Offrant aux géantistes français leur premier podium de cette saison olympique, Léo Anguenot a su rester «calme» pour décrocher samedi la troisième place du géant d'Adelboden (Suisse), dans des conditions compliquées par des chutes de neige. Le skieur tricolore de 27 ans s’est confié à l’AFP dans un entretien téléphonique après le second podium de sa carrière en Coupe du monde.
Léo Anguenot, apparemment, le secret était de skier comme à l'entraînement. C'est vraiment ce que vous avez réussi à faire ?
«C'est ce que j'ai essayé de trouver depuis le début de la saison, où il y avait toujours une erreur ou deux qui me coûtaient très cher (...) Aujourd'hui, je suis resté dans des choses simples, en essayant d'être calme, parce que c'est une piste où il faut être un peu stratégique. On va dire que le calme m'a réussi.»
Comment avez-vous géré les conditions, avec la visibilité réduite et la neige en continu ?
«On s'est entraînés sur la glace juste avant, et je faisais de bons entraînements qui m'ont mis en confiance justement. Et comme en deuxième manche c'est devenu un peu plus froid, ça a encore amplifié cette glace, et limite ça m'a mis encore plus en confiance. Je me suis dit: ‘Tu sais faire, c'est quasiment le même tracé que la première manche, donc fais le même ski et tout ira bien’ (...) Mais c'était un combat: ça tapait un peu sur les entrées (de virage, ndlr), on ne voyait pas où on mettait les pieds.»
En étant 4e après la première manche, comment avez-vous évité de vous laisser gagner par la nervosité ?
«C'était la première fois que je me retrouvais dans cette position. Sur la dernière course à Alta Badia, j'étais neuvième (28e au final, ndlr) et j'étais monté un peu trop tôt au départ. Là j'avais un peu plus calculé le temps qu'il me fallait pour m'échauffer, pour que je n'aie pas trop à attendre au départ, cogiter ou penser à quoi que ce soit.»
A moins d'un mois des Jeux olympiques, ce podium donne confiance ?
«Beaucoup de confiance ! Après, sur le début de saison, il y a eu des secteurs qui étaient aussi bons que la course que j'ai pu faire aujourd'hui. Mais c'est sûr que ça arrive au bon moment, déjà pour la sélection (olympique) puisque avant d'espérer faire une bonne course, il faut déjà y être. Et l'état d'esprit que j'avais aujourd'hui donne aussi la voie à suivre pour pouvoir faire de bonnes courses, que ce soit sur sur les Jeux ou sur le reste de la saison.»
Pour un fan de géant, faire ses deux premiers podiums à Alta Badia (2e fin 2024, ndlr) et Adelboden, les deux courses les plus mythiques, c'est plutôt pas mal ?
«Je n'aurais pas pu rêver mieux, c'est incroyable. Depuis ma première Coupe du monde ici, j'y ai aussi fait mon premier top 30, je rêve de pouvoir être sur le podium: devant le mur d'arrivée, avec le monde qu'il y a, c'est un endroit exceptionnel.»
Que pouvez-vous dire de vos deux acolytes sur le podium, le Brésilien Lucas Pinheiro Braathen (2e) et le Suisse Marco Odermatt, pour sa cinquième victoire d'affilée ici ?
«Je suis très content d'être avec Lucas. On s'est entraînés quelques fois avec lui, on aime bien se tirer la bourre, c'est quelqu'un que j'apprécie et qui fait beaucoup de bien au ski aussi, dans sa manière d'être. Puis Marco, je pense que l'année dernière encore il ne me connaissait pas, et là petit à petit, on discute un peu plus et c'est hyper plaisant de pouvoir se rapprocher.»