Le vétéran français Gaël Monfils, éliminé lundi au premier tour de son 19e et dernier Roland-Garros par son compatriote Hugo Gaston, s'est dit «comblé» par sa dernière danse porte d'Auteuil.
Dans quel état d'esprit êtes-vous entré sur le court ce soir?
«C'est très bizarre, j'ai essayé de bloquer mes émotions d'une certaine manière. Au fond de moi, c'est très dur, je sens que je vais passer une nuit difficile. C'est un mélange de joie et de tristesse. Quand je suis entré sur le court, c'était une expérience nouvelle pour moi. Ce n'était pas un match ordinaire. Je me sentais différemment dans mon corps, Hugo jouait super bien. J'ai dû reprendre le contrôle de mon esprit et de mon corps. J'ai essayé de me reconnecter avec moi-même. Puis j'ai commencé à avoir une meilleure vision de ce que je voulais faire.»
Vos adieux à Roland-Garros ressemblent-ils à ce dont vous rêviez?
«Franchement, même dans mes rêves les plus fous je ne l'imaginais pas comme ça. C'était exceptionnel, une chance de malade. Ce que j'ai reçu jeudi (quand il a organisé la soirée d'adieux caritative «Gaël and Friends» sur le Central, NDLR) et ce (lundi) soir, c'est gravé à jamais. C'est une chance inouïe, quelque chose qui sera gravé à jamais dans mon cœur. Je sors d'ici comblé.»
Votre adversaire Hugo Gaston avait l'air partagé entre joie de passer au deuxième tour et tristesse d'avoir mis fin à votre dernier Roland-Garros...
«Récemment, on s'est beaucoup entraînés ensemble, donc forcément je pense que c'était un peu plus dur pour lui de me ‹finir›, on va dire. Mais franchement, perdre contre quelqu'un que tu apprécies, c'est cool.»
Au vu de votre classement actuel, vous aurez besoin d'invitations pour intégrer le tableau final des tournois ATP et du Grand Chelem. Quels tournois espérez-vous disputer d'ici la fin de l'année?
«C'est une excellente question. Mon agent aimerait que je dispute beaucoup de tournois (sourire). Il a demandé une ‹wild card› (invitation, NDLR) pour Wimbledon, donc on va attendre et on verra. Je sais qu'il y a beaucoup de candidats et il me semble que pas mal de gars la méritent plus que moi. Ensuite, je dois décider si je vais ou pas au WTA 500 de Washington. Je pense que je demanderai aussi (une invitation) pour le Masters 1000 de Montréal. Ensuite je veux rentrer en Europe pour la première rentrée scolaire de ma fille. Je demanderai (...) une wild card pour l'US Open. Puis je jouerai le tournoi de Lyon en fin d'année, mon agent aimerait que je joue à Vienne et j'espère ensuite finir au Masters 1000 de Paris.»
Le Masters 1000 de Paris ne se disputera que début novembre. Comment comptez-vous maintenir votre motivation et votre niveau de forme physique jusque-là?
«J'ai un souhait: j'ai envie de jouer bien jusqu'à 40 ans. Malheureusement, je suis né en septembre (sourire). Donc mon agent sait que je suis concentré au moins jusqu'à mes 40 ans. (...) La terre battue, on ne va pas se le cacher, ça fait quand même trois, quatre ans que je peine beaucoup dessus. Un bon dur américain, ça va m'aider!»
Propos recueillis en conférence de presse.