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Novak Djokovic a lancé un plaidoyer en faveur d'une meilleure protection de la santé des joueurs.
IMAGO/BSR Agency
Après sa victoire difficile au premier tour de Wimbledon, Novak Djokovic a lancé un plaidoyer en faveur d'une meilleure protection de la santé des joueurs. Le Serbe réclame également une révolution pour attirer un nouveau public vers le tennis.
Novak Djokovic était agacé, après sa victoire au premier tour de Wimbledon. D’abord, il a dû attendre longtemps avant de pouvoir entamer lundi soir son 21e tournoi sur le gazon londonien, puis voilà qu’un joueur chinois quasi inconnu lui donne du fil à retordre. Le recordman des tournois du Grand Chelem, qui n’a encore jamais perdu au premier tour à Wimbledon, peine à trouver ses marques. Lourd sur ses appuis, le Serbe a glissé à plusieurs reprises et est même tombé de manière assez peu gracieuse et apparemment douloureuse.
Il a fini par s’imposer en quatre sets face à Wu Yibing, 102e mondial, terminant tout de même sa journée peu avant 22h30. Lors de la conférence de presse qui a suivi, le match n’était toutefois plus d’actualité. Djokovic a plutôt entamé un plaidoyer en faveur d’une révolution dans le monde du tennis. La première question portait sur le nombre croissant de blessures, notamment chez les jeunes joueurs. Ainsi, Carlos Alcaraz, Lorenzo Musetti ou Holger Rune, entre autres, sont absents de Wimbledon. Dans un long monologue, Djokovic a fait part de ses réflexions et de ses inquiétudes.
«C’est une bonne question, cette observation sur les blessures est tout à fait juste», a-t-il constaté. Le septuple vainqueur de Wimbledon identifie une cause majeure dans la commercialisation croissante de ce sport, aux conséquences directes pour les joueurs.
Les tournois Masters 1000, dont la durée a été étirée à douze jours, ont été l'une des cibles de ses critiques. «D’un point de vue commercial, c’est une bonne chose», a déclaré Djokovic. «Mais pour qui ? Pas pour les joueurs, mais pour les organisateurs des tournois. Oui, ils investissent de l’argent dans les installations. Les joueurs en profitent pendant deux semaines, eux toute l’année.»
D'une manière générale, Djokovic estime que la structure du tennis ne fonctionne pas bien. «Toutes les parties prenantes devraient se réunir dans une salle et discuter en profondeur de la direction que doit prendre ce sport.» Il ne souhaite pas remettre en cause les matches traditionnels en cinq sets lors des quatre tournois du Grand Chelem. Mais pour le reste, il plaide en faveur d’un raccourcissement des matches. «Le fan moyen de tennis a 61 ans», cite le Serbe en référence à une étude qu’il avait autrefois commandée en collaboration avec l’association de joueurs PTPA, dont il est l’un des cofondateurs. «Comment attirer les jeunes vers le tennis ? Ils ne vont pas rester assis pendant des matches de quatre ou cinq heures.»
Djokovic appelle donc à une véritable révolution. «Nous devons expérimenter d’autres formats sur le circuit. Des matchs plus courts, plus de dynamisme, quelque chose d’intéressant.» Dans le monde conservateur du tennis, ancré dans de nombreuses traditions, de telles tentatives ont jusqu’à présent toujours échoué.
L'homme aux 24 titres en Grand Chelem est d’autant plus une voix forte qu’à 39 ans, il ne profiterait guère de tels changements. On peut donc le croire lorsqu’il affirme être sincèrement préoccupé par l’avenir de ce sport, sans arrière-pensées personnelles. Il défendra d’ailleurs à nouveau ses sept titres à Londres mercredi, au deuxième tour, face à Stefanos Tsitsipas, ancien finaliste de Grand Chelem désormais relégué à la 87e place.