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Les Suissesses n’ont rien pu faire.
KEYSTONE
L'équipe de Suisse a bouclé son Eurobasket dames samedi en Grèce par un troisième revers en quatre jours. Contre la France, vice-championne olympique en 2024, les protégées de François Gomez ont été corrigées 111-37 (60-14), dominées dans tous les secteurs de jeu.
Au moment du tirage au sort des poules de l'Eurobasket, le 8 mars dernier, plusieurs joueuses suisses n'avaient pas caché leur excitation d'affronter la France, finaliste des JO 2012 et 2024.
Face à ce voisin qui peut disputer un tournoi continental sans plusieurs joueuses de très haut niveau (Gabby Williams, Marine Johannès, notamment), les Helvètes ont pu se rendre compte de l'univers qui sépare les deux pays, bien que la France n'ait aligné que cinq vice-championnes olympiques.
A la pause, Valériane Ayayi (16 points) avait inscrit plus de points que tout le collectif de François Gomez (14). Il aura fallu attendre 15 minutes pour que la Suisse, grâce à Lana Wenger et Nancy Fora, parvienne à marquer sur deux actions consécutives.
Contre le cinq de base tricolore, Nancy Fora et consorts n'ont tout simplement pas pu s'exprimer en début de match (17-4 à la 6e), permettant aux Tricolores, qui n'en avaient déjà pas besoin, de rentrer idéalement dans la partie. Si les Suissesses ont ensuite pu contrecarrer la jeune génération adverse (25-9 à la 10e), le deuxième quart fut aussi long qu'un jour sans fin (35-5).
En seconde période, la Suisse a su relever la tête et retrousser les manches. Evita Herminjard et ses coéquipières ont alors réussi à se lâcher, inscrivant rapidement 8 points (62-22, 23e). L'écart abyssal de la première période s'est ainsi stabilisé durant quelques minutes, avant de repartir à la hausse, définitivement.
Les Suissesses peuvent tirer un bilan favorable de leurs deux premières prestations dans cet Eurobasket. La troisième, elles préféreront l'oublier.
«On savait que ça allait être très dur. Le score fait mal mais c’est le sport», expliquait, avec son habituel sourire, Evita Herminjard. «On a donné tout ce qu’on pouvait sur le terrain.»
Et la capitaine de l'équipe nationale d'analyser la partie: «Tout était compliqué, les blocs, les démarquages... A 14-60 à la mi-temps, on a tenté de se rebeller, ce qu'on a réussi à faire durant quelques minutes. Mais, j’avoue, j’étais contente que le match se termine.»
A l'instar d'Evita Herminjard, Léa Favre ne cachait pas son bonheur d'avoir pu affronter «une équipe qui sera championne d'Europe. Pour la Suisse, c'est une chance que de pouvoir se mesurer à une telle nation.» Même si «à chaque possession, on se dit +mince, un panier de plus+. Mais après on a simplement pris une action après l’autre», a conclu la Vaudoise.
En tant que Franco-Suisse, la Fribourgeoise Elea Jacquot a vécu un match un peu particulier: «Avoir ces joueuses que l’on voit à la télévision, en face de soi, ça m’a fait quelque chose, je l'avoue. J'ai dû me pincer, mais c'était beaucoup de plaisir malgré un écart énorme.»
«La France nous a sanctionnées sur chacune de notre petite faute», résumait pour sa part Lin Schwarz. «Malgré l’écart, j’ai pris du plaisir à défendre les couleurs de l’équipe de Suisse, comme durant tout cet Euro.»