Open d’Australie «Vaincre la nature» ? L’impossible défi de Novak Djokovic

Nicolas Larchevêque

18.1.2026

Avec deux monstres à battre pour décrocher un improbable 25e titre du Grand Chelem, Novak Djokovic se retrouve face à un impossible défi avant de débuter son 21e Open d'Australie.

Pour décrocher un improbable 25e titre du Grand Chelem, Novak Djokovic se retrouve face à un impossible défi à Melbourne.
Pour décrocher un improbable 25e titre du Grand Chelem, Novak Djokovic se retrouve face à un impossible défi à Melbourne.
IMAGO/PRESSE SPORTS

Agence France-Presse

Comme il y a eu le Big3 Roger Federer-Rafael Nadal-Novak Djokovic, il y a désormais le duo Jannik Sinner-Carlos Alcaraz et tout autre joueur semble écarté d'emblée de la course aux grands titres.

«Je me rends compte que Sinner et Alcaraz sont en ce moment sur une autre planète (...) Mais ça ne veut pas dire que personne d'autre n'a ses chances. J'ai toujours mes chances, à chaque tournoi, et en particulier ici» à l'Open d'Australie, assure pourtant le Djoker qui est toujours no 4 mondial.

L'an dernier, l'Italien (Australie et Wimbledon) et l'Espagnol (Roland-Garros et US Open) se sont partagé les quatre Majeurs. À quatre reprises, Djokovic était en demi-finales, mais pas mieux. Melbourne, où il a triomphé à dix reprises en vingt participations, semble être sa meilleure chance d'établir le record absolu hommes et femmes confondus de titres du Grand Chelem.

«En bonne santé, je peux battre n'importe qui»

Côté motivation, Djokovic est là. «Je sais que quand je suis en bonne santé, quand je peux mettre en place toutes les pièces du puzzle le jour J, je peux battre n'importe qui, affirme-t-il. Si je n'avais pas cette confiance en moi, je ne serais certainement pas inscrit dans le tournoi».

Côté physique, il peaufine avec une finesse de plus en plus extrême son corps qui demande de plus en plus de temps pour «se construire ou récupérer». Preuve de la méticulosité avec laquelle il s'affûte, Djokovic a préféré renoncer pour des raisons «physiques» au tournoi de préparation d'Adelaide où il était inscrit avant de venir à Melbourne, quitte à perdre en préparation mentale.

Son problème est de devoir être au sommet de sa forme, voire de sa forme d'antan, pour affronter à la suite les deux nouveaux ogres du circuit qui, à 24 ans pour Sinner et 22 ans pour Alcaraz, développent notamment une force physique accablante pour les adversaires.

«Ce qui me manque pour les affronter dans les derniers tours d'un Grand Chelem, c'est un peu de jus dans les jambes, analyse sans fard le Djoker. Mais je vais donner tout ce que j'ai comme en 2025 et je pense avoir très bien réussi l'an dernier en allant les défier sur la route de leurs titres».

«Vaincre la nature»

Le Serbe a notamment stoppé Alcaraz en quarts à Melbourne l'an dernier, avant d'abandonner en demies face à Alexander Zverev, puis il a perdu en trois sets à chaque fois en demies à Roland-Garros et Wimbledon face à Sinner, et à l'US Open face à Alcaraz.

«Personne ne peut vaincre la nature. Un joueur de 39 ans est simplement trop vieux pour en affronter un de 22 en pleine possession de ses moyens physiques», a récemment souligné l'ancien no 1 mondial Evgueny Kafelnikov au site spécialisé Clay.

Tout Djokovic qu'il soit, le Serbe qui aura 39 ans en mai reconnaît la supériorité du duo qui constitue sans aucun doute pour lui «la force dominante du tennis masculin actuellement». Pour sa part, il essaie donc «d'être dans le jeu» et de s'économiser tout en «montant en régime» pour «avoir la chance de les affronter dans les derniers tours».

Sûr de sa force mais incertain de pouvoir désormais la maintenir sur la très longue durée d'un Majeur, Djokovic tente de s'enlever de la pression en se penchant en arrière sur les résultats accomplis. «Je suis la dernière personne qui pourrait avoir des regrets! J'ai battu quasiment tous les records du tennis et je serai éternellement reconnaissant à ce sport qui m'a permis de vivre mon rêve», affirme-t-il.

Un peu comme si, quand même, ce 25e Majeur était désormais dans une autre galaxie que la sienne.

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