. Quand je suis arrivé en bas, +Totor+ (Victor Muffat-Jeandet, 7e) m'a dit que c'était le podium assuré. Il y avait des écarts importants mais je me suis dit qu'il allait peut-être en manquer un petit peu. Et puis après, l'attente était longue, mais quand je me suis rendu compte que c'était bien le podium, c'était un beau mélange d'émotions, surtout de partager ça avec l'équipe. J'ai mis du temps à y croire.»

Q: Comment vous-êtes vous senti sur cette seconde manche que vous avez survolée ?

R: «J'avais des bien meilleures sensations qu'après la première manche, qui avait été assez difficile. Les écarts étaient très serrés donc il y avait tout à faire en deuxième manche. J'ai vraiment pris un pied fou à skier cette deuxième manche, et quand j'ai vu la lumière verte avec 70 centièmes d'avance en bas de la deuxième manche, c'était complètement dingue. Je ne pensais pas faire une manche de ce calibre-là.»

Q: Le groupe de slalomeurs français est très dense et performant, qu'est-ce que ça vous apporte ?

R: «Je vois ça comme quelque chose qui stimule beaucoup. On a une locomotive, on a un leader avec +Clem+ (Clément Noël, champion olympique mais seulement 12e samedi, NDLR) qui ski monstre vite, qui nous pousse tous les jours à donner le meilleur de nous-mêmes. Il y a Steven (Amiez) qui a gagné des manches en Coupe du Monde. Victor (Muffat-Jeandet) qui fait un come-back de fou en slalom (...) Il y a une grosse émulation. Et là ils avaient l'air tous contents pour moi. Avec Steven, on s'est pris dans les bras, on a pleuré tous les deux. Ça fait sept ans qu'on est dans les groupes ensemble. Il fait partie de mes meilleurs potes. On a partagé ça ensemble, tous ensemble.»

Q: Vos parents étaient également sur place, ça rajoute quelque chose à la singularité du moment ?

R: "On est une famille d'amoureux du ski et mes parents aiment vivre cette passion à travers moi. Qu'ils soient là aujourd'hui pour mon premier podium, pour ma première victoire, c'est quelque chose de fou pour nous tous. Mon papa est moniteur, ma maman est pisteur secouriste, donc l'hiver, c'est aussi leur saison et ils ne peuvent pas trop se déplacer en course. Alors qu'on puisse vivre ça tous les trois ensemble, aujourd'hui, c'était dingue. Il y a eu des larmes des deux côtés.

Q: Lors du prochain slalom à Val d'Isère le 14 décembre, vous vous élancerez avec le dossard rouge du leader du classement de la spécialité... Qu'est ce que ça vous fait ?

REPONSE : «C'est un truc de fou. Je n'ai jamais porté le moindre dossard de leader de ma vie, que ce soit en courses régionales, en courses jeunes, en Coupe d'Europe. Je n'ai jamais porté ce dossard et je vais porter celui de la Coupe du Monde, en France. C'est un sentiment particulier et j'ai hâte d'en profiter et de m'exprimer à fond à Val d'Isère devant nos supporters.»