Euro 2025 «Les Suisses se font plus petits qu'ils ne le sont»

ATS

16.7.2025 - 10:34

Depuis fin mars 2024, Nadine Angerer est l'entraîneure des gardiennes de l'équipe de Suisse. «Les Suisses se font plus petits qu'ils ne le sont», lâche notamment l'Allemande de 46 ans, qui évoque les différences de mentalité, les émotions et la question longtemps non résolue de la gardienne titulaire de l'Euro 2025.

Nadine Angerer est l'entraîneure des gardiennes de l'équipe de Suisse.
Nadine Angerer est l'entraîneure des gardiennes de l'équipe de Suisse.
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Keystone-SDA

«J'aime sa personnalité. Elle est allemande, et une allemande qui a beaucoup gagné. Je pense que cela pourrait être contagieux», avait déclaré la sélectionneuse suisse Pia Sundhage à propos de Nadine Angerer, après avoir réussi à convaincre l'Allemande de rejoindre son staff technique au printemps 2024.

Angerer est un autre grand nom qui a rejoint l'ASF en vue de l'Euro à domicile. Avec l'Allemagne, la gardienne a été deux fois championne du monde et a remporté cinq fois le titre européen. C'est aussi en raison de sa mentalité de gagneuse que Sundhage a cherché à s'attacher les services de la joueuse mondiale de l'année 2013.

«Les Suisses se font plus petits qu'ils ne le sont»

A la veille du quart de finale de l'Euro contre l'Espagne, Nadine Angerer parle de cette même mentalité de gagneuse lors d'une rencontre avec les médias. Comme à son habitude, elle ne mâche pas ses mots: «Quand j'ai commencé ici, il y avait une culture de l'évitement des erreurs. Je me suis dit +mais qu'est-ce que c'est+?»

Angerer était habituée à autre chose, pendant sa carrière active mais aussi après. Depuis 2014, elle travaillait aux Etats-Unis. «Nous connaissons tous les Américains qui disent être les meilleurs du monde. Les Suisses se font plus petits qu'ils ne le sont. Je suis donc passée d'un extrême à l'autre.»

Une saine confiance en soi, une «arrogance positive», comme l'appelle Angerer, lui manquait dans l'équipe de Suisse à son arrivée. Les choses ont changé: «Quand j'entends les jeunes joueuses faire preuve de cette mentalité de gagneuses, de cette envie de gagner, cela me donne de l'espoir», même pour ce quart de finale.

«Réfléchi tous ensemble»

L'espoir est nourri notamment par Livia Peng. La Grisonne n'a été désignée numéro 1 que peu de temps avant le début du tournoi, alors qu'Elvira Herzog avait auparavant bénéficié de la confiance de Sundhage et d'Angerer.

«Nous voulions nous engager tôt pour gagner en confiance, puis de nombreux autres facteurs sont entrés en ligne de compte. Finalement, nous nous sommes tournés vers Livia Peng. Je peux comprendre que, vu de l'extérieur, cela ait l'air un peu stupide», déclare Nadine Angerer non sans autocritique, mais tout en demandant de la confiance: «Nous n'avons pas changé les choses au hasard, mais nous avons réfléchi tous ensemble.»

Livia Peng et Elvira Herzog sont deux gardiennes fondamentalement différentes. De nombreux facteurs sont entrés en ligne de compte. «A la fin, nous avons dû évaluer ce qui était le mieux pour l'équipe. C'était une décision très, très serrée».

La communiquer a été difficile: «L'un des entretiens les plus difficiles de ma carrière d'entraîneure», avoue Angerer. Bien sûr, Elvira Herzog, rétrogradée, a ensuite eu besoin d'espace. «Mais la façon dont elle l'a pris, avec le recul, est incroyable, et je suis vraiment très fière de la manière avec laquelle soutient Livia et toute l'équipe. Cela témoigne de son caractère.»

«J'ai la chair de poule»

Jusqu'à présent, Livia Peng a justifié la confiance placée en elle. Avec son calme, elle apporte à l'équipe cette sécurité qu'Angerer attendait d'elle. Vendredi aussi, contre l'Espagne, la joueuse de 23 ans devra faire preuve de la même assurance. «Nous avons besoin d'une Livia exceptionnelle. Mais je lui ai aussi dit +peu importe l'adversaire, tu dois te concentrer sur toi. Tu as dix joueuses devant toi et si on a besoin de toi, ce serait bien que tu sois là+.»

A Berne, l'équipe de Suisse pourra à nouveau compter sur son fervent public. «Je ne suis pas une personne émotive, vraiment pas», dit Nadine Angerer. «Mais quand je vois comment les gens nous soutiennent ici, j'ai la chair de poule, je deviens émotive», conclut une femme qui a pourtant tout vécu ou presque en 146 sélections avec l'Allemagne.

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