Marco Odermatt : «Si ça devait se décider ainsi, ce serait la pire des choses»

ATS

6.1.2022 - 09:50

Le bilan de Marco Odermatt (24 ans) cet hiver est exceptionnel: quatre victoires, trois places de deuxième dont un premier podium en descente la semaine dernière à Bormio. En onze courses, il ne s'est pas classé dans le top 10 que deux fois.

Marco Odermatt vit un début de saison presque parfait.
Keystone

ATS

6.1.2022 - 09:50

Le Nidwaldien, leader du général de la Coupe du monde, a évoqué avec Keystone-ATS son début de saison et les perspectives pour la suite, avec notamment la menace du Covid-19 et les prochaines étapes d'Adelboden et de Wengen.


Marco Odermatt, tout roule comme sur des roulettes pour vous, avec déjà 745 points avant même le milieu de la saison. N'êtes-vous pas un peu surpris par vos performances ?

«Le début de saison s'est bien déroulé, mais naturellement clairement mieux qu'espéré. Je suis devant dans trois disciplines. C'est vraiment bien allé lors de nombreuses courses, à part le super-G de Val Gardena (24e/réd.) et la descente de Beaver Creek (15e) qui n'ont pas été super.»

Regardez-vous régulièrement les classements de Coupe du monde ?

«Je le fais toujours, mais évidemment pas juste avant un départ en course. Mais quand tes concurrents pour les globes franchissent la ligne d'arrivée, on regarde combien de points environ ils prennent. On a toujours le classement Coupe du monde quelque part dans la tête. Le général est ce qu'il y a de plus important dans notre sport.»

Vous avez déjà une belle avance sur vos concurrents, non ?

«Certes, mais j'ai fait l'expérience la saison dernière qu'on pouvait vite remonter ou perdre. 200 ou même 300 points, cela semble beaucoup. Mais si ton concurrent brille par exemple lors des quatre descentes de janvier et pas toi, ces 200 ou 300 points sont vite rattrapés.»

A fin décembre, après une 2e place en descente à Bormio, vous avez fini 8e en super-G. Combien de temps vous a-t-il fallu pour surmonter la déception de ne pas être monté sur le podium ?

«Un 8e rang reste un top 10, ce n'est pas comme une 25e place. Je sais que je n'aurais pas été loin du podium sans deux ou trois petites fautes. Mais c'est ainsi: quand tu fais 25 courses, tu ne peux pas donner le 100% chaque fois et prendre tous les risques.»



Cet hiver, de nombreux skieurs et skieuses ont manqué des courses suite à des tests positifs au Covid-19. Comment gérez-vous cette situation ?

«Avec ce virus, c'est un gros merdier. Si la course pour les globes devait être décidée en raison d'absences liées au coronavirus, ce serait évidemment la pire des choses pour les personnes concernées. Il faut espérer que la chance soit de notre côté. Mais il serait vraiment bien que la lutte puisse se dérouler de manière correcte.»

S'isoler complètement de tout et notamment des autres, ce ne serait pas la solution idéale pour vous, n'est-ce pas ?

«Pas du tout, je ne serais plus moi-même. Il faut essayer de vivre plus ou moins normalement. C'est comme ça qu'on garde en course le relâchement nécessaire sur les skis. Mais évidemment, tu ne vas pas forcément en sortie ou dans un bar, même si cela serait possible. Je ne pense pas que Mikaela Shiffrin ou Lara Gut-Behrami soient sorties, pourtant elles ont été infectées. On ne maîtrise pas complètement tout.»



Quels sont vos souvenirs d'Adelboden, où vous allez courir ce week-end ?

«Quand j'étais jeune, j'ai toujours regardé la course la plupart du temps à la télévision, mais aussi quelques fois sur place. Le géant d'Adelboden était déjà un grand moment et un rêve dans ma tête. Disputer la course pour la première fois ici était spécial.»

C'était en janvier 2017. Comment aviez-vous abordé ce premier contact avec la piste ?

«J'étais plus nerveux qu'à d'autres endroits. Mais depuis, cela va mieux, aussi grâce à ma 3e place de l'an dernier. Qu'un Suisse monte sur le podium après plus de dix ans d'absence a constitué un certain soulagement. Et dans le deuxième géant, Loïc (Meillard) a aussi fini 3e. Cela va nous aider cette année.»

Alexis Pinturault a gagné trois fois sur cette piste depuis 2017. Le Français sera-t-il l'homme à battre ?

«Pinturault était imbattable à Adelboden l'an passé. Mais il a connu quelques petits problèmes ces dernières semaines. Actuellement, il ne skie pas au même niveau que l'hiver dernier. Cela me donne, ainsi qu'à mes coéquipiers, l'occasion d'espérer être tout devant.»

Après Adelboden, il y aura l'étape de Wengen, qui sera une nouveauté pour vous ?

«Effectivement, je ne suis en effet jamais encore allé à Wengen, même pour une course FIS ou une Coupe d'Europe.»



Vous connaissez néanmoins le Lauberhorn pour avoir suivi les courses à la télévision. Comment allez-vous l'aborder ?

«A la TV, une piste est toujours très différente de la réalité sur place. Mais en gros, je sais ce qu'il y a en haut et en bas. Je vais certainement bien écouter les conseils des entraîneurs ou de Beat (Feuz).»

Vous reconnaissez les parcours avec lui. Est-ce que Beat Feuz vous donne des petits trucs ? Ou l'inverse ?

«On se complète bien avec Beat. J'ai vu que lui aussi aimait bien faire les reconnaissances avec moi. On en profite tous les deux. Pour moi, c'est bien de savoir que je peux aussi lui apporter quelque chose. On discute, on regarde ensemble les passages les plus importants.»

Le programme de Wengen est devenu encore plus intéressant pour vous...

«Tout à fait. Je suis évidemment content que le super-G récemment annulé à Bormio se dispute ici.»

ATS