Les Bleues de Laurent Bonadei, impressionnantes depuis le début de l'Euro, affrontent samedi (21h) en quarts de finale l'Allemagne octuple championne d'Europe, qu'elles n'ont jamais battue en compétition majeure. Elles espèrent se hisser dans le dernier carré après le double échec du Mondial 2023 et des JO de Paris.
Le plus dur commence maintenant pour l'équipe de France, qui récupère au meilleur moment sa capitaine Griege Mbock, remise d'une blessure. Son objectif d'un premier sacre européen passe par l'obstacle allemand, qu'elle n'avait pas su franchir lors du précédent Euro en Angleterre il y a trois ans, éliminée 2-1.
Les Françaises ont perdu leurs cinq duels en compétition majeure (Euro, Coupe du monde et JO) contre l'Allemagne mais ont remporté la dernière confrontation en Ligue des nations, en 2024.
«J'y crois non seulement parce que je sens que l'état d'esprit est là, qu'il y a le niveau de performance et j'y crois parce qu'on est sur onze victoires consécutives et qu'on a fait trois bons résultats dans cette phase de poules», a affirmé mercredi le sélectionneur Laurent Bonadei, qui a fait le choix de s'appuyer sur la jeunesse en n'appelant pas les joueuses emblématiques Wendie Renard (34 ans), Eugénie Le Sommer (36 ans) et Kenza Dali (33 ans).
«Maintenant je sais qu'on va être face à une grosse équipe d'Allemagne, ça sera un match difficile, sachant qu'on est encore une équipe jeune en évolution et c'est aussi dans ce genre d'épreuve qu'on va voir si on a la capacité d'élever notre niveau et d'ambitionner plus qu'un quart de finale», a-t-il insisté.
«Pas de complexe d'infériorité»
Les Bleues n'ont «pas du tout de complexe d'infériorité», a assuré l'ailière Delphine Cascarino, double buteuse et passeuse décisive en poules. Les Allemandes «ont leur passé, leur palmarès, je ne me souvenais pas d'autant de défaites car je ne jouais pas, c'est à nous de créer notre histoire, on va tout faire pour renverser la tendance».
Même ton du côté de la défenseuse Maëlle Lakrar, touchée à une cuisse depuis le succès inaugural contre l'Angleterre (2-1): «Ce sont de très bonnes joueuses avec des qualités différentes, ce ne sera pas un match facile. Moi, je suis défenseuse, je n'ai peur de personne, je ne regarde personne», a-t-elle affirmé, et «si je dois défendre sur Klara Bühl ou n'importe qui, je le ferai».
Sans Wamser
En face, l'Allemagne doit digérer le cinglant revers 4-1 face à la Suède lors de son dernier match de poules, ainsi que la restructuration de sa défense. Les finalistes de 2022, déjà orphelines de leur capitaine Giulia Gwinn blessée lors du premier match face à la Pologne, devront aussi se passer de sa remplaçante Carlotta Wamser, exclue pour une main volontaire contre la Suède.
Mais elles pourront néanmoins compter sur une attaque aussi virevoltante sur les ailes – avec Klara Bühl à gauche et la néo-Lyonnaise Jule Brand à droite – que clinique en pointe, grâce à leur redoutable buteuse Lea Schüller (54 réalisations en 78 sélections).
Les Allemandes, qui ont semblé accuser le coup en infériorité numérique contre les «Blagult» suédoises, ont aussi montré leurs ressources mentales en renversant en poules le Danemark qui avait ouvert le score (2-1). «Nous savons que nous sommes une équipe forte, même si nous avons subi une lourde défaite» contre la Suède, a promis la défenseuse Janina Minge.