Teichmann: "Cette année, l’US Open n’est qu’un business"

ATS

28.6.2020

A Neuchâtel, Jil Teichmann a retrouvé avec une immense envie le tennis de compétition. La 63e mondiale a enlevé la deuxième étape des N-Series de Swiss Tennis pour se remettre dans le bon sens de la marche.

Jil Teichmann a enlevé la deuxième étape des N-Series de Swiss Tennis.
Keystone

Victorieuse 4-6 6-3 10/7 d’une Ylena In-Albon qui vaut mille fois mieux que son matricule 494 à la WTA, Jil Teichmann a rappelé sur les courts du TC Mail que la terre battue était bien sa surface de prédilection. «Même si l’accent en début d’année a été mis sur sa progression sur les revêtements rapides, souligne son coach Alberto Martin. Elle est sur la bonne voie pour devenir une joueuse complète. Sans oublier une seule seconde que la terre battue demeure «sa» surface.»

Un classement protégé mais équitable

Dans un mois, c’est sur terre battue que Jil Teichmann retrouvera le Circuit. Elle s’alignera à Palerme où elle a un titre à défendre, mais fort heureusement pour elle pas tous les points remportés l’an dernier en Sicile. «En raison de la pandémie de COVID-19, nous sommes toutes au bénéfice d’un classement protégé jusqu’à la fin de l’année, explique-t-elle. Je sais qu'un tel classement me favorise dans la mesure où mes titres à Prague et à Palerme seront comptabilisés plus que 52 semaines. La WTA a toutefois fait preuve de légitimité, de justice. Qu’aurait-on dit si Ashleigh Barty et Simona Halep avaient perdu leurs points de Roland-Garros et de Wimbledon sans être en mesure de les défendre?». Elle ne jouera donc pas sa place dans le top 100 de la WTA à Palerme sur le tournoi du restart qui comportera bien des aléas. «S’il a lieu. Rien n’est plus vraiment sûr depuis ce qui s’est produit lors de l’Adria Tour en Serbie et en Croatie», souffle-t-elle.

Celle qui a – «très bien» vécu son confinement à Zoug auprès de ses parents – mettra ensuite le cap sur les Etats-Unis. Elle est inscrite au tournoi de Cincinnati, délocalisé à Flushing Meadows, et bien sûr à l’US Open. Elle s’attend donc à vivre quatre semaines cloîtrée dans un hôtel avec l'interdiction d'en sortir sauf, bien sûr, pour aller au stade. «Je pense qu’Uber Eats va réaliser un sacré chiffre d’affaires, sourit-elle. Nous serons, en effet, près de 600 à vivre un nouveau confinement.»

58'000 dollars garantis

Même si le règlement ne l'impose pas de disputer l’US Open, Jil Teichmann n’a pas vraiment le choix. «Les tournois du Grand Chelem sont mon gagne-pain, dit-elle. Avec le prize-money assuré pour le premier tour (réd: 58'000 dollars à New York), je couvre les frais de mon année.» Elle a pris connaissance des mesures de protection édictées par la Fédération américaine (USTA) avec un certain fatalisme. «Une fois arrivée à l’hôtel, je serai testée au COVID-19. Je devrai ensuite attendre trois ou quatre heures le résultat dans le lobby, explique-t-elle. Ensuite s’il est négatif, on me donnera la clé de ma chambre. Mais rien n’est défini sur ce qui peut se passer si le test est positif...»

A ce jour, Jil Teihmann n’a pas encore subi le test du COVID-19. «Je le ferai de toute manière avant de prendre l’avion pour New York pour ne pas traverser l’Atlantique pour rien», lâche-t-elle. Ce deuxième périple de l’année aux Etats-Unis après celui qui l’a conduit à Indian Wells en mars dernier – «Je suis arrivée le dimanche en Californie pour repartir en Suisse le mercredi en raison de la pandémie», se souvient-elle – ne l’enchante pas. «On jouera sans public. Dans une sorte de bulle. Cette année, l’US Open n’est qu’un business», déplore-elle. Elle sait que l’unique raison qui a poussé l’USTA d’organiser coûte que coûte l’édition 2020 de l’US Open est ce contrat de 70 millions de dollars que la lie avec ESPN.

Après New York, elle espère que la saison sur terre battue se déroulera normalement. A Madrid, Rome et à Paris, elle entend démontrer qu’elle est aujourd'hui une joueuse parfaitement «établie». «J’ai accédé au top 100 de la WTA l’an dernier. Est-ce-qu’il s’agit d’un pas décisif dans ma carrière? Je l’espère bien mais je sais combien tout cela est fragile, dit-elle. Il suffit d’une blessure, d’un blocage dans la tête pour que tout s’effondre...» A entendre le discours de son coach, on a plutôt le sentiment que tout commence pour elle!

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