«Il était clair que ses réponses étaient influencées par d'autres»

ATS

27.11.2021 - 10:04

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27.11.2021 - 10:04

Le président de la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, «demeure profondément inquiet» quant à la liberté de parole de la joueuse chinoise Peng Shuai qui avait accusé début novembre un haut dirigeant de son pays d'un rapport sexuel forcé, a indiqué samedi une porte-parole à l'AFP.

MELBOURNE, AUSTRALIA - JANUARY 23:  Shuai Peng of China serves in her third round match against Yaroslava Shvedova of Kazakhstan during day five of the 2015 Australian Open at Melbourne Park on January 23, 2015 in Melbourne, Australia.  (Photo by Scott Barbour/Getty Images)
La joueuse chinoise Peng Shuai
Getty Images

Steve Simon «demeure profondément inquiet concernant la liberté de Peng vis à vis de toute censure ou coercition et a décidé de ne pas reprendre contact avec elle via email tant qu'il ne serait pas certains que ses réponses seraient personnelles et non celles de ses censeurs», a déclaré la porte-parole.

«Steve Simon a contacté Peng Shuai via différents canaux de communication. Il lui a envoyé deux emails, mais il était clair que ses réponses étaient influencées par d'autres», a expliqué la porte-parole.

Elle n'a en revanche pas souhaité revenir sur une information de la BBC s'appuyant sur les déclarations d'un «ami» de la joueuse et selon lesquelles elle aurait envoyé un email à Steve Simon, le remerciant de son inquiétude, mais lui demandant de ne pas intervenir afin de la laisser «tranquille».

Message sur sa relation

La sportive de 35 ans, championne du double à Roland-Garros en 2014, avait publié début novembre sur le réseau social chinois Weibo un long message sur sa relation avec l'ex-vice Premier ministre Zhang Gaoli, de 40 ans son aîné.

Dans ce texte en forme de lettre ouverte rapidement censuré sur l'internet chinois, elle s'épanchait longuement sur ses sentiments à l'égard de l'ex-dirigeant, retraité depuis 2018. Elle lui reprochait notamment de l'avoir forcée à une relation sexuelle il y a trois ans.

De nombreuses stars du tennis mondial, de Chris Evert à Novak Djokovic et plusieurs pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis mais aussi l'Union européenne et l'ONU, ont demandé à Pékin de faire la lumière sur le sort de Peng Shuai.

La jeune femme est réapparue le week-end dernier dans un restaurant de Pékin et lors d'un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des médias officiels.

Discussion avec Thomas Bach

Dimanche, elle a aussi dialogué par visioconférence avec le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach.

Selon le CIO, Peng Shuai a expliqué qu'elle était «saine et sauve à son domicile à Pékin mais qu'elle aimerait que sa vie privée soit respectée».

Et mardi, c'est Pékin qui a appelé à ne pas «politiser» ni «monter en épingle» l'affaire Peng Shuai, dans une rare réaction officielle aux accusations portées par la joueuse.

ATS