Crans-Montana
"Si je vais réussir à skier comme avant? Je me pose la question..."

Chris Geiger, à Crans-Montana.

23.2.2019

Opérée en octobre dernier du genou gauche et forfait pour l'intégralité de la saison, Mélanie Meillard a donné de ses nouvelles samedi en marge de la descente de Coupe du monde de Crans-Montana. Interview.

Mélanie Meillard: "J'espère pouvoir remettre mes skis fin mars ou début avril."
Mélanie Meillard: "J'espère pouvoir remettre mes skis fin mars ou début avril."
Keystone

Mélanie Meillard, vous retrouver ici dans la raquette d'arrivée et regarder la descente de Crans-Montana doit vous démanger...
"C'est sûr que ça donne envie de skier, mais c'est une discipline que je ne pratique pas. Ce n'est pas comme si c'était un slalom ou un géant auquel j'aurais dû participer. Par contre, c'est sûr que ça fait plaisir de revoir les copines de la vitesse et d'être à nouveau un peu dans le circuit."

D'ailleurs, envisagez-vous de vous mettre à la vitesse à votre retour de blessure?
"Non, je n'ai aucune envie de m'élancer en vitesse, en tout cas pas en descente. Il est vrai que le Super-G pourrait m'attirer, mais pas dès la saison prochaine pour mon retour de blessure. Je veux déjà revenir à mon meilleur niveau dans les disciplines techniques. Mais non, la descente n'est pas du tout dans mon esprit."

Comment se passe votre rééducation?
"J'en suis à quatre mois et demi et ça se passe bien pour le moment. Je suis dans la bonne direction, je constate que ça se passe mieux que lors de ma première rééducation (ndlr: Mélanie Meillard s'était blessée une première fois avant les Jeux olympiques de PyeongChang). Cette fois, je peux faire bien plus de choses. J'espère d'ailleurs pouvoir remettre mes skis fin mars ou début avril, mais on verra comment ça se passe. Je n'ai pas de dates précises pour l'instant, je ne suis pas à une semaine près. Pour le moment, je peux déjà faire du ski de fond et de la peau de phoque, donc ça se rapproche déjà un peu du ski alpin."

A quel stade de votre rééducation êtes-vous?
"Je suis actuellement en plein dans la force et la vitesse. Mais je fais attention à ne pas trop surcharger le genou. C'est pourquoi j'ai aussi le physio tous les soirs. Tout avait été bien planifié depuis le début, donc tout va bien. Et comme j'avais déjà vécu une première fois cette même rééducation, j'avais déjà une base pour me situer."

Cette première blessure vous a donc été utile?
"Oui, elle m'a aidé. La première fois, c'était une surprise, l'inconnue même. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Lorsque quelque chose n'allait pas, je ne pouvais pas le dire. Cette fois, je savais ce qu'il m'attendait, même si ce n'était pas totalement la même opération. Mentalement, ce n'était pas facile au début de recommencer. Mais j'ai pu me situer par rapport à la première fois et cela m'a servi."

Pour le moment, comment vivez-vous cette saison loin des pistes?
"Il est vrai que lors des épreuves techniques, j'avais envie de prendre le départ. Mais, dès le début, il était prévu que je n'allais pas skier, donc j'avais eu le temps de m'y préparer. Sinon je supporte les Suissesses et, lorsqu'elles réalisent de bons résultats, je suis très contente pour elles."

Qu'est-ce qui vous manque le plus?
"Skier et faire des virages me manquent, davantage que l'adrénaline des courses. Mais c'est surtout l'esprit de groupe qui me manque, car se retrouver toujours toute seule à la maison n'est vraiment pas facile."

Arrivez-vous tout de même à garder contact avec vos coéquipières?
"Je ne suis pas le style de filles qui va téléphoner à mes camarades après chaque course, mais on s'écrit lorsqu'elles font de bons résultats. Nous nous sommes également écrites avec Michelle Gisin quand elle s'est blessée. Mais ce n'est pas tous les jours ni autant régulier qu'avant ma blessure."

Est-ce que vous vous fixez déjà des objectifs pour votre retour à la compétition?
"Non, cela fait plus d'une année que je n'ai pas remis mes skis. C'est tellement long... Pour moi, l'objectif est de skier à nouveau et de retrouver mon niveau. Je me fixerai des objectifs lorsque j'aurai repris les courses."

Avez-vous d'ailleurs peur d'avoir perdu votre niveau, vous qui étiez en pleine progression...
"Ce sont des questions qu'on se pose. Est-ce que je vais réussir ou pas à skier comme avant? Il est vrai que cela me trotte parfois dans la tête. Mais je suis bien entourée et on me rassure là-dessus. Je sais également que j'aurai le temps de retrouver mon niveau durant la préparation d'été."

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