La 96e édition des courses du Lauberhorn s’est conclue dimanche par la victoire en slalom d’Atle Lie McGrath, devant son pote Lucas Pinheiro Braathen et son coéquipier Henrik Kristoffersen. Côté suisse, la journée a été marquée par la folle remontée de Matthias Iten. Retrouvez les réactions des slalomeurs helvétiques, de leur entraîneur Matteo Joris ainsi que celles des deux Norvégiens montés sur le podium.
4ème à +1’’30 d’Atle Lie McGrath
Loïc Meillard
«Frustration, je ne pense même pas que ce soit le bon mot pour décrire ce que je ressens. Je suis juste énervé de ne pas avoir réussi à montrer le ski que je sais faire et de ne pas avoir trouvé les clés en deuxième manche. Quand tu termines à quelques centièmes après une grosse manche, on peut parler de frustration. Mais quand tu perds huit ou neuf dixièmes face à des skieurs partis avec le même dossard, c’est juste de l’énervement. Je n’ai jamais trouvé le rythme, le rail, et dans ces conditions, ça ne pardonne pas. Matthias montre depuis quelque temps qu’il peut skier vite. Qu’il ait réussi à le faire aujourd'hui en course, qu’il ait su saisir sa chance sur une des pistes les plus difficiles, chapeau à lui.»
6ème à +2’’07 d’Atle Lie McGrath
Matthias Iten
«C’est incroyable. Honnêtement, je ne sais presque pas quoi dire. Aujourd’hui, quand j’ai su que j’étais qualifié pour la deuxième manche, je me suis simplement dit : attaque avec le cœur et on verra ce que ça donne. Et au final, je me retrouve avec une qualification pour les Jeux. Quand on est gamin, on regarde toujours les Jeux olympiques. C’est le rêve ultime. Passer tout ce temps sur le «hot seat», en plus devant le public suisse, c’était juste génial aussi. Je n’ai jamais vraiment pensé au podium. Mais au fil des passages, top 10, puis top 7, ça devenait de plus en plus fou. Je ne sais même pas comment l’expliquer. Skier avec du plaisir, avec de la joie, c’est comme ça que ça fonctionne le mieux.»
18ème à +2’’99 d’Atle Lie McGrath
Daniel Yule
«C’est un pas dans la bonne direction, mais c’est quand même frustrant, parce qu’il y avait de très bonnes choses aujourd’hui. J’ai commis deux fautes en deuxième manche qui me coûtent très cher et qui sont frustrantes, mais au moins j’avais de nouveau l’impression de faire du slalom. Il me reste désormais une course pour valider mon billet pour les Jeux à Bormio, donc je vais essayer de mettre les gaz. Mais forcément, quand les centièmes n’aient pas été de mon côté aujourd’hui, ça rend la chose encore plus frustrante. (ndlr : il termine à huit centièmes du top 15). À moi maintenant de me concentrer sur Kitzbühel et de gommer les erreurs commises ici. On a beau faire tous les kilomètres du monde à l’entraînement, parfois ça ne suffit pas. Il faut aussi faire des kilomètres en course pour retrouver pleinement la confiance et j’espère que j’en ferais quelques bons à Kitzbühel. Mais une chose est sûre : je ne vais pas lâcher le morceau.»
Entraîneur en chef des slalomeurs suisses
Matteo Joris
«C’est vraiment très positif que Matthias ait validé aujourd’hui les critères de sélection pour les Jeux. C'est bien d'avoir déjà trois slalomeurs fixes, notamment en vue du combiné, une épreuve dont on attend beaucoup après notre démonstration aux Mondiaux de Saalbach. À Kitzbühel, deux autres pourront encore se battre pour un ticket, je pense. Il n’a pas manqué grand-chose à Daniel aujourd’hui, mais c’est déjà très encourageant de l’avoir vu skier de manière plus solide, avec davantage de confiance.
Si avant ça suffisait de faire 80% des virages sur la taille, aujourd’hui ça ne suffit plus : tu es dehors des 30. Il faut attaquer tous les virages à fond. On l’a vu avec Loïc en deuxième manche : il n’a pas trouvé le rythme dès le départ et je pense que c’est surtout ça qui l’énerve. Pas tant le résultat en lui-même, mais le fait de ne pas avoir trouvé le bon feeling. Le slalom c’est comme ça désormais, il faut vraiment prendre des risques. Aujourd’hui, on s’est retrouvés pris en sandwich par les Norvégiens. On sait à quel point ils sont forts, et c’est à nous de travailler encore pour parvenir à les battre.»