Les skieurs suisses ont fait part de leur incompréhension face au maintien du super-G de Beaver Creek, disputé vendredi dans des conditions météorologiques difficiles. «La course n’était pas du tout régulière», a notamment estimé Justin Murisier.
Le super-G de Beaver Creek, qui avait été avancé à vendredi pour bénéficier d’une météo plus clémente, s’est finalement disputé dans des conditions dantesques. Malgré plusieurs interruptions, dont une prolongée après la chute violente mais sans conséquence grave de Franjo von Allmen, les organisateurs ont tenu à maintenir la course... avant de l’arrêter et de la valider après le passage de 31 concurrents.
Un choix qu’on peinait à comprendre dans le camp suisse. «Il y avait des immenses rafales. La course n’était pas du tout régulière. On a senti que la FIS voulait juste envoyer 30 skieurs en bas pour valider les résultats. Pourtant, depuis plusieurs années, on parle de sécurité…», a ainsi pesté Justin Murisier auprès de nos confrères de «SkiActu.ch», présents sur place.
«On sait qu’il peut y avoir des conditions difficiles, mais on a envie d’avoir des courses équitables. C’est bien d’essayer, mais il faut aussi oser arrêter», a ajouté le Valaisan qui a dû se contenter du 16e rang sur la «Birds of Prey».
«Je n’ai pas envie de parler des conditions de course, sinon ce ne sont pas des jolis mots qui vont sortir de ma bouche», a pour sa part lâché Alexis Monney, 17e. «La visibilité allait encore, mais c’est dommage qu’on laisse partir les athlètes avec cinq centimètres de neige fraîche sur la ligne de course. Ce n’était pas très équitable, je sentais freiner comme pas possible sur les plats. Il aurait fallu des lisseurs et des ouvreurs en plus après les interruptions. On est en Coupe du monde tout de même.»
Dernier concurrent à avoir dévalé la piste avant l’arrêt définitif de l’épreuve, Loïc Meillard n’a pas voulu se mettre en danger et s’est stoppé après quelques portes. «Je ne voyais pas où j’allais et le but n’était pas de risquer ma vie. Je me suis protégé, je n’étais pas prêt à tout tenter. On ne voyait pas la ligne, les trous, les bosses. Et on n’a pas le droit de se plaindre, sinon on a une amende…», a expliqué le skieur d’Hérémence.
Odermatt : «Pas la meilleure course, mais...»
Pour Vincent Kriechmayr, qui s’est imposé avec la manière dans la station du Colorado, sa victoire avait un arrière-goût amer. «J'aurais préféré remporter une course dans laquelle tous les concurrents auraient bénéficié des mêmes conditions. Ce n'était pas le cas cette fois-ci», a déclaré l’Autrichien selon les propos rapportés par le «Blick».
Il faut dire que les premiers skieurs à s’élancer, jusqu’à la chute de von Allmen, parti avec le dossard 14, ont pu bénéficier de conditions correctes. C’est ensuite que les choses se sont gâtées. Sorti du portillon de départ en 7e position, Marco Odermatt s’est ainsi montré plus compréhensif que ses coéquipiers. «Oui, il y avait beaucoup de neige, beaucoup de vent, le temps n’a pas arrêté de changer. Ce n’était peut-être pas la meilleure course, mais je pense que ça allait. On a déjà disputé d’autres courses folles», a estimé le Nidwaldien auprès de «SkiActu.ch».
Le quadruple lauréat du gros Globe de cristal n’a alors pas cherché d’excuse pour expliquer sa contre-performance du jour, lui qui a pris la 5e place à 1’’23 du gagnant. «J’ai perdu beaucoup de temps en haut, mais pas seulement à cause du vent : j’ai fait une grosse faute à la première double porte, j’ai skié sur l’extérieur et perdu ma ligne», a analysé «Odi», victorieux jeudi en descente.
Les Suisses bénéficient désormais d’une dernière occasion pour se mettre en évidence à Beaver Creek avec le géant de dimanche. Dans des conditions météorologiques plus clémentes ?