Est-ce vraiment la chance de la débutante? Loïs Boisson, joueuse la moins bien classée des huitièmes de finale (WTA 361) qui dispute son premier Roland-Garros, a renversé la no 3 mondiale Jessica Pegula 3-6 6-4 6-4.
L'histoire est d'autant plus belle que la jeune Française de 22 ans, qui disputera à la Russe Mirra Andreeva (WTA 6) une place en demi-finale, revient d'une longue convalescence après s'être déchiré un ligament du genou gauche juste avant la précédente édition de Roland-Garros.
«J'avais confiance, je savais que je pouvais le faire mais je savais qu'elle était super forte. Quand j'ai vu qu'il y avait match, j'ai donné tout ce que j'avais et c'est passé, donc c'est incroyable», s'est-elle réjouie après être sortie victorieuse d'un combat de 2 heures 40 minutes.
Alors qu'elle avait été gênée par une douleur à la jambe gauche au tour précédent contre sa compatriote Elsa Jacquemot, la Française n'en portait aucun stigmate lundi à l'heure de défier la finaliste du dernier US Open , même si elle a mis du temps à se libérer de l'enjeu du match.
Coup droit ravageur
Peu aidée par le public du court Philippe-Chatrier qui a longtemps sonné creux, il a fallu attendre 3-3 dans le deuxième set et un lob parfaitement dosé de la Française après une montée au filet de Pegula pour sortir les spectateurs de leur torpeur.
«Même s'il n'y avait pas grand monde, on les entend quand même sur le Central», a nuancé la Française.
A partir de ce moment-là, Boisson est montée en puissance, prenant tous les risques, variant enfin son jeu avec des amorties bien exécutées et des coups gagnants sous l'oeil médusé de la no 3 mondiale, comme ce puissant revers à deux mains qui lui a permis de prendre la mise en jeu de Pegula et de mener 5-4 dans le deuxième set.
La dernière manche a donné lieu à des jeux d'anthologie, notamment les deux derniers. Dès que Loïs Boisson faisait durer les échanges, l'Américaine finissait par craquer. Cette dernière n'est pas surprise de la voir jouer à ce niveau.
Mais alors qu'elle servait pour le match, la Française a dû sauver quatre balles de débreak avant d'arracher finalement une victoire de prestige, grâce à une première balle à 190 km/h suivie d'un coup droit surpuissant, son coup signature qui fait des ravages depuis le début du tournoi.
«La balle de match, j'avoue que j'étais assez tendue parce que j'en ai eu qu'une. J'espérais vraiment la faire sur celle-là. Quand j'ai vu que mon coup droit était gagnant, tout s'est libéré. Toute la pression, tout le stress de la fin du match», a raconté la Tricolore.
Et, pourquoi pas, aller jusqu'au bout? «J'espère gagner», a lancé Loïs Boisson sur le Central, ovationnée par le public.