Johan Clarey : «La FIS se ridiculise encore une fois»

Nicolas Larchevêque, à Wengen

14.1.2022

L'«affaire» Vincent Kriechmayr, autorisé à prendre le départ de la descente de Wengen malgré aucun entraînement sur le Lauberhorn, a grandement fait parler vendredi dans la station bernoise. Et certains ne décolèrent toujours pas, à l'image de Johan Clarey, qui n'a pas hésité à critiquer la Fédération International de ski (FIS). Cette dernière s'est expliquée vendredi soir.

Johan Clarey n'a pas été très tendre avec la FIS vendredi à Wengen.
Keystone

Nicolas Larchevêque, à Wengen

14.1.2022

Un nom était au coeur des discussions dans l'aire d'arrivée de Wengen vendredi avant le coup d'envoi de la descente : Vincent Kriechmayr. L'Autrichien a en effet créé - sans le vouloir - la polémique après avoir été autorisé à se présenter dans le portillon malgré le fait qu'il n'ait pas participé au moindre entraînement sur le Lauberhorn.

Positif au Covid-19 en début de semaine, le skieur de la «Wunderteam» avait en effet dû renoncer à s'aligner mardi et mercredi. Sans reconnaissance, il n'aurait pas eu le droit de participer aux courses du week-end, selon le règlement. Mais la FIS en a décidé autrement en lui accordant une autorisation spéciale et en lui organisant «un départ» fictif tôt vendredi matin pour valider son billet pour les descentes.



Si certains ont estimé que cette faveur était acceptable en raison du contexte actuel et de l'expérience de Kriechmayr (il a dévalé la piste de l'Oberland plus d'une trentaine de fois durant sa carrière !), la pilule n'est pas passée chez d'autres. A commencer par une partie des skieurs. Alexis Pinturault s'était notamment insurgé sur les réseaux sociaux, en pointant du doigt la gestion de la FIS. «Jusqu'où ça va aller cette année l'absurdité, l'amateurisme et j'en passe...», avait tweeté le Français.

Et à l'issue de la première descente, les athlètes n'ont pas pu éviter le sujet au moment de passer aux interviews. «Le fait de le laisser partir ouvre le jeu à des spéculations. Mais sportivement, Vincent n'a pas fait exprès de ne pas pouvoir venir ici. Donc c'est bien pour lui. Hier soir (ndlr : jeudi), au «team captain», on a laissé tomber le thème Kriechmayr. Une exception pourrait aussi nous être utile une fois», a toutefois tempéré Beat Feuz après sa troisième place de vendredi.



Tout le contrait de Johan Clarey, qui s'était déjà exprimé sur la toile avant la course. «Je ne suis pas contre Kriechmayr. Dans l'absolu, les règles, il faut les discuter avant, je n'ai pas de problème avec ça. On peut discuter de la règle, du fait que Kriechmayr fasse la descente sans entraînement, c'est discutable. Après, il y a des règles qui ont été mises en place et là on est hors règlement», a ainsi estimé le vétéran français devant la presse.

Clarey : «Il y a eu du favoritisme»

Avant de poursuivre : «Ce que je regrette c'est que, si ça m'était arrivé, je n'aurais pas pu courir. Il y a eu du favoritisme. Quand on est hors règlement, c'est indiscutable. Oui, c'est un scandale, il n'y a pas d'autre mot mais c'est comme ça. Après, il a quand même été bon aujourd'hui (12e), pas trop mauvais et c'est comme ça. Mais je ne trouve pas ça normal.»

S'il ne peut rien reprocher à son concurrent autrichien, Clarey peine à comprendre l'instance dirigeante du Cirque blanc. «La FIS se ridiculise encore une fois. Qui dirige à la FIS ? Je me le demande. Est-ce qu'il y a un patron ? Est-ce qu'on fait respecter les règles ? Je n'ai pas l'impression», a alors pesté le skieur de 41 ans.

«Le jury prendrait exactement la même décision pour tout autre athlète», assure la FIS

Du côté de l'équipe autrichienne, le chef de presse a préféré botter en touche et laisser la FIS s'expliquer. Cette dernière, qui est restée longtemps silencieuse, a finalement indiqué vendredi soir que la décision avait été prise «dans le meilleur intérêt du sport et de l'athlète».

«En ces temps compliqués dus à la pandémie de Covid 19, il est important de trouver des solutions pour permettre à nos athlètes de concourir tant qu'ils peuvent fournir les exigences nécessaires selon les directives Covid de la FIS. La décision n'a pas donné d'avantage à l'athlète et le jury prendrait exactement la même décision pour tout autre athlète dans les mêmes circonstances», a encore assuré la FIS par la voix de Markus Waldner, directeur des courses messieurs.

Quoi qu'il en soit, Vincent Kriechmayr, qui n'y peut absolument rien, a effectué sa première sortie sur le Lauberhorn vendredi, terminant au 12e rang à 1''26 du vainqueur du jour, Aleksander Aamodt Kilde.