Iga Swiatek a savouré en conférence de presse un titre «inattendu» samedi à Wimbledon. Il s'agit de son premier tournoi remporté sur gazon.
- Parmi vos six titres en Grand Chelem, où classez-vous cette victoire?
«Mon Dieu, c'est toujours la question la plus difficile! Je ne sais pas. Je pense que le fait que je le gagne sur gazon le rend évidemment un peu à part, plus inattendu. J'ai l'impression de ressentir des émotions plus fortes car à Roland-Garros par exemple, je sais que je peux bien jouer et le montrer chaque année. Ici à Wimbledon, je n'en étais pas certaine. Je ne vais pas classer mes victoires en Grand Chelem parce que j'ai énormément de respect pour les trois autres tournois, ça n'a pas de sens d'en choisir un plus qu'un autre. Aujourd'hui (samedi), je voulais juste profiter du moment sur le Central et savourer les dernières heures où je jouais bien sur gazon. Parce que qui sait si ça va se reproduire à l'avenir?»
- Est-ce que le fait de ne pas être favorite et d'avoir reculé au classement WTA (4e) vous a ôté de la pression?
«Ce n'est pas une question de classement, tout dépend plutôt de comment tu te sens à l'instant T. Je ne suis plus no 1 mondial depuis le début de l'année (depuis octobre 2024). Bien sûr, ça me manque, j'adorerais qu'il en soit autrement. Mais d'autres joueuses ont livré de super tournois, j'ai manqué la tournée en Chine (à l'automne 2024). Donc je savais que mon classement n'allait pas être au plus haut, surtout avec autant de points à défendre sur terre battue. Mais en réalité, et en particulier ici, ça n'avait pas vraiment d'importance car je me suis tellement concentrée sur mon développement en tant que joueuse et la façon d'améliorer mon jeu sur gazon que mon esprit était déjà occupé par autre chose que les points et le classement.»
- Après un début de saison en dessous de vos standards, avez-vous l'impression d'avoir prouvé quelque chose avec votre victoire 6-0 6-0 sur la surface qui vous convenait le moins?
«En tant que figures publiques, en tant que sportifs, on ne peut pas réagir à tout ce qui est dit sur nous, on doit se concentrer sur nous-mêmes. C'est plus facile à certains moments qu'à d'autres. C'est sûr que ces derniers mois, la façon dont j'ai été décrite dans les médias, et malheureusement les médias polonais en particulier, n'était pas très agréable. J'espère qu'ils me laisseront en paix et me laisseront faire mon travail car j'ai démontré qu'on savait ce qu'on faisait (avec son équipe) et que je me suis entourée des meilleures personnes. Je sais que les gens veulent toujours plus, mais il s'agit de mon parcours, ma vie et ma carrière.»
- Le fait d'être la première Polonaise à gagner Wimbledon vous rend-il fière?
«C'est clair que ma nationalité est une partie importante de mon identité. Mais je ne dirais pas que mon pays avait besoin de moi, la Pologne a déjà eu des bons joueurs sur gazon: Agnieszka (Radwanska, qui avait atteint la finale à Wimbledon en 2012), des joueurs de double, de double mixte... Mais bien sûr, j'espère que j'inspirerai des gens.»