Dimanche à Levi, à quelques jours d'entrer dans sa trentième année, Tanguy Nef remet le dossard avec confiance et appétit pour le premier slalom de la saison 2025/26. Après l'hiver le plus abouti de sa carrière, le Genevois entend confirmer… et plus si affinités.
Ce dimanche 16 novembre, le slalomeur genevois Tanguy Nef lancera sa huitième saison au plus haut niveau sur la neige finlandaise de Levi, là où il avait signé l'an dernier le premier top 5 de sa carrière.
Calendrier 2025/26 de la Coupe du monde de ski alpin
Du 25 octobre 2025 au 25 mars 2026, l'élite mondiale du ski alpin disputera plus de 80 courses. Voici le calendrier complet de ces épreuves, réparties dans 13 pays.
«La Levi Black est une piste que j'aime beaucoup et ce résultat m'avait allégé d'un poids. Après cela, tout s'était bien enchaîné, j'étais resté bien concentré sur l'entier de la saison et ma médaille d'argent aux Mondiaux de Saalbach en combiné par équipe (ndlr : avec Alexis Monney), c'était la cerise sur le gâteau. Preuve que j'avais bien géré ma saison, c'est que j'avais bien skié jusque sur les dernières courses. C'était très positif et ça m'a donné beaucoup de motivation et de confiance pour la saison qui arrive», nous confiait-il y a un mois à Dübendorf en marge de la traditionnelle journée de remise du matériel de Swiss-Ski.
Les sports aquatiques comme soupape
Après donc avoir bouclé la plus belle saison de sa carrière, qui lui a valu au printemps une promotion du cadre A à l'équipe nationale, le Genevois de 28 ans a pu partir en vacances l'esprit léger. «Je dis souvent que, pendant l'hiver, je me mets un peu des œillères pour me concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire skier vite, et éviter de trop tergiverser ou me disperser. Mais du coup, c'est parfois difficile de profiter pleinement et c'est là où les moments de repos et la période estivale jouent un rôle essentiel», confie-t-il.
Durant l'été, loin des piquets, le technicien s'est notamment adonné aux joies du pump foil. «Les autres jouent beaucoup au golf, moi j'aime bien les sports aquatiques. Il n'y a pas trop de risques de blessures, ça me permet de me vider la tête, ça travaille aussi la proprioception et des muscles différents. Et puis, je le fais avec ma copine, mes amis... et ça me permet d'aller dans des endroits où il fait beau et chaud et de changer un peu de cette routine de la salle. C'est un bon moyen de se libérer, et ça me donne beaucoup de fraîcheur et d'énergie quand ensuite je retourne à mon travail ‹habituel›, sur les skis ou à la salle», révèle le skieur de Veyrier.
Du bout du lac à l'autre bout de la terre
La salle, le diplômé du Dartmouth College n'a toutefois pas pu y couper durant la préparation estivale. Après avoir sué sous la supervision d'Andrea Viano, le coach de condition physique de l'équipe masculine de slalom, Tanguy Nef et ses collègues techniciens se sont envolés fin août pour la Nouvelle-Zélande, où ils ont skié pendant seize jours.
«Même si ça paraît peu, ce sont seize jours très intensifs : on skie sur de la glace, dans des conditions comparables à celles des courses les plus difficiles de l'hiver. Le but c'est de faire de la répétition, disputer un maximum de manches. On en fait six à huit par jour avec le but de faire de la qualité sur trois ou quatre d'entre elles», explique Tanguy Nef.
De retour en Suisse, il a pris le temps de récupérer avant de relancer la machine. «J'aime fonctionner par cycles, en alternant haute intensité et repos pour reprendre de la fraîcheur», partage le Veyrite.
Pas de pression, mais de l'ambition
S'il assure «ne pas se mettre de pression», Tanguy Nef affiche des ambitions claires pour cette saison 2025/26. Neuvième du classement mondial, il espère d'entrée produire du bon ski sur ses lattes Atomic afin de grappiller les quelques points qui lui manquent pour intégrer le top 7 et ainsi obtenir un meilleur dossard encore. Il verrait alors ses chances de «trouver les bonnes clés, le bon jour» et enfin décrocher ce podium qui lui échappe encore en Coupe du monde maximisées.
«Quand tu es dans les sept, on parle très sérieusement d'un prétendant au podium. Après, je ne suis pas souvent parti dans les quinze (ndlr : trois fois, lors des trois dernières courses de la saison 2024/25)», ironise le slalomeur genevois.
Le grand objectif de l'hiver, toutefois, se situe ailleurs. «J'ai toujours beaucoup apprécié les Jeux olympiques. La médaille olympique est quelque chose qui représente énormément pour moi, donc ça sera la grosse course de mon hiver», dévoile le médaillé de Saalbach. Le rendez-vous est pris.